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Nouvelles:

Forum en cours de rénovation, désolé pour les perturbations ! [Natara]


Quels films avez-vous vu récemment ? [attention : spoils éventuels]

Démarré par Nely Suglisse, 31 janvier 2017 à 20:27:07

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Natara

Alors alors... depuis la dernière fois que suis-je allé voir ?

Twin peaks fire walks with me
Prequel de la série Twin peaks où l'on voit les événements précédents de peu l'assassinat de Laura Palmer. Il est fortement recommandé d'avoir vu les 2 premières saisons de la série : à la fois pour éviter de se spoiler mais également pour y comprendre quelque chose, le film part clairement du principe qu'on a vu la série.
Le film ne nous apprend par contre pas grand chose et certaines scènes trainent vraiment en longueur, un peu décevant.



(Et sinon, même si c'est un film de 1992, je l'ai vu au ciné récemment, sûrement grâce à la sortie de la saison 3 :p)


Wonder woman
Franchement, c'est plutôt un bon film de super héros, dans tout cas dans les premier 90%, le final est assez décevant :(
Diana est franchement badass et sa naiveté dans le monde moderne (enfin contexte WWII tout de même) où elle débarque est plutôt bien transmise.
Bon, ça reste un film de super héros assez standard, les méchants sont méchants, les gentils sont gentils, et y a des trucs un peu tirés par les cheveux pour mettre des scènes d'actions. Mais ça diverti bien.




Hikari (vers la lumière)
Film vu en avant première en présence du délégué général du festival de Cannes qui en faisait la présentation. Sa sortie officielle est pour le mois de septembre en France.

Un film très touchant sur des thèmes pas évidents et méconnus. Misako fait de l'audiodescription et doit faire valider ses transcriptions par un panel de personnes mal ou non voyantes. Parmi elles, Masaya, un ancien photographe en train de perdre progressivement la vue. La relation entre les deux personnages est houleuse, Masaya supportant mal sa perte de vision alors que Misako souhaite un peu trop bien faire...



Travaillant moi même avec des personnes mal voyantes dans le cadre de mon travail (accessibilité web de sites bancaires), beaucoup de sujets abordés sur le thème de l'audiodescription/respect des personnes qui doivent l'utiliser me parlaient particulièrement et je peux vous garantir que c'était traité avec une grande justesse.

Les acteurs sont vraiment bons (même s'il faut apprécier la manière de jouer toute en retenue des japonais), mon seul regret sur ce film se sont certains plans/mouvements de caméra un peu trop en mode "caméra embarquée" qui ne se justifient pas vraiment et donnent un peu le mal de mer.



Creepy
Le nouveau thriller un brin angoissant de Kiyoshi Kurosawa est un peu moins bien ficelé que certaines autres oeuvre que j'ai vu de lui mais reste plaisant à regarder. On suit l'histoire de Takakura, un ancien detective spécialisé dans le profilage qui s'est reconverti en prof de criminologie et enquête sur son temps libre sur une affaire non résolue de disparition...



On devine un peu trop facilement vers où le film veut nous mener et certaines choses inexpliquées semblent être inexplicables (et de véritables faiblesses dans le scénario du coup).
Cependant, l'ambiance pesante et angoissante est assez bien posée, l'enquête tient en haleine et la réalisation est impeccable.



Sword Art online the movie
Si vous n'avez pas vu au moins la première saison de l'anime, passez votre chemin, vous n'y comprendrez rien. Si vous n'avez pas vu la seconde (comme moi) il risque de vous manquer certains éléments, mais ça reste regardable. Bon, après on se dit que les héros sont tout de même toujours un peu idiots de se lancer dans chaque nouveau jeu louche où ils risquent une fois de plus de perdre la vie... Franchement, le scénario n'est pas épatant et donne une impression de "déjà vu". Les dessins et l'animations sont un peu au-dessus de ce qu'on avait dans la série (mais normal sur un film il y a plus de budget).





The last Girl
Un film d'infectés qui n'est pas sans rappeler le jeu "The Last of Us" (mais pour éviter de spoiler l'un comme l'autre je m'arrête là sur la comparaison). Le film commence dans une ambiance vraiment glauque où l'on se demande où peuvent bien être ces infectés qu'on nous a vendu... puis on les voit et on comprend.
S'ensuit un suite d'événement n'apportant pas grand chose à l'intrigue mais qui permettent de se plonger dans un monde post-apo troublant de réalisme. Le final est bien trouvé et plutôt surprenant même si pas tout à fait cohérent/crédible.





