06 avril 2020 à 06:38:59

Nouvelles:

Forum en cours de rénovation, désolé pour les perturbations ! [Natara]


Fanfic : Le Garde des ombres.

Démarré par Jaqen, 10 octobre 2013 à 13:20:00

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Jaqen

10 octobre 2013 à 13:20:00 Dernière édition: 07 février 2014 à 19:05:54 par Jaqen
[justify]J'avais envie de faire un petit zoom sur mon warden, le rendre un peu vivant à travers des textes relatifs à lui, des points de vue différent de vulgaires npcs ou de compagnons, ce qu'il peut ressentir à un moment et des scènes qu'il a vécu durant son épopée en Ferelden durant le cinquième enclin. Il n'y a pas de suite logique entre posts, se raccrochant forcément l'un à l'autre, sauf que c'est dans l'ordre chronologique, débutant de la situation avant la trahison de Howe et l'arrivée même de Duncan. Je suis entrain de rejouer à DAO, ( tout doucement ) donc il se pourrait que je mette aussi en valeurs certaines discussions incluant mon Warden ou certains moment du jeu en approfondissant.




Rapide profil du Commandeur-Garde, Héros de Ferelden et Prince-consort du Royaume aux côtés de la Reine Anora.

Joruth Cousland : " La lignée des Cousland, forte d'une histoire et d'un héritage à en faire envier le Roi Cailan lui-même, est fière et puissante. Et en cela, en tant qu'héritiers, il nous revient à Fergus et moi-même de se montrer digne de notre bannière aussi rayonnante qu' une étoile dans une nuit noire de poix et contribuer à en polir l'éclat à travers nos actes et nos décisions futurs.

" L'honneur et l'accomplissement du devoir ont toujours été dans notre Famille les préceptes les plus chers et les plus suivis. Ainsi corps et âmes, je me dévouerai à la tâche et ne renierai jamais à assumer mes responsabilités dû à mon sang et à mon rang. Quant à l'honneur, bien que Père n'a cessé de m'en remâcher les mérites, s'il m'apparait conciliable en tout temps, il n'est point assuré que je m'en embarrasse outre-mesure et le mette jamais au-dessus d'autres considérations plus pragmatiques ou plus avantageuses. "


- 5 ans. Premières leçons de tenue et de bienséance pour Joruth Cousland, le timide cadet. Cours de Cavalerie, apprentissage de la lecture, du maniement des chiffres et de la danse avec Eleanor Cousland. Contes et légendes de bataille lus au lit par Bryce Cousland. Première épée taillée en bois offerte, première fascination pour la lame. [ fracassée dès le lendemain lors d'une joute contre son ainé, Fergus. ]

- 7 ans. Première année d'étude collégiale sous l'égide d'un maître sévère et strict, les premières leçons portant sur l'histoire entière de la Lignée des Cousland que tout membre de la famille doit respectivement connaître sur le bout des doigts.

- 9 ans. Premiers enseignements aux arts de l'épée et du bouclier, et diverses armes en tout genre.

-12 ans. Première participation à la chasse contre les loups [et autres bêtes nobles], éternels ennemis de l'homme, bien qu'à distance car encore trop jeune. Acquisition d'un Mabari pour l'occasion, les Mabari étant considérés à Ferelden comme les meilleurs alliés face à la malédiction des loups-garou et les légendes les concernant.

- 15 à 18 ans.
Discipline collégiale et martiale auto-infligée, très soutenue et divertissement presque nulle pour l'adolescent. Entraînement régulier avec la garde et les plus fines lames de la région, tel que Ser Gilmore. Heures entières également consacrées à lire des traités, des conventions politiques, des thèses. [ livre préféré, la propriété magique du sang de dragon ] Etudes - entraînements, - études- entraînements. Le jeune adolescent n'a connu que ça, n'a d'attrait que pour ça, dénigrant les nombreuses possibilités offertes à un homme de son rang de s'amuser [ sauf la chasse qu'il ne néglige jamais ] et ce, à la grande déception de son frère moqueur et bravache.

- 18 ans.
Premières participations aux affaires seigneuriales aux côtés de ses parents et de son frère, les tâches mineures dîtes ingrates lui étant confiés pour le tester. Test qu'il réussit haut la main, aussi obéissant et discipliné que réfléchi et volontaire. Les hormones refoulées durant l'adolescence explosent soudain, comme vengeresses, et les yeux du jeune Cousland sont soudain ouverts sur son environnement et les trésors qu'il y recèle. Et Joruth ne jure désormais que par les Femmes, sans toutefois rien négliger de ses ambitions. Il s'autorise désormais à s'amuser au grand soulagement de Fergus, et pas toujours en respectant les conventions sociales.

- 19 ans.
Joruth Cousland grâce à son dur labeur gagne son tout premier tournoi organisé localement en Hautecime, en vainquant tous ses opposants, sous la clameur de la foule, faisant la fierté de son père, de sa mère et de son aîné. Pour la première fois le petit frère est mis en lumière face au populaire héritier qu'est Fergus, l'homme au grand rire et au grand coeur, aussi féroce guerrier qu'incorrigible blagueur.

- 20 ans
. Joruth est devenu l'un des bras de droit de son père très exigeant sur le principe de responsabilité, [ l'autre étant son frère ] dont il a à présent gagné la confiance. Il l' aide désormais à gérer la gouvernance de la province, participe à des colloques avec des marchands locaux et autres dîners politiques avec d'autres familles nobles sujettes tel que les Howe. Il donne également son avis sur l'organisation de la garde et les patrouilles au château; contribue avec son frère à résoudre les problèmes de sécurité sur les routes commerciales sous l' autorité du Tyernir et part parfois quadriller l'arrière pays de la province dans les limites de leur frontières à la rencontre des fermiers. Le parfait petit exécuteur de son père ne rechigne jamais à aucune tâche. La prononciation de la justice étant le seul domaine considérée comme privilégiée par son père.

Fait notable en cette année 9:29 :
Le jeune Noble ambitieux gagne en popularité grâce à cette histoire d'Ecumeurs. Des pirates étrangers ayant l'habitude de naviguer sur la Mer de l'Eveil calfeutrée entre Ferelden et Kirkwall au Nord, et connus pour leur raids cotiers ont semé un sacré désordre et commis des impairs contre les sujets des Cousland. Après force hésitation du père, Joruth déterminé à faire ses preuves, est envoyé à la tête d'une troupe d'élite de chevaliers et de soldats, en compagnie de Ser Gilmore et de son Mabari pour rétablir l'ordre dans la petite zone locale concernée et mener l'enquête sur la forfaiture de ces indécrottables bandits. Et résultats probants après une semaine, l'adversaire est écrasé dans sa tanière découverte après la torture de l'un des leurs, lors d'une rude bataille aux fin fonds d'une grotte sous la plage et jouxtant routes commerciales et villages de pêcheurs. Malgré la recommandation du fidèle Gilmore de les jeter tous en prison, Joruth fait exécuter en public les derniers Ecumeurs en vie, y compris ceux qui se sont rendus. Ceci afin de constituer un exemple sévère et un avertissement, le message étant qu'il n'y aurait aucune pitié à l'égard de ce genre d'individus. Conséquences, un petit peuple satisfait, et une pointe de désapprobation de la part du Paternel, bien que celui-ci ait été heureux et satisfait de la tournure des choses dans l'ensemble, puis surtout fier de son fils, plus audacieux qu'il l'eut cru au premiers abords. Bryce Cousland peut désormais envisager de confier le château en son absence à son plus jeune fils. 

Année 9 :30 - 21 ans
. Deuxième tournoi gagné pour le cadet, où il écrase littéralement l'écuyer de son père, Dairren, et défait à nouveau Ser Gilmore considéré comme la plus fine lame de Hautecime. L'ascension de Joruth Coustland est alors palpable et sa popularité au château et les environs n'est plus à faire. Il n'est plus uniquement le jeune frère effacé, obscure et bien obéissant. Bien qu'il ne soit pas l'héritier légitime, un avenir brillant lui est garanti par tous.

" Sans ambition, il n'est point d'accomplissement remarquable. Sans dur labeur, il n'y a guère de résultats, à tout le moins à la hauteur de considérations respectables. La chance ne se mérite pas, elle se crée, peut être forgée. Il suffit d'en avoir la volonté et l'habilité. "


Joruth Cousland est le plus jeune des deux fils du Tyern Bryce et de la Tyerna Eleanor Cousland, né dans l'une des plus grande et respectée famille noble de Ferelden, juste et modérée dans sa gouvernance, aimée de tous leur sujets. Elévé sous une forte influence chantriste, par des parents sévères, fort en principes mais aimants, Joruth ne manqua de rien, tout comme son frère. Très vite il leur fut inculqué la notion de devoir et de responsabilité qui incombent à leur sang et leur rang, la valeur de l' honneur et du courage. Fort d'une histoire et d'ancêtres admirables, leur parents ayant aussi tous deux combattus durant la rébellion contre Orlaïs, entourés par la soldatesque, fort émus des chants de guerre et des légendes, héritier du caractère intraitable Fereldan; les valeurs et les prouesses martiales ne pouvaient qu' attirer les deux jeunes enfants, être louées et mis en exergue devant leur yeux. Fergus voulait être un héros aimé de tous, un chevalier valeureux et couvert de gloire, Joruth lui, n'aspirait qu'à se transformer en un guerrier pur et exalté, l'héritier légitime véritable défendant la maison Cousland avec une férocité implacable contre ses ennemis.

" Enfant, mon père me répétait à l'envie que j'avais l'étoffe et le tempérament d'un soldat. Selon lui, lors de promenades, mes pas tombaient naturellement sous la cadence d'un rythme militaire énoncé par des tambours. J'obéissais toujours sagement à chacun de ses ordres, attentif au moindre signe de sa part et prompte à m'en accommoder sans trainer ni rechigner. Le soir au lit, je lui lisais des scènes de batailles avec un tel enthousiasme, qu'il se sentait obligé de me rappeler, non sans rire à mon côté, que je n'y étais guère sur le moment, n'y avait jamais été, et que la guerre n'avait rien d'enchanteur. "


Les deux frères vivaient des bienfaits de la paix et de l'amour confectionnés par leur parents et leur entourage, et en esprits libres furent eux-mêmes motivés par l'exigence de devenir aussi forts et respectables que leur lignée et leur paternels. Joruth dont l'héritage du titre et des terres lui serait simplement refusé au profit de son frère n'avait de fascination que pour les armes et les études, considérés comme un moyen pour lui de briller et de répondre à ses ambitions. Sous la tutelle des plus raffinés des soldats et des plus affûtés des mentors universitaires, élève brillant, appliqué et studieux, il s'évertua à surpasser son frère dans des domaines qui lui étaient alors accessibles cette fois, déterminé à être utile dans un futur proche et prouver sa valeur combien qu'il n'était que second dans l'ordre de l'héritage paternel.

Outrepasser ses limites physiques et intellectuelles; faire du travail de l'esprit et de la discipline du combat un art jalousé que l'idéal commun amène à concevoir proche de la perfection : Telle était sa volonté de jeunesse. Déplacé ou non, ce feu lui ouvrit des portes vers une meilleur reconnaissance du monde et lui fit gagner une très grande confiance en soi, quitte à ne plus louvoyer sur les droits de son frère, à se focaliser entièrement sur son avenir et celui de sa famille et à trouver meilleurs sujets sur lesquels réfléchir, tel que l'exercice du pouvoir et la politique.[/justify]

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Jaqen

10 octobre 2013 à 19:38:00 #1 Dernière édition: 14 janvier 2014 à 19:09:34 par Jaqen
[justify]Expérience d'une servante elfe sous les ordres de Nan. Petits désirs coquins avec Monseigneur Joruth Cousland.

La grande salle du château est remplie, débordante de rire et de cris railleurs. L'ambiance est chaleureuse, sous l'odeur enivrante de la cuisine préparée envahissant les lieux, et les maîtres sont attablés. Quand est-ce qu'ils vont se mettre à dîner ? J'ai des tas de casseroles à nettoyer et un sol à récurer moi ! Mes mains commencent à trembler sous le poids de la marmite remplie de soupe chaude que je tiens entre mes mains, immobile et forcée de patienter discrètement au milieu de la file de serviteurs agités. J'attends le signe de Nan, mais celle-ci aussi frigide et figée que la glace comme à son habitude, ne bouge pas d'un pouce, son regard sévère fixé devant elle. Qu'attend-elle par Andrasté ? C'est lourd ce truc ! Désespérée et désireuse de tromper l'attente, mon regard s'attarde un instant sur Monseigneur Fergus. Soupirer après des princes et des nobles est l'un de mes uniques passe temps - fort rares - et aussi mon passe temps favori.

C'est pourtant vrai qu'il est beau, comme il se murmure aux cuisines entre serviteurs de la gente féminine qui aiment à faire des comparaisons entre les hommes dans leur cancan. Des yeux rieurs d'un noir profond derrière un nez fin et long, un visage si charmant, un menton volontaire, cette barbe qui lui donne une stature, ses cheveux bruns qui tombent nonchalamment sur ses épaules, un corps taillé dans le marbre... Mais voici qu'entre enfin la raison de tout ce retard. Oh ! Non, pas lui ! La chaleur s'empare de mes joues ! Monseigneur Joruth ! Voilà qu'il prend la peine de souper avec tout le monde ce soir ! J'en conçois une certaine contrariété, mes cheveux ne sont même pas arrangés ! J'aurais dû m'en douter, il passe tous les soirs désormais ! Comment ais-je pu l'oublier ? L'homme pour qui bat secrètement mon coeur... Oui, je suis une idiote d'éprouver du désir pour un être nettement plus élevé, et un humain de surcroit qui n'a sûrement rien à faire d'une elfe par ailleurs... * soupir ! *

Monseigneur Joruth. Il n'a rien de commun avec son frère, assimilable à l'éclat du jour et lui à la noirceur de la nuit malgré le châtain de ses cheveux, ses yeux d'un  éclat marron étonnamment claire, presque doré. Monseigneur Fergus, contamine par son rire, rayonne par ses éclats, illumine la salle par sa présence quand le cadet s'échine à la tapir dans une discrétion peu commune. Un jeune loups avec les traits sévères de son père, les yeux fauves d'un ancêtre, et presque la blondeur de sa mère. Sa démarche est celle d'un félin, et sa dégaine fait profiler sa dangerosité. Il en impose, presque menaçant.

Contrairement à son frère, qui respire tant la sympathie, aussi avenant que le plus adorable des époux, charismatique, plein d'entrain, et le rire facile, Monseigneur Joruth a le regard austère et le comportement distant, des yeux intenses, le tout en lui évoquant une allure martiale. Tout semble toujours s'assombrir autour de lui. Tableau peu enchanteur... Non mais Franchement ... Qui inclinerait vraiment pour ça ? ... Non mais vraiment, je veux dire ?... Il... C'est juste qu' il respire tellement... le danger, épouse tellement le mystère... évoque si dangereusement la passion.

Jamais personne ne prend la peine de le mentionner parmi les filles quand on énumère si enjouées qui l'on souhaiterait dans son lit, Ser Gilmore étant le favori. Est-il si peu recommandable ? Ou alors... elles le désirent toutes en secret, sans jamais se l'avouer... Tout aussi bien que moi.

<< Bonsoir père, bonsoir Fergus.>>s'annonce alors debout en saluant Monseigneur Joruth, dominant son frère et son père, avant de s'asseoir à leur côté, botté de cuir , culotté de lainages, ganté de taupes, portant une délicate et souple cotte de maille qui miroite doucement par dessus de coquets entrelacs de laine. Le clou de sa gloire étant sans conteste ses pelisses en fourrures brunes aussi moelleuses et douces que de la soie, et qui entourent ses larges épaules musclées. Diable que ça le met en valeur ! Mais pourquoi je le dévisage aussi scrupuleusement moi !

Malgré la ferveur et la trompeuse gaité de ces propos lancés, le jeune loups demeure incroyablement froid. Seul un feu brûle dans ses yeux, un feu de passion qui me met dans tous mes états à chaque fois qu'il m'envisage. Ce qui arrive évidemment à chaque fois qu'il prend la peine de dîner ces derniers temps et je ne sais jamais ou me mettre ! Je me fais certainement des idées ! Oui, c'est ça !

Ah ! C'est l'heure, Nan me fait signe, il est temps d'apporter le diner. Enfin ! Je m'exécute pendant qu'ils discutent. Et par inadvertance bien sûr, mon regard s'attarde sur monseigneur Joruth, encore une fois je sais,  bien qu'il me soit normalement interdit par la gouvernante de le faire... Le seigneur plonge alors ses prunelles dans les miens comme il le fait si certainement et à sa manière depuis plusieurs jours, de manière flamboyante, avec équivoque. Je sens alors son regard sur moi balayer de la pointe de mes cheveux à l'extrémité de mes orteils, en passant par tout mon corps couvert d'une robe fourreau de lin claire qui colle à mes formes. L'acier de ses yeux, la passion dévorante que j'y lis et qui me semble personnellement adressée me submergent, me liquéfient et j'en tremble sur le moment, terriblement confuse. Par Andrasté, heureusement que j'ai déjà pu posé la marmite, j'aurais été capable renverser tout le contenu !

<< Ce sera tout, merci. >>me tance le chef de famille et seigneur des lieux, et je me découvre avec surprise totalement immobile et bras ballants tandis que tout le monde m'observe en fronçant les sourcils. Je rougis de honte face à ma maladresse et ma situation inconfortable et m'excuse puis m'enfuis loin, très loin, non sans un dernier regard pour le fils cadet que j'aperçois sourire pour la première fois.
_________

Ma tâche enfin achevée en cuisine, je sors et toute esseulée traverse le couloir vide et peu éclairée, et...

<< Aaaah ! Oh mon Seigneur, c'est vous ! >>
dis-je en m'étranglant de surprise, soulagée. Oui, toute à fait, là où converge mon regard se tient le prince de mes rêves, adossé qu'il est à la paroi de la pierre brute , les bras croisés et les yeux brillant fixés sur moi, un sourire espiègle aux lèvres.

<< - Je vous ais fait peur ? Pardonnez moi, je voulais vous surprendre seule, non vous effrayer. >> 
Intriguée par ces paroles, je me contente cependant de répondre simplement.

<< - Non, non ce n'est rien, Monseigneur. Je ne vous avais simplement pas remarqué. >>A ces mots, son sourire semble comme s'élargir. Un sourire insolent et confiant que peu ont sûrement pu témoigner, Monseigneur Joruth étant réputé pour se tenir souvent en retraite, effacé derrière son frère, ombrageux et silencieux.

<< - Vraiment ? C'est bien la première fois. Vous ne m'avez jamais manqué pourtant, ni tout à l'heure au dîner d'ailleurs, et ni les jours précédents. Vos yeux constamment posé sur ma personne, de manière équivoque. Et je le sais car les miens étaient rivés sur la vôtre également, constamment. Une telle beauté. Je n'aurais pu vous manquer. Jamais. >>
Je rougis, incrédule devant ces mots et cette approche direct. La réputation et la réalité sont définitivement deux choses différentes. Monseigneur Joruth malgré l'aura qu'il dégage n'a rien de timide ni d'acariâtre. Je ne me l'étais jamais imaginé de cette façon, son silence est assurément une façade cachant sa véritable personnalité. Et maintenant je me retrouve toute intimidée, prise par surprise et manquant de mots à fournir telle une bègue ou une imbécile.

<< - Je.. Vous me voyez confuse Monseigneur.. >>

<< - Pourquoi ? Parce que j'admets une évidence ou parce que vous me plaisez ? >>
dit-il en décroisant soudain les bras et en prononçant quelques pas vers moi, me dominant de haut.  je lève la tête à son approche, le coeur battant la chamade; Ne sachant que proclamer sur le moment, je ne dis rien. Et satisfait de cette réponse muette, il se penche vers moi et ses lèvres s'emparent des miennes et s'y pressent. D'abord surprise, je ne réagis guère puis monte vite la passion et tout disparait. M'abandonnant totalement à lui en l'enserrant de mes mains, plus rien ne compte, et mes lèvres dévorent les siennes, mon corps entier se presse contre le sien. Ses bras m'entourent et me repoussent contre le mur, ses lèvres quittant les miennes pour mon cou et ma gorge, tandis que ses mains descendent vers mes hanches. J' halète coincée contre le mur, désespérée et je reprend mes esprits en même temps, comme réveillée soudain. Situation très bizarre. Mon environnement m'apparaît à nouveau et l'incongru de ce qui se passe me frappe avec vigueur.

<< - Non ! Monseigneur, il... Il ne faut pas ! >>
J'essaie de dénouer ses bras autour de ma taille, tout en essayant de repousser cette vague de plaisir qui m'envahit, et qui me pique tellement la colonne vertébrale. Mais il est d'une force incroyable et je n'arrive à rien. Les paroles auront peut être plus de résonance.<< Monseigneur, vous êtes fou ! Et si quelqu'un nous voit !? >>

<< - Ce serait terriblement embarrassant. >> me répond t-il d'un ton langoureux en riant presque, avant de s'emparer à nouveau de mes lèvres.<< Oh oui, horrible. * kiss * Un fils de noble.. * kiss *... bécotant... * kiss * une vilaine servante... * kiss * indigne de son rang. Je deviendrais la risée de tous évidemment et j'en verserais des larmes, jusqu'à prier le Créateur à la chapelle du château de pardonner ma vilaine faute morale. En tout point de vue comique en vérité, car je ne connais aucun noble respectable qui n'ait pu s'énamouracher un jour d'une magnifique servante elfe équipée de si jolies petites fesses. >> Et ses mains reflétant cette dernière remarque tandis qu'il sourit y vont tout de go sur mon arrière-train. Je me mets à pouffer, et je m'en veux pour ça, car cela encourage Monseigneur Joruth, aussi amusé que moi. Cette fois- ci j'y vais plus fort, et tente de le repousser de mes deux coudes sur le métal froid de son armure au niveau de sa poitrine.

<< Mon seigneur ! Monseigneur je vous en prie ! >> Si la force de mes bras n'y ont rien fait, le ton de plainte et de supplique soudaine le ramènent immédiatement à la raison et il se détache de moi promptement, avant de reculer, véritablement déconcerté. Nous nous contemplons, haletants, aussi bien éreintés par les émotions qui nous envahissent que par ceux que nous refoulons sur le moment présent, terriblement silencieux. Par le souffle du créateur, que c'est une situation embarrassante... Puis reprenant contenance, son visage à nouveau de marbre, Monseigneur Joruth dit enfin très froidement :

<< - Vous ne voulez pas ? J'avais cru. Pardonnez ma méprise. >>

<< - Mais je le veux ! Terriblement. Mais pas ici mon amour, pas dans ce couloir. Ailleurs, à l'abri des regards. >>  Je prends conscience que je ne l'ai pas nommé par son titre, et allait m'en excuser quand je me rendis compte qu'il n'en n'a cure, son regard adouci. Etrange comme on peut se considérer si familier après seulement quelques bisous passionnés.

<< - Ah je vois. On tient à ne pas être prise au dépourvu en ma compagnie. On tient à sa réputation de servante entièrement dévouée à sa cuisine. C'est sûr que forniquer avec un homme de haute lignée y porterait atteinte. >>
  Je reste de marbre face à sa pique et continue sur ma lancée, plus que sérieuse.

<< - Je tiens surtout à un minimum de discrétion. Je pourrais en baver pour ça. >>
S'approchant alors vivement de moi, ses mains chaudes saisissant soudain mes joues et la fougue l'envahissant, Monseigneur Joruth me balance d'une intense passion et d'un ton aussi tranchant qu'une épée :

<< - Je ferai fouetter quiconque s'en prendrait à vous parce que vous m'aimez ! >>Attendrie par cette remarque, je tends les pieds et lui colle un bisou sur la joue, puis sur les lèvres avant de passer ma main sur les contours de son visage.

<< - Qu'en est-il de Nan ? Elle est votre nourrice depuis toujours. >>

<< - Nan est une servante comme une autre, simplement mieux disposée au vu des grands services rendus. Et mes fréquentations ne la regardent pas ni ne requiert son approbation. Très bien, allons dans ma chambre, et elle ferme à clé, promis... >> Malgré le ton rassurant, je ne suis pas tout à fait rassurée , hésitante.

<< - Et si... Et si quelqu'un me voit entrer ou sortir de votre chambre ? Et si on me demande où j'ai... ? Ne craignez vous pas que... ? >>

<< - Je ne crains rien et je n'autoriserai personne à vous penser le moindre mal. Il y aura peut être du commérage et des potins, comme partout et pour tout. Si ceux-là même qui blâmeraient notre relation prouvent qu'ils valent mieux que nous en se serrant la ceinture ad eternam, je pourrais prêter attention un jour à leur futiles et pathétiques accusations. >>


Sur ces paroles, mettant définitivement de côté mes réticences, je lui prend la main et l'attire derrière moi, courant à toute allure vers les étages supérieurs. Je connaissais évidemment la chambre de Monseigneur.... A peine entrés sur les lieux, et le définitivement loquet tourné, je plaque monseigneur contre un mur et tente de me faire pardonner les vilaines blessures infligées en l'embrassant comme une fille affamée. Partout sur le visage, puis dans le cou. Oh que oui, il me pardonne, tandis qu'il me soulève et m'emporte, jusqu'à basculer sauvagement l'un sur l'autre sur le lit.. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la réalité peut parfois dépasser les aspirations que nous pouvons soupirer. [/justify]

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Kalran

La pire période de ma vie s'est déroulée à Kirkwall ! Les mages étaient fous, les templiers incompétents et fanatiques, on croisait des mages du sang à tout les coins de rue et les démons se baladaient presque librement dans les rues. Heureusement que j'ai rencontré une poignée de personne plus ou moins saints d'esprits et amicales parceque sinon j'aurai pas attendu neuf ans pour quitter la ville.

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Jaqen

Merci ! ;D Suite à venir prochainement.

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Jaqen

11 octobre 2013 à 23:29:54 #4 Dernière édition: 14 janvier 2014 à 19:10:27 par Jaqen
[justify]
[size=16]Trahison de Howe et Bataille perdue. ( Intro )[/size]

" Aujourd'hui, amer, je pleure de n'avoir rien pu sauvé ni protégé, si ce n'est ma vie à présent misérable. Peut être aurait-il mieux valu que je meurs l'épée à la main aux côtés des mes pareils. Je culpabilise en seul survivant, je rage en m'égratignant la peau, je pense à toutes les choses folles à m'infliger, et perd le contrôle pour la première fois. "

" Me voici alors orphelin, sans plus aucune attache, dévasté par la perte de mes rêves et de mes illusions. Mes ambitions mis en pièces. Mon monde se délite soudain et meurt, ma famille et ma bannière évincées de l'histoire, vaincues par la fatalité et la traîtrise, notre château incendié sous le joug d'un autre. Pour le meilleur ou pour le pire une nouvelle ère s'instaure en Ferelden, et manifestement sans les Cousland pour en témoigner. Nous appartenons déjà au passé, et peut être bientôt je rejoindrai les autres reliques d'un temps pas si lointain et désormais reléguées dans un autre monde. Je suis seul, me sens terriblement accablé par le fardeau qui m'est échu et lequel je ne puis partager avec quiconque, l'histoire étant toute personnelle.  "

" Je les tuerai tous. Je ne trouverai le repos que lorsque j'aurais rayé intégralement les Howe de la carte, extirpé leur engeance, comme vers en charogne, de tout Ferelden. Nos morts crient vengeance. Ma famille, mon amante, mon neveux et l'épouse de mon frère. Ser Gilmore, nos loyaux sujets, nos elfes. Des femmes et des enfants en nombre, de basse ou haute naissance. Rien n'y a échappé, rien n'a su leur implanter un grain de pitié, attendrir leur coeur de pierre. Tous éradiqués. Jusqu'au dernier. Et tous seront honorés, je le jure ! Je le jure par Andrasté, ou périrait en essayant ! Quel qu'en soit le coût. Aujourd'hui la tête de mes parents reposent sur une pique et ce sacrilège ne restera pas sans réponse. J'aurai la sienne ! "

" Peu m' importe cette charge de garde des ombre qu'on m'a imposé contre ma volonté, peu m'importe que la justice s'assimile à un règlement de compte et que des innocents ne soient guère épargnés. Le temps n'y fera rien, je n'oublierai jamais et ma vie aura repris tout son sens dès lors que je l'aurai vidé de tous ses tripes avec ma lame, en vulgaire animal sauvage qu'il est. Je pourchasserai Howe jusque dans les Tréfonds si nécessaire. Je le jure ! Que le créateur m'en soit témoin !  "
[/justify]

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Jaqen

13 octobre 2013 à 02:12:24 #5 Dernière édition: 14 janvier 2014 à 19:13:14 par Jaqen
[Justify]
[size=16]Arc trahison de Howe et bataille perdue. ( suite )[/size]

Oui, c'est cette nuit que tout commence pour le Garde des ombre. Une nuit de pleine lune et un bain de sang sous sa lumière pâle et froide. C'est là que tout basculerait, que tout changerait à jamais. Les engeances ont fait leur apparition et se sont de nouveau déclarés au sud du royaume, surgissant des tréfonds. Et les Cousland mû par la loyauté et l'honneur, fort désireux d'accomplir leur devoir répondirent promptement à l'appel du Roi Cailan, exigeant de même pour leur sujets. Les cloches sonnent, les rumeurs de guerre vont bon train, les soldats passent leur derniers moments avec leur famille, envahissent la chapelle pour supplier la clémence du Créateur, obtenir son soutien. On s'enthousiasme, la guerre sera courte, on sera vite de retour à la maison. On s'inquiète, reverra t- on un jour son mari, son épouse, son frère, sa soeur, sa mère, son père, ses enfants, ses parents ? Fergus est parti à la tête de l'armée, délaissant son fils et sa femme derrière lui, persuadé qu'il les reverra un jour. L'agitation est palpable dans les moindre recoins du château sans dessus-dessous; des milliers d'hommes pris en charge, l'armée de Howe retardée, cantonnée au château. Quelque soit l' humeur de tout un chacun, pessimiste ou optimiste, la guerre est dans tous les esprits, mais nul ne soupçonne le coups fatal à venir et d'où il partira. Le jeune Cousland étant le dernier à se douter de quoi que ce soit .

______

La soif le tenaillait après tant d'activités physiques. Ce fut court, mais très intense. A peine quelques heures seulement l'avaient séparé de ses pareils, ayant rapidement prononcé ses meilleurs voeux à son frère parti en guerre sans lui et promis de veiller sur son fils, avant de filer discrètement dans sa chambre où l'attendait déjà la raison de tant d'empressement et surtout la raison de la pire négligence possible à l'égard de la formalité familiale à un moment si important. Joruth, nu et pleinement éveillé, nul trace de sommeil ne l'ayant défiguré, se rassit sur le bord de son lit à baldaquin si confortable et moelleux. Et il tendit la main vers la cruche sur la table de chevet à proximité, dont le contenu avait déjà été monstrueusement vidé, mise à contribution de toute évidence... Profitant de l'atmosphère endormie et paisible, dans l'obscurité de la chambre, moirée par l'éclat de la lune qu'on discernait vacillant par la fenêtre aux verres rehaussés de rideaux riches en couleurs, il se versa plusieurs coupes de vin avant de les boire chacun d'un trait. Joruth ne prenait jamais la peine de siroter son vin, au grand déplaisir de sa mère qui trouvait ça inconvenant, surtout lors de dîners incluant la noblesse. Sans délicatesse, il s'en versa un dernier, ayant à coeur d'achever la cruche sans même lui abandonner une seule goutte. Sa dernière coupe en main et pensif, il toisa longuement la lune qui découpait le paysage de sa lumière opalescente.

Et c'est alors, que de sous les draps, une présence féminine se révéla et se découvrit lentement pour s'agenouiller sur le lit et atterrir tout juste derrière lui, s'appuyant sur son dos, la tête s'y logeant également, et l'enveloppant tendrement de ses bras pâles et fins. Joruth se retourna, et les yeux marron intense et gris elfiques bridées s'entrecroisèrent.

<< A quoi peut bien penser Monseigneur au beau milieu de la nuit ? >>

<< - A mes responsabilités nouvelles. Mon père me confiera le château en son absence demain. Je deviendrai de facto le maître de la région, le Tyern de Hautecime. Il me tarde de m'atteler à la tâche et d'incarner le pouvoir même si c'est seulement temporaire. Sache que c'est une lourde charge qui m'attend. >>

<< - Oh ! >> proclama la servante elfe nullement impressionnée, nullement concernée. Le ton moqueur de l'impudente fit sourire Joruth et le fit revenir définitivement à plus de légèreté, mettant de côté ses ambitions si entêtantes et ses responsabilités dont il était fier de se porter acquéreur avec toute la confiance de son père et de sa mère.

<< - C'est drôle. Un mois que nous couchons ensemble, et je ne connais toujours pas ton nom. >>

<< - Vous ne me l'avez jamais demander. Aussi n'en n'ai-je rien dit, soupçonnant vos seules priorités.>>chuchota l'elfe non sans en profiter pour lui coller des baisers langoureux derrière la nuque, dans le creux du cou et un peu partout sur les épaules, ses doigts effilés remontant ses cheveux avant de les glisser lentement sur son dos, sur ses bras, sur sa poitrine. Le plaisir mis en éveil avec talent par l'impudente, Joruth parcouru de frisson se laissa aller à ses caresses, d'humeur libertine, le vin ayant aussi fait son effet.

<< - Aussi affriolante au lit que magnanime, comment ne puis-je être comblé ? >>
Il tourna la tête sur le côté, épris d'un vif désir d'happer ces lèvres qui le mettaient en émoi et en feu, désir auquel accéda volontiers sa compagne. Une fois séparés, il affecta un air sardonique.

<< A t-on jamais eu l'occasion de converser d'ailleurs ? Je ne m'en souviens plus. >>
Tous deux éclatèrent de rire, et Joruth posant son verre toujours rempli qui n'avait soudain plus d'intérêt à ses yeux sur la table chevet, se tourna entièrement vers l'elfe et la fit basculer, la chatouillant, et l'embrassant à répétition. Puis s'arrêtant soudain, posant ses prunelles marrons claires sur elle, appuyé sur ses coudes au-dessus d'elle et son visage à quelques centimètres du sien, il la transcenda longuement du regard. << - Maintenant, je te le demande, quel est ton nom ? >>

<< - Lyn. Curieuse volonté soudaine. Cela signifierait t-il que vous devenez sérieux, Monseigneur ? A propos de nous deux ? >> Le ton de l'elfe était léger, taquin, l'oeil amusé et brillant.

<< - Est-ce là ce que tu désire ? >>

<< - J'sais pas. Tout est si compliqué au dehors, et si simple entre nous. J'ai toujours l'impression d'oublier ma condition d'elfe et de servante aux cuisines, dans vos bras ! Et comme dans un rêve de partager un peu ce que ces nobles et si belles dames humaines si joliment accoutrée vivent au quotidien, sans le risque de voir tout s'écrouler autour de moi à cause de ce que je suis et de ce que ça pourrait provoquer si nous allions plus loin. Puis... On est bien comme ça, non ? >>

<< - Je n'aurais guère été mieux satisfait de notre situation. >>

<< - Vraiment ? Vous n'auriez guère été mieux satisfait ? Ce qui se trouve dans mon entrecuisse est tout ce que vous pourriez jouir et trouver d'attachant chez moi ? >> demanda l'elfe en affectant un air concerné, ennuyé et presque offensé. Joruth n'y croyant pas ses oreilles et surpris par son expression ainsi que la tournure que prenait la discussion , s'appuya sur ses coudes pour s'écarter d'elle, se relever et se rasseoir sur le bord du lit, un brin agacé.

<< - Ah les femmes et leur inclination pour le vice. Il y a toujours une question piège quelque part, à un moment ou un autre. J'aurais dû le voir venir, me méfier comme de la peste de la réponse à fournir avant de me jeter tête baissée dans le traquenard. Adoucir le tout de mots sucrés pour m'épargner de possible tracas. >>
Mais l'Elfe éclata d'un rire de cristal, et toute aussi espiègle qu'amusée vint se placer sur ses genoux, chaque jambe replié sur le lit de chaque côté du corps de son amant, les mains noués autour de son cou. Joruth se rendit compte à son regard rieur qu'elle s'était simplement moquée de lui, et il se décrispa, pour peu qu'il se crispa vraiment.

<< - C'est que nous adorons tourmenter nos hommes. Si facile à satisfaire, si basique et si primaire, que c'est à se demander pourquoi ce ne sont pas les femmes qui régentent ce monde. >>
Lyn se pencha vers la table de chevet, saisissant la coupe de vin entre ses mains, avant d'en verser le contenu sur la poitrine et sur le ventre de Monseigneur Joruth, sans que les deux amants ne se quittent des yeux. Puis ceci fait et la coupe jetée négligemment au sol, elle le repoussa de ses deux mains contre l'oreiller sur lequel il s'affaissa, toujours au-dessus de lui et elle lapa le vin de haut en bas. Joruth en ferma les yeux de plaisir. Il ronronnerait presque, mais il n'était pas un chat. Alors il se contenterait d'apprécier en silence.

<< - Diable ma jolie, puisse-tu me tourmenter autant que faire se peut de cette manière. Chaque jour que le Créateur a fait naître. Je te laisserai volontiers régenter le monde, t'appellerai ma Reine, te baiserai les pieds pour m'annoncer, subirai le moindre de tes commandements fantasmés, esclave de tes moindre désirs. >>

<< - C'est bien ce que je disais ! Basiques et primaires. * rire * Puis je remarque que vous ne m'appelez toujours pas par mon prénom. >>

<< - Inutile ma jolie. Ce qui se trouve dans ton entrecuisse est tout ce dont j'ai besoin et trouve attachant chez toi. >>

<< Roh, qui tourmente qui, et se moque à présent ? >>

<< Et si j'étais sérieux ? Que sais-tu vraiment de ce que je pense ? >>

<< Guère. Mais quand vous m'étreignez et m'embrassez, je ressens bien plus de force et d'affection qu'auparavant, là où il n' avait été seulement question que de faim et d'envie. Il y a des signes qui ne trompent pas. Allez, Avouez-le que vous m'aimez bien Monseigneur ! >> Joruth la contempla un instant, sans un mots pour lui confirmer cette pensée intuitive, admettant alors un fait incontestable par son silence et l'intensité de son regard.

<< - Joruth. >> lui intima t-il finalement avant de s'emparer de ses lèvres. Mais sa compagne se détourna, plus que gênée. Elle n'oubliait pas qui elle était, et qui il était, un monde entier les séparait, et rien ne changerait ça. << - Je ne puis m' y résoudre. >>  Joruth lui saisit le menton. << - Je vous le commande Lyn. >> Et ils se laissèrent retomber ensemble et bruyamment sur le lit, s'abandonnant à leur passion mutuelle.

<< - WOOF ! >>

<< - Oh, je crois que nous avons réveillé votre Mabari et qu'il en est furieux ! >>

<< - Je n'ai rien entendu. >> * rires * [/justify]

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Jaqen

14 octobre 2013 à 21:34:07 #6 Dernière édition: 14 janvier 2014 à 19:15:34 par Jaqen
[Justify]
[size=16]Arc Trahison de Howe et bataille perdue. ( suite )[/size]

<< GRrrrh ! Rrrrh ! Rrrrh ! >>

Marqués par des sentiments naissants, fourbues par leur joutes amoureuses, les deux amants dormaient profondément dans l'ivresse odorante de leur corps épanouis et mêlés, chevelure châtain et rousse formant le tabeau final de leur félicité, enlassés l'un dans l'autre.

<< GRrrrh ! Rrrrh ! Rrrrh ! WOOF >>  La domestique elfe, hagard, fut la première à ouvrir les yeux, le sommeil plus léger que son Seigneur qui avait l'habitude de son fidèle compagnon, très enquiquinée par les grondements du Mabari. Elle frissonna en l'envisageant. Il était devenu terrifiant dans son agressivité soudaine et inhabituelle, comparable à un monstre géant, ses longs crocs découverts, ses yeux devenus comme fous. Dans le noir moiré par les rayons de la lune, il ne cessait de scruter la porte en grondant devant une menace invisible. L'Elfe sentit la chair de poule la saisir, quand elle crut également entendre des cris et du bruit discret de ferraille au dehors. Indistinct, lointain mais qu'elle ne pouvait sûrement pas avoir imaginée. Que se passait-il ? Elle tourna la tête de côté, grandement tentée de réveiller Monseigneur Joruth, effrayée. Sa présence si imposante et sa prise en main de la situation en l'homme fort qu'il était, en ce moment si incertain ô combien la rassurerait, mais il dormait comme une masse et si paisiblement qu'elle avait des scrupules à le déranger pour une vague impression dont elle n'était même pas sûre. Non, elle ne réveillerait pas Monseigneur pour une broutille, elle pouvait s'en charger elle-même. Glacée, et les mains autour de sa poitrine comme pour se protéger, elle dévisagea la porte sombre en bois avec frayeur, mue d'un mauvais pressentiment. Peut être devrait-elle faire comme si de rien n'était et retourner soupirer sur la poitrine de Monseigneur, remonter les draps puis fermer les yeux une fois pour toute.

<< - Allez Lyn, du courage. Tu te fais probablement du mouron pour rien. >>
Un peu tremblante, elle s'échina à retrouver ses vêtements étalés au sol, enfila ses sous-vêtements quand.... * PAM ! PAM ! PAM ! * Des tambourinements contre des portes se firent entendre, ainsi que les mêmes bruits de ferraillements beaucoup plus proches, accompagnés de bruits de pas cette fois. Cette fois-ci, Monseigneur Joruth l'avait entendu également !  Immédiatement il se redressa, sorti brutalement de ses rêves, l'alerte faisant immédiatement disparaître les miasmes du sommeil et de l'épuisement.

<< Qu'est-ce que ce qui se passe, pourquoi vous-êtes vous levée... ? >>
demanda t-il avec suspicion en la remarquant vêtue,prise sur le fait et debout. Lyn fort soulagée de le voir éveillé, n'ayant plus à craindre de tenter de comprendre seule, répondit avec empressement :

<< C'est votre Mabari, il n'arrête pas de fixer la porte tout en grondant. Il n'a pas cessé depuis un moment. >>
Joruth, déboussolé, jeta un oeil à son Mabari. Et celui-ci grognait, grondait, crachait plus que jamais contre la porte. Il ne l'avait jamais vu ainsi que lorsque du danger se rapprochait. Il se raidit, comme soudain alerté.

<< Svear, qu'est-ce qu'il y a ? >>


<< WOOF ! WOOF ! WOOF ! Rrrrh , Rrrhh, Rrrrh ! >>
Joruth n'aima pas du tout ce que cela signifiait. Le Mabari ne faisait pas attention à lui. Et il se leva promptement, se débarrassant de son drap sur lui, le regard durci.

<< J'ai entendu des cris, il doit se produire quelque chose ! >>


<< Lyn restez là. Le temps de m'habiller et je vais jeter un coups d'oeil au dehors. >>
Désormais, on percevait des cris, des injures, qui montaient en puissance. Derrière cette porte sombre implacablement fermée. Cette fois-ci Lyn eut vraiment très peur. Et Joruth ne doutait plus à présent qu'il se produisait des évènements graves, des choses terribles. Lui aussi avait peur. L'elfe se précipita vers sa vêture retrouvée.

<< - Je vais y allez aussi ! J'ai juste à me glisser dans ma robe et c'est fait. >>


<< - Non, il ne me plait guère que vous sortiez. >>
Lyn fit les gros yeux, horrifiée.

<< - Par pitié ne me laissez pas toute seule ! >>


<< - Il est hors de question que je vous laisse seule. Svear restera à vos côtés. Il vous protégera. >>


<< - Mais... >>


<< -  NON ! >>
interrompit vivement Joruth d'un ton tranchant en levant un index d'interdiction vers elle, sa voix fouettant l'air, l'humain rendu agressif par l'instinct protecteur envers sa compagne interloquée, l'inquiétude mêlée à ça. Il sentait une menace poindre à l'horizon, elle lui hérissait le poil, lui piquait la colonne vertébrale.  Et ils perdaient du temps en palabre, comme des idiots. Il venait tout juste de glisser ses sous vêtements lui aussi.  << Lyn, ce n'est pas sujet à discussion, obéissez. >> Il parlait avec distance, en Seigneur de Hautecime et la domestique comprit immédiatement le message en baissant la tête, peut être un peu blessée. Plein de remords, Joruth s'approcha d'elle et lui caressa le visage, plongeant son regard dans le sien.

  << Je ne vais pas bien loin, je ne vous laisse pas seule. C'est promis. Comprenez que je suis le maître des lieux, je dois savoir ce qui se passe. >>
Il n'en fit pas plus pour la dorloter. Pas d'embrassades. Il n'avait pas le temps pour ça, il n'en n'avait que trop perdu, et Joruth détestait perdre en efficacité. L'amour pouvait vous rendre faible. << Vous barricaderez la porte derrière moi, n'ouvrirez à personne ne répondant guère au son de ma voix. >> Ceci édicté, lui tournant le dos, il tenta de retrouver son pantalon. Et...

* PAM PAM PAM * On tambourina à leur porte ! Des pas lourds, puissants, empressés se faisaient entendre tout juste derrière.  << DERRIERE CETTE PORTE SE TIENT LA GARDE ! OUVREZ ! OUVREZ PAR LE SOUFFLE DU CREATEUR ! >>

<< - Je vais ouvrir ! >>
lança Lyn qui ayant d'abord sursauté d'effroi fut grandement soulagée d'entendre le son tambourinant d' alliés venus à eux de leur propre chef. Ils en apprendraient certainement plus sur ce qui s'était passé et le chaos qui régnait. Et Joruth, de froncer les sourcils, interpellé. Derrière cette porte se tient la garde , ouvrez ? Puis lancé sur un ton impérieux ? Sur sa porte ? Lui le nouveau seigneur de Hautecime ?

Il se retourna vivement, le poil hérissé, tandis que son amante se précipitant sur la porte tournait le loquet avec frénésie, et l' ouvrait en grand pour accueillir leur invités. Shhht ! Une espèce de grincement grave, de chuintement, que Joruth en soldat confirmé, aurait reconnu n'importe où, n'importe quand, et à n'importe quel moment. Lyn émit un hoquet soufflé, tandis qu'un dard acéré lui crevait, devant la poitrine.

<< NOOOOOOOON ! >>
hurla Joruth comme il ne l'avait jamais fait durant toute sa vie, horrifié ! L'incompréhension se lisait dans le regard de sa compagne qui se tournait vers lui, une flèche aux couleurs sombres à sa devanture, d' un rouge à présent aussi éclatant que si on l'avait peinte, en travers elle, avant qu'elle ne s'affaisse lentement au sol, son doux visage imprimé d'une si grande douleur.

Joruth n'eut même pas le temps de se remettre du choc, un homme vêtu de pied en cap d'une armure de maille déboula férocement dans la chambre, épée en main, et fondit vers lui aussi nu et désarmé qu'un vers. Plus par réflexe dû à un entraînement martial sévère et mûri que par volonté, le jeune Cousland réussit à s'écarter d'un pas et à éviter de justesse la lame vive de l'ennemi au visage défiguré par la haine, taillant vers son ventre. Mais celui-ci enchaînant sur un violent pied chassé botté sur sa poitrine le fit basculer en arrière et s'écrouler sur le lit, défait, lamentable. Lui le champion de deux tournois, la fine lame de Hautecime ridiculisé en un mouvement, pris par surprise quand il s'était tant entraîné à ne jamais se retrouver dans cette position inconfortable.. Voilà à présent qu'il allait mourir ainsi, aussi pitoyable qu'un amateur.

<< NON ! >>
s'écria Joruth les mains levées au-dessus de lui, étendu jambes écartés et le ventre offert comme une catin, aussi désespéré qu'étranglé de torpeur, ahuri ! S'apprêtant à donner le coups de grâce tout en levant soudain son épée, le guerrier menaçant se sentit brusquement projeter contre le mur par une force incroyable. Une boule agitée, un véritable démon lui sauta sur le dos, et lui déchiqueta la nuque en d'innombrables morsures acharnées traversant la maille et le cuir. Le Mabari n'avait pas dit son dernier mot et continuait de s'acharner sur le corps, en lui déboîtant sévèrement les bras par la force de sa mâchoire agitée dans tous les sens.

<< AAAAArgh ! >>
Attiré par le boucan de son partenaire, un autre homme fou furieux en armure, soufflant comme un boeuf, fondit vers la chambre, mais Joruth, toujours aussi pathétiquement nu et se sachant définitivement désavantagé, régi par l'instinct de survie se précipita sur la porte en vociférant, et au moment où le soldat entrait à demi dans la pièce, il la cingla violemment sur son bras lancé en avant qui se fracassa au niveau du coude sous le choc métallique terrifiant, emprisonné dans l'embrasure.

<< AAAAAAAAArgh !
>> hurla à son tour le pauvre homme de terreur et d'agonie, son épée lâchée suite à la douleur aigu, insupportable et l'extrême sensibilité de son bras en miette. Joruth rempli de hargne rouvrit la porte, empoigna son adversaire affaibli d'une main implacable en l'attirant à lui, puis de son autre main s'empara de sa dague à sa ceinture, et il lui enfonça plusieurs fois la lame dans la gorge, y compris longtemps après qu'il ait perdu la vie, faisant exploser un geyser de vermeille. Déjà le sol par delà les éclaboussures qui s'éjectaient de partout se teignait de rouge dans le courant de l'action qui à peine seulement avait ouvert le bal. L'archer, responsable du tir sur la victime elfe, ayant hésité, stupéfait, à battre en retraite devant la vision de leur propre échec dans cette zone face à un homme presque à poil, tenta quand même sa chance, et après avoir de nouveau encoché, décocha sa flèche sur son mortel ennemi. Manque de bol, celui-ci s'était abrité sans vergogne derrière sa victime érigée en bouclier humain s'attirant le tir en pleine poire, et le Mabari en toute intelligence en avait profité pour se ruer sur l'archer alors qu'il était focalisé sur sa cible, et lui avait sauté dessus d'une force terrible, le projetant violemment en arrière, les poumons du pauvre humain vidés d'air par le choc. Cherchant immédiatement les endroits uniquement protégés par le cuir ou la maille, le Mabari lui dévora la chair de façon si monstrueuse que l'homme mourut aussi bien de crise cardiaque que de la perte de sang dans une douleur horrible causée par une rage animale irrépressible..

Tout s'était passé très vite, s'était achevé très vite. Moins d'une minute avait passé. Joruth, empli du sang d'un autre et le danger passé, balançant sa victime et en même temps son bouclier humain au sol, ne se laissa même pas le temps de reprendre ses esprits, se précipitant paniqué sur le corps de sa compagne. Elle était encore vivante. Que de temps perdu à combattre alors qu'elle se vidait de son sang !

<< - Mon... Monseigneur ! >>
s'écria alors-celle ci en s'agitant comme une damnée, hoquetant, des larmes surgissant en nombre de ses yeux.

<< - Chuut ! >>


<< - Monseigneur ! Monseigneur ! >>


<< - Lyn ! reste calme ! >>
Joruth considéra la blessure. La flèche était solidement implantée en elle. Sa compagne s'agitait, toute paniquée, et cette panique le contaminait horriblement bien qu'il tenta de garder son calme au maximum. Plus facile à concevoir qu'à faire...

<< - Mon...monseigneur, je ne vois plus rien , JE NE VOIS PLUS RIEN ! >>


<< - Ca va aller ! Ca va allez ma douce ! Tout ira bien ! >>


<< - J'ai.. si froid ! >>
acheva celle-ci plus pâle qu'un mort vivant, puis la vie finit peu à peu par quitter ses yeux.

<< - Lyn cesse de gigoter, laisse moi regarder, je vais te la retirer ! >>
Mais celle-ci, pas exactement comme il le désirait se figea, ne fit plus un mouvement. Joruth fit des gros yeux, bouleversé.

<<  Lyn, LYN, reste avec moi ! >>
Joruth, laissant quelques larmes de rage sortir de ses yeux, il la prit avec force dans ses bras, et la posa sur le lit, s'agenouillant au-dessus d'elle,emprisonnant son visage entre ses mains et la secouant.  << Non, non, non, non, non, ne me fais pas ça ma belle, ne t'en vas pas ! Reste avec moi ! >>

Mais elle ne bougeait plus à présent, définitivement, ses yeux vides grand ouverts sur lui. Et il se rendit vite à l'évidence. Elle était partie. Elle était morte. Silencieux, en perdition, l'amant délaissé à lui-même, au milieu des morts et du sang, son Mabari aussi triste et silencieux que lui à ses côtés, s'assimilait à un mort-vivant, toujours affalé au-dessus de l'elfe décédée d'une mort violente. Il dévisagea longuement la jeune femme d'une beauté toute désincarnée, fixement, d'une manière étrange, comme s'il avait finalement perdu le fil, comme s'il n'était plus. Les secondes défilèrent, défilèrent, défilèrent, sans qu'il ne réagisse, la mort dans l'âme.

Puis, il se rapprocha d'elle et lui posa finalement un baiser appuyé sur ses lèvres encore chaudes.

<< Pardonne moi ma beauté, je n'ai pas su te protéger. >>
lui murmura t-il une dernière fois, réprimant un sanglot en faisant la grimace. Puis, il se releva, essuyant ces quelques larmes inutiles et le visage défiguré par la haine, il se reprit. Première chose à faire, se vêtir, et s'armer rapidement. Il avait l'intuition que ça ne faisait que commencer. L'instinct de survie était encore la meilleure valeur lors d'un combat traître. Votre humanité en était réduite, mais votre efficacité multipliée. [/justify]

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Gyapple

Mon dieu que tu écris bien. Je viens de tout lire d'une traite, et j'adore, c'est... Ouah.
Le scénario Humain Voleur/Guerrier est l'un des plus profond au niveau politique (avec celui du nain noble) à mon sens, donc le redécouvrir mais avec une profondeur sentimentale (faut dire, le warden ne parle beaucoup, c'est nous qui imaginons ses émotions internes) et bien écrites en plus...
Bon. Pas besoin de te faire cinq paragraphes pour dire que j'ai aimé hein?

Le seul point négatif serait peut être la taille d'écriture, que je trouve un peu petite, mais sinon... A quand la suite? :D
" As-tu peur Pirate? "
[...]
"Cela ne fait qu'augmenter mon appétit."

Blog sur les jeux-vidéo, let's go! http://geekypomme.blogspot.fr/

Twitter aussi juste là, BECAUSE @RavenPomme

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Jaqen

15 octobre 2013 à 22:01:48 #8 Dernière édition: 16 octobre 2013 à 09:05:54 par Jaqen
Citation de: Gyapple le 15 octobre 2013 à 20:39:48
Mon dieu que tu écris bien. Je viens de tout lire d'une traite, et j'adore, c'est... Ouah.
Le scénario Humain Voleur/Guerrier est l'un des plus profond au niveau politique (avec celui du nain noble) à mon sens, donc le redécouvrir mais avec une profondeur sentimentale (faut dire, le warden ne parle beaucoup, c'est nous qui imaginons ses émotions internes) et bien écrites en plus...
Bon. Pas besoin de te faire cinq paragraphes pour dire que j'ai aimé hein?

Le seul point négatif serait peut être la taille d'écriture, que je trouve un peu petite, mais sinon... A quand la suite? :D

Ton commentaire fait au chaud au coeur. Il m'a frappé dans les entrailles. Merci et très heureux que tu ai apprécié ! :)

En effet, le Warden ne parle pas beaucoup par les émotions, donc du coups, oui on est un peu obligé de l'humaniser nous même par la pensée en se basant sur nos choix de dialogue ! xD

J'ai aimé toutes les origines. Mais l' origine humaine a été ma préférée, car elle a eu un puissant impact sur moi.  J'ai haï Howe durant tout le jeu, alors que pourtant, je ne connaissais ma famille que depuis 5 minutes dans le jeu ! C'est ça la magie Bioware ! La magie Dragon age ! ;D

Pour la police, je pourrais voir à l'augmenter si tu le souhaite vraiment ?

edit : suite arrivée. Et la suite dans probablement deux jours.  J'essaie d'écrire quand j'ai peu de temps par rapport à l'IRL, donc du coups ça va un peu en vitesse croisière !

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Jaqen

16 octobre 2013 à 00:44:40 #9 Dernière édition: 14 janvier 2014 à 19:16:28 par Jaqen
[Justify]
[size=16]Arc trahison de Howe et bataille perdue. ( suite )[/size]


<< Allez ! Brisez moi cette foutue porte et que ça saute ! Cette garce doit mourir et vite ! >>
s'égosilla l'officier boursouflé de rage, à ses hommes qui s'attelaient rudement à la tâche en balançant des coups de haches répétés contre la porte barricadée, à peine entamée grâce à sa solidité. << Je lui ferai payer au centuple le temps perdu ! >>

<< Grrrrh ! Rrrrh ! Rhhhh ! >>
A l'unisson la troupe de soldats enragés et conspirationnistes se retourna pour découvrir l'origine de ces terribles grognements. Dans leur dos était tout juste apparu une ombre, grandissante, précipitée tout juste sur les lieux. Cette ombre après avoir entamé sa marche sous la lumière des torches prit la forme d'un jeune homme imposant et svelte, d'allure austère et martiale, bouclier et épée en mains. Et pas des moindre, il portait une armure de belle facture qui révélait son appartenance à la noblesse.

Ce n'était pas l'un des leurs. Plutôt une cible potentielle, tous ceux capable de se dresser contre leur maître et ses ambitions devant être éliminés sans la moindre chance et jusqu'au dernier. Sa course stoppée, le jeune impudent se dressa là devant eux, armé jusqu'au dents et prêt à combattre le Créateur en personne s'il fallait, accompagné de son Mabari hérissé sur ses pattes, grondant, crachant, et prêt à fondre sur leur ennemis. Quiconque équipé d'un grain de cervelle en les apercevant, impressionnants et en nombre, s'en serait immédiatement retourné en arrière pour fuir ailleurs sans demander son reste. Mais pas lui, il ne semblait avoir d' yeux que pour la porte derrière eux, celle d' Eleanor Cousland devant laquelle ils se tenaient tous, menaçants, équipés de haches. Peut être la raison de son entêtement.

Dans un cliquetis aussi soyeux que désordonné de maille, le fer implacable mêlé à ses mouvements souples et contrôlés, l'inconscient isolé s'achemina sans compromission à leur rencontre, son regard marron empli de tristesse, sa face défigurée d' une apparente fureur sourde dirigé contre eