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[spoils] Le cas Vivienne

Démarré par Sohor, 30 mars 2018 à 03:46:15

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Sohor

30 mars 2018 à 03:46:15 Dernière édition: 30 mars 2018 à 15:39:10 par Sohor

Je me permets juste de paraphraser Nastumi pour ce sujet.


Vous me direz: encore Vivienne ? Oui, encore Vivienne.

Je souhaitais lui consacrer un topic car les personnages dédaignés peuvent avoir quelque chose d'assez fantastique justement de part l'océan d'indifférence ou d'agacement qu'ils inspirent.
Certains penseront probablement: zut, un plaidoyer. En fait, oui et non, pas vraiment. Pas comme ça du moins.
Le problème de Vivienne, ce n'est pas Vivienne, c'est nous.


Je m'explique:

Je viens d'entamer Intrus dans une de mes campagnes et j'en suis à l'épisode des bains publics. Comme de coutume, je sauvegarde avant le dialogue pour essayer toutes les réponses et écouter toutes les réactions, ce qui m'a amené à repasser cette scène en boucle.
Et c'est à ce moment-là que m'est venu une sorte d'éclaircissement, une pensée comme on en a tous et qui dégoupille quelque chose, met une situation en lumière, démêle tous les noeuds.

Avant cela lorsque j'ai débuté Inquisiton elle m'irritait, je ne la supportait pas, je la trouvais vraiment inintéressante voir complètement inconsciente (ce qui aurait déjà du me mettre la puce à l'oreille).
Petit à petit récemment, je l'ai incorporée à mes équipes pour les dialogues et j'ai revu mon opinion sur le personnage: les autres rebondissent dessus, elle inspire la polémique et crée du répondant. En revanche en privé c'est toujours le même refrain: elle ne peut pas l'ouvrir sans sortir quelque chose de désagréable ou de condescendant.

Et en fait, oui c'est normal et ça s'explique d'une façon que je n'avais pas remarquée.

Revenons à la scène du spa, je ne sais pas exactement ce qui m'a valu cet éclair de compréhension, peut-être la cinématique à répétition mais il y a plusieurs éléments: lorsque l'inqui lui demande à quoi servent les meules de fromage sur les yeux, elle lui répond 'il m'en coute de vous entendre poser cette question' avec un naturel déconcertant.
Ou encore le fait qu'elle insiste sur le 'détendez-vous, nous sommes là pour nous détendre', elle se désintéresse du chahut de Sera derrrière (si toutefois elle le remarque) et semble s'attarder plus que de raison sur des choses complètement triviales (le rendez-vous lui-même, les bienséances mais pas du tout à la manière de Joséphine). Au début je croyais que c'était un trait typique des fanfaronnades orlésiennes et il y a de ça, mais j'ai surtout eu l'impression d'un truc: elle est complètement à l'ouest.

Vous me direz: ça se voit un peu en temps normal.
Non non, elle est à l'ouest dans le sens où notre erreur c'est de la prendre au sérieux.

En revivant cette scène en boucle, j'ai beaucoup ri et je me suis éloignée de cette approche premier degré.
Et ça n'est pas évident car toute la mise en scène de ce personnage répond à une esthétique et un contexte plutôt nobles et raffinés, ça biaise le jugement.
Elle est juste perchée, totalement perchée.





Enfin regardez-là, quand même.


Elle n'est pas mauvaise, ni intentionnellement chiante, elle est juste beaucoup trop décalée par rapport à la réalité, ce qui explique un peu pourquoi elle s'obstine avec les cercles et continue de parler de 'grand n'importe quoi des institutions magiques' alors que la situation n'est pas problématique à ce stade et qu'il est évident que ses solutions sont bancales. Les 'trésors' à répétition, aussi: personne d'autre ne parle comme ça, même avec un haut degré de pédanterie, c'est juste PAS possible.
Elle est bloquée dans une réalité déformée, ça la rend presque naïve quelque part et ça se constate aussi dans sa manière de lancer des piques: elle le fait naturellement avec désinvolture juste parce qu'elle le peut et qu'elle vit dans les couches qu'elle se rajoute, pas dans la réalité, mais je n'ai pas l'impression qu'elle se rende compte de ce qu'elle dit.
En fait c'est parfois tellement exagéré que ça n'a strictement aucun sens, elle a le dénigrement facile et une façon de se mettre en avant de façon systématique et tellement outrancière que ça tient plus du gag qu'autre chose: on ne peut plus la prendre au sérieux.
J'ai l'impression à ce propos que certains de nos compagnons ne sont pas dupes. C'est peut-être aussi tous ces éléments combinés qui expliquent cette immense vacuité qu'on lui trouve, ce coté creux et dénué de caractère et de signification.
(Je ne sais pas si je me fais bien comprendre)
On peut ajouter à cela sa plus grande peur, le désintérêt d'autrui et le manque d'importance, qui est une chose crainte à la fois du mondain et du bouffon, il m'a souvent semblé qu'elle voyait les autres comme un public autant que comme des outils (cf aussi les qualités d'une divine selon elle).


D'une certaine manière elle me fait un peu penser à un autre personnage perché lui aussi, qui ne mesure pas grand chose de ce qu'il raconte ni probablement de ce qu'il est prêt à faire, avec une sorte de naïveté louche en toile de fond (de forme aussi) à ceci près qu'il est présenté de façon clairement comique donc c'est plus beaucoup plus évident:



'Moi c'est Emile'



Et là, je revis dans ma tête les dialogues de Vivienne depuis le début et c'est sans appel: ça passe beaucoup mieux quand on la prend de cette manière, tout semble plus cohérent et elle devient juste ... drôle.
Sa présence même a beaucoup plus de sens ainsi et je me suis surprise à penser tout haut 'ah mais je l'adore en fait!'  :surprised:

Bon après il se peut que je me plante en beauté et que Mary Kirby serait en train de facepalm si elle le pouvait, devant cette tentative d'explication.
Je ne sais pas si d'autres ici ont eu une impression similaire vis-à-vis de Vivienne ou la réprouvent violemment, peut-être que c'est une parade de lecture pour la rendre plus supportable, qui peut savoir.



Blackwall alias Thom Rainier est incontestablement la meilleure chose dans la vie, mieux que d'écraser mes ennemis et d'entendre les lamentations de leurs femmes.

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Karyah

Cette réflexion semble réellement sortir du fond de l'esprit comme si elle avait été menée durant des heures. Je finis par avoir envie de refaire une partie pour m'intéresser à ce personnage. En fait, je n'ai jamais détesté Vivienne, et ça n'a jamais été mon compagnon préféré non plus. Il y avait d'autres personnes que je souhaitais avoir dans mon équipe. Mais avec tout ça, je me dis que j'ai loupé quelque chose. Elle n'a toujours été qu'un compagnon.... qui accompagne en fait. Du coup je me dis maintenant que vraiment j'ai manqué un truc.

En tout cas chouette message. ;D

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Sohor


A vrai dire je ne sais même pas si on peut parler de s'y intéresser dans le sens 'je m'intéresse à un truc passionnant' mais plutôt comme à une curiosité.
Je ne sais pas non plus si tu as vraiment loupé quelque chose mais ce perso mérite d'être vu autrement que comme l'altière dame de fer représentante des mages loyalistes et maîtresse du noble jeu, où il y a de quoi grincer des dents ou se dire ouais bof.
On peut lui trouver une autre facette plus underground, d'une personne complètement barrée qui vit dans sa propre étrangeté tout en adorant ça et en en faisant un spectacle.

Après, peut-être que tu n'aura pas du tout le même sentiment en t'y attardant (quoique, sérieux, parle-lui souvent et note les vannes fréquentes, quand elle n'en loupe pas une).


Du reste, cette réflexion est juste une 'illumination' post-cinématique à fromages, mais ça a changé ma vision de Vivienne :)



Blackwall alias Thom Rainier est incontestablement la meilleure chose dans la vie, mieux que d'écraser mes ennemis et d'entendre les lamentations de leurs femmes.

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