Hirune hime - rêves éveillés
Un très joli film d'animation, à l'animation malheureusement un peu saccadée par moment (ça donne l'impression qu'il manque quelques images). On alterne entre un univers fantastique où un horrible dictateur technocrate lutte contre la magie (et enferme accessoirement sa jeune fille qui est une magicienne), et avec le vrai mon réel où l'on suit les aventures de Morikawa, jeune lycéenne fille d'un mécanicien auto taciturne. L'univers fantastique n'est autre qu'un rêve que fait régulièrement Morikawa et qui pourrait bien ne pas être sans lien avec la réalité...



L'histoire bien que pas révolutionnaire est intéressante et le mélange rêve/vie réelle et les interactions entre les deux univers sont crédibles... jusqu'au dernier quart du film où ça part franchement en vrille et où l'on rompt avec toute crédibilité. C'est bien dommage et ça plombe un film qui aurait pu être bien mieux sans ça (et avec un "méchant" moins caricatural et risible).



The Circle
Film d'anticipation sur ce que pourraient nous réserver les réseaux sociaux et tous leurs services invasifs dans nos vies privées qui sont "pour notre bien" et accueillis sous les applaudissements. Assez flippant tant il est proche de la réalité, même s'il se permet quelques trop grosses facilités, met en place des éléments qui ne seront par la suite pas exploités, et se termine par un message quelque peu caricatural.
Si vous avez dans votre entourage une personne qui dévoile toute sa vie sur les réseaux sociaux ou ne s'offusque pas que google lise ses mails ("mais c'est pratique, ça permet d'avoir direct ses vols d'avions dans l'agenda"), je vous recommande sincèrement de lui montrer ce film.

(voir la bande annonce dans le message de Nely Suglisse un peu plus haut)
"Fuck the Divine... Erm...  I'm certain the Divine is a perfectly nice person." - Fiona - Dragon Age : Asunder

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Loraline

Le dernier film que je suis allée voir au ciné c'était Tomb Raider. Je suis hyper fan de ce jeu (j'ai même fait un cosplay dessus il y a longtemps !!!). J'adhère totalement à la mentalité de Lara. Ca a été mon modèle de femme dès que j'ai été au collège (faut dire que la période n'a pas été très sympa!!!).
Donc je suis allée voir le film que j'ai préféré aux versions avec Angelina Jolie (même si j'adore l'actrice). C'était moins une Lara barbie. Et j'avais tellement l'impression de voir les reboots!!

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Tali

J'ai repensé à un film d'animation que j'adore : Azur et Asmar. je le conseille tellement un millier de fois. Les bandes annonces en ligne ne reflètent vraiment pas la beauté de ce film d'animation. Je ne suis pas trop film d'animation dans ce style lent habituellement mais là...

Vraiment transporté par l'histoire qui est pourtant simple, mais surtout je le répète par les images magnifiques. Tous les décors sont fantastiques. Si vous avez des enfants et/ou des nièces/neveux, je le conseille aussi fortement. Un gros gros coup de coeur pour moi.

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Karyah

Je me souviens que j'ai découvert Azur et Asmar au cinéma avec ma classe de CE1 ou CE2... J'avais beaucoup aimé, et encore aujourd'hui. L'histoire est agréable, les personnages attachants...

(J'en profite pour dire que j'aimerais bien voir Tomb Raider ! )

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Natara

Récemment, j'ai vu "L'île aux chiens" qui est une pépite de film en stop motion, avec une histoire touchante d'amitié entre un gamin et son chien, aidé par une meute canine désabusée mais courageuse. Mais c'est aussi un bel hommage au cinéma japonais avec une BO magnifique.





D'habitude je ne parle que de film vus au ciné... mais celui-ci n'a pas eu la chance d'avoir une telle sortie, alors comme je viens de recevoir et de voir le bluray, je vais vous parler de "Night is short, walk on girl".
Masaaki Yuasa est un réalisateur avec un style d'animation bien à lui, on aime ou pas, mais c'est extrêmement fluide et au service de ses personnages et de l'histoire qu'il raconte, personnellement j'adore. Ce film, c'est l'histoire d'un homme qui n'ose pas avouer ses sentiments et cherche des moyens tarabiscotés de les avouer à l'élue de son cœur. C'est aussi celle de cette dernière qui regarde toujours vers l'avant au gré de ses envies sans jamais se rendre compte de ce qui se passe dans son sillage. On suit leur cheminement au cours d'une nuit déjantée où ils se croisent et se recroisent ainsi que toute une galerie de personnages plus fantasques les uns que les autres.

"Fuck the Divine... Erm...  I'm certain the Divine is a perfectly nice person." - Fiona - Dragon Age : Asunder

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khurnous

Bonjour,

Le dernier film que j'ai vu est Mission impossible : Fallout

Personnellement j'ai bien aimé, même si l'histoire est parfois "too much", ainsi que le montage. Pas de temps mort, et d'une certaine manière un retour aux sources (la première série).

L'ensemble des acteurs est sympa, la musique également. Un reproche, une bande son (surtout au début) trop forte à tel point que j'ai du me boucher les oreilles !!

Bref un bon moment.

Mon coup de coeur :

La forme de l'eau.

Un film magnifique, avec des tonnes et des tonnes de références cinéphiliques, politiques et sociales. Des acteurs vraiment très bon, une bande son assez exceptionnelle et une photo de toute beauté (chapeau au chef opérateur !). Un final qui peut surprendre...

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Phacochard

Joker

S'il y a bien un film qui a beaucoup (voir trop, comme toujours à notre époque surmédiatisée) fait parler de lui en ce début de mois d'octobre, c'est Joker, le film de Todd Philips avec l'impeccable Joachim Phoenix. La bande-annonce, à elle seule, avait déjà marqué les esprits et, rétrospectivement, donnait une bonne idée (une fois n'est pas coutume) du film.
Et Joker était le film que j'attendais le plus ce mois-ci et je dirais même cette année-ci.
Et je l'ai vu.
Alors... est-il à la hauteur de la hype qu'il a suscitée, de son prix à la nostra de Venise et des espoirs que l'on plaçait en lui ?
Voici ce que je peux en dire à chaud... et SANS SPOILERS... malgré la longueur du texte  ;)

Je ne vais pas tourner autour du pot : Joker confirme nettement les attentes et même au-delà.
Du moins, personnellement, j'ai adoré. Admiré. Frissonné.
Ce qui ne m'étais plus arrivé depuis... très longtemps au cinéma.
En tant qu'oeuvre cinématographique proprement dites, le film de Todd Philips m'a semblé sans défaut majeur : réalisation, scénario, acting (oui, Joachim Phoenix livre une prestation magistrale, j'y reviendrai), musique... tout contribue à en faire un film mémorable, à fleur de peau. Une claque aussi, par son radicalisme sans concession, ses parti-pris osés, sa volonté de s'affranchir de l'univers de Batman et, plus généralement, des films d'encapés qui ne sont, la plupart du temps, que des produits manufacturés par des "robots", sans âme et sans propos de fond.
Joker balaie tout ça. Notamment parce qu'il ne s'inscrit pas dans la même catégorie.
Ni le même "feeling".

En fait, Joker est un film d'un autre temps et pas seulement parce qu'il se situe au début des années 80 mais aussi et surtout parce qu'il ressemble terriblement au cinéma "engagé" de cette époque, avec une portée sociale (et contestataire) importante et le fait de se focaliser sur les petites gens, les laissés-pour-compte, les outsiders, les marginaux, les losers, les gens de la rue qui couvent leur dégoût et leur colère face un système qui a tout du compresseur à ordures.
Un cinéma qui filme "à hauteur de rue" des gens qui galèrent pour joindre les deux bouts, pendant que les nantis passent en voitures aux vitres fumées rejoindre le confort de leur manoir ou de leur penthouse. A ce sujet, d'ailleurs, si les parents Wayne ont toujours été présentés dans les "Bat-films" comme des philanthropes et des "gens biens", papa Wayne est ici vu sous un angle moins... glorieux!
Bref... Joker donne une vision inédite - celle des laissés-pour-compte - que les films Batman ne faisaient pas (excepté la série Gotham mais bon...).

On a beaucoup comparé Joker à Taxi Driver et à raison : le film de Todd Philips est éminemment "scorcesien" (du moins le Scorcese des 70's) : Arthur Fleck (Joaquim Phoenix) a beaucoup de points communs avec le chauffeur de taxi incarné par De Niro... mais aussi son personnage d'humoriste raté et pathétique dans La Valse des pantins (ironie : De Niro joue dans Joker le rôle du présentateur vedette incarné alors par Jerry Lewis). J'ai aussi pensé à l'inoubliable Midnight Cow-Boy avec Dustin Hoffman.
Et c'est alors que - du moins pour ceux de ma génération - on se fait cette réflexion : "comment ce cinéma-là, un cinéma mature et signifiant, implanté dans la réalité sociale de son époque et empreint d'une verve contestataire et explosive, magnifié par des acteurs de la trempe des De Niro, Pacino (revoir Un après-midi de chien, par exemple), etc... a t-il pu devenir, au début des années 2000, ce cinoche artificiel, aseptisé, infantile, creux, simpliste, bardé de technologie mais dénué d'âme, aux scénario plus qu'indigents et servis par des acteurs lisses et sans charisme MAIS, aussi, qui fait souvent abstraction de la réalité.
Parce que notre société actuelle va bien mieux que celle d'il y a 40 ans ?
(Eclats de rires dans la salle)
Pour mieux endormir les consciences, plus probablement.
Bien sûr, on me dira que je parle là de blockbusters (non ?) et non de films d'auteur et que, de fait, je compare ce qui ne peut être comparé, Joker ne boxant pas vraiment dans la même catégorie que Transformers ! Ok.
Mais je dirais que primo, le cinéma le plus VISIBLE de notre époque est le cinoche des blockbusters et que, secundo, même les "films d'auteur" (les films-qui-sont-censé-dire-quelque-chose) sont rarement de totale réussite (Get Out, US, BlacKKKlansman).
Et ne jouissent pas, de toute façon, de l'audience incompréhensible d'étron filmique comme Venom !
Ce n'est pas tous les mois que sort un Parasite.
Ni un Joker.
Donc à la question que je me posais plus haut, la réponse pourrait être : le reflet d'une époque peut-être, justement. Et l'aboutissement d'une analyse du système que dénonçait déjà le cinéma des 70's (qui avait encore les couilles de le faire) dont Joker est le fils spirituel : "travaille, consomme et tais-toi".

Ceci dit, il faut forcément dire quelques mots du traitement du Joker lui-même dans ce film et de sa filiation avec le Joker du Bat-Verse. Et ça sent déjà la polémique tant le Joker (alias Arthur) de Todd Philips est fort éloigné lui aussi du Joker des comics autant que celui des Batman de Burton et de Nolan (sans parler de celui des dessins animés).
Et c'est normal.
Joker est un drame psychologique "existentiel", psychanalytique, social, philosophique, avec une pincée de thriller, sur l'un des plus grands vilains de l'histoire des comics (le plus grand ?) qu'il utilise pour mieux le trahir.
Et en fait, je crois que c'est dû à la différence entre un film de la "culture pop" et un film mainstream qui se soucie peu de plaire aux fans de comics et aux geeks.
Parce que même dans le meilleur des cas (Killing Joke, The Dark Knight) et n'en déplaise aux fans de Batou, le Joker est toujours resté, au fond, un archétype de méchant assez générique - pittoresque, marquant, mais générique - une Némésis à confronter au héros, et donc fatalement avec les limites propres à ce genre de statut. Tout bêtement parce que les oeuvres de la "pop culture", même quand elles se dotent d'ambitions sur le fond, ne peuvent pas s'affranchir d'un certain cahier des charges liés à l'industrie du divertissement.
A commencer par l'action et le spectaculaire.
Voilà qui, par exemple, peut expliquer la différence entre un (excellent, bien sûr) The Dark Knight de Christopher Nolan avec l'inoubliable Heath Ledger en Joker et Joker de Todd Philips avec un Joaquim Phoenix qui réussit bien l'exploit d'être aussi mémorable que son prédécesseur mais dans un registre fort différent, plus réaliste, la folie exubérante et dévastatrice du Joker-Ledger étant ici remplacée par la folie douloureuse et intimiste du Joker-Phoenix.
Le Joker des comics (tout comme celui de Heath Ledger) inspire la fascination ; celui du film de Tod Philips inspire davantage la compassion et la réflexion. L'inquiétude aussi, quand même, mais diluée par l'empathie qu'on ressent pour le personnage. 

La "transformation" (sa renaissance en fait) d'Arthur Fleck en Joker psychopathe et meurtrier dans la dernière partie du métrage a quelque chose de jouissif, comme une revanche prise sur le système créé par et pour les nantis... comme les Wayne ! Et même si le Joker reste un monstre, il n'a JAMAIS été aussi sympathique, empathique et surtout humain que celui-ci.
De même le chaos engendré par le personnage n'est pas de la même nature que celui du Joker de The Dark Knight qui se voulait surtout "philosophique" (tendance anarcho-nihiliste) plutôt qu'une réaction au ras-le-bol social (et en passant à la fatalité génétique aussi...) comme c'est le cas pour ce Joker-ci. Pour le dire autrement, le Joker de The Dark Khnight était un peu comme un grand gosse s'amusant à tout casser pour le fun. Arthur Fleck, personnage plus réaliste, ne peut pas s'offrir le luxe de faire de Gotham sa cour de récréation à grands coups d'explosifs. D'ailleurs, Arthur Fleck n'explose pas : il implose !
Le réalisateur ne cache d'ailleurs pas ses sympathies, quitte à être taxé de "populiste", allant jusqu'à faire de Joker une figure emblématique d'un mouvement de contestation violent qui mènera des manifestants arborant des masques de clown à descendre dans la rue pour incendier des voitures et jouer la partition du "grand soir du dernier jour".
Et même si Joker se sent un peu à l'écart de toute cette explosion militantiste qu'il a initié bien malgré lui (lui, au fond, ne voulait que faire rire les gens pour rendre le monde un peu plus supportable), il y voit aussi le reflet de sa propre condition de marginal ayant subi toutes les brimades et toutes les humiliations possibles. Et d'un système qui nous demande malgré tout de sourire. "N'oublie pas ton sourire pour ce soir si tu sors : un jury t'attend, n'injurie pas le sort" (dixit Noir Désir)

Pour terminer, il faut évidemment dire quelques mots de la prestation de Joaquim Phoenix, un acteur finalement assez peu familier du grand public (à part Gladiator, il n'a joué que dans des films plutôt confidentiels) qui est ici tout simplement magnifique. Tout le film repose sur ses (maigres) épaules, étant présent dans chaque scène, dans un rôle très complexe qui aurait pu vite sombrer dans le cabotinage, l'outrance, voir le ridicule mais l'acteur réussi - dans un registre d'ailleurs plus difficile que celui d'un Heath Ledger - de se tenir constamment sur un fil entre le pauvre type pitoyable que l'on ne peut s'empêcher de plaindre et le dangereux tueur que l'on craint forcément. Le visage de l'acteur, contracté par ce rire - et quel rire ! un rire de hyène ! - qui exprime toute sa souffrance d'individu psychotique et pourtant lucide en même temps, un visage qui remplit l'écran comme un paysage lunaire - creusé sans maquillage et lisse avec - qui restera forcément dans les mémoires.
Et même si, entre les deux et autour d'une dernière partie à l'odeur de cocktail-molotov, on assiste aussi à un Joker qui sait se montrer impressionnant de maîtrise et de charisme.
Autant de facettes...
Si le rire d'Arthur est une maladie, celui du Joker en sera l'antidote. Et si Arthur ne pouvait contrôler le sien, Joker lui en sera le maître, l'expression même de sa renaissance et de sa psychopathie criminelle libératrice.

Si vous devez allez voir un film ce mois-ci ou même cette fin d'année-ci, Joker est bien LE film à voir. La dernière fois que j'ai pris une telle claque, c'était avec Fight Club (dont le propos de fond est très similaire). Je pense aussi à Chute libre, le film avec Michael Douglas qui parlait aussi d'un homme au bout du rouleau, radicalisé par une société aliénante.
Mais Fight Club date de 1999 et Chute libre de 1993 !

Voilà tout ce que je pouvais dire sur Joker, en évitant de spoiler (car il y a des surprises !), m'en tenant plutôt à des considérations générales sans entrer dans les détails des événements.

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Tali

Je fais une parenthèse podcast mais je pense que ça a tout de même sa place ici car ça parle de cinéma. J'écoute depuis quasiment ses débuts le podcast 2 heures de perdues.

Il s'agit d'une petite équipe qui regarde un film proposé par ceux qui écoutent et en débattent ensuite. C'est très bon enfant, parfois des films de votre enfance vont être lynché, parfois vous allez aussi découvrir de belles pépites.

J'ai pris pour habitude de regarder le film et d'écouter ensuite leur podcast. En plus de donner l'impression que vous faites un peu partie de l'équipe, ça permet aussi de découvrir des films que je n'aurai clairement jamais regardé. Parfois, on souffre avec eux pour des films vraiment nulles, parfois ça fait découvrir des films tellement nulles qu'ils en deviennent drôle à défaut d'être bien. (je conseille fortement white fire, vous pouvez trouver des extraits sur youtube. ;D )

https://www.2hdp.fr/

Ils en sont à la saison 6, malheureusement beaucoup de vidéos plus anciennes ont été supprimé par erreur (ce qui fait manquer des blagues récurrentes dans le podcast tel que l'handicape d'une des participantes.)

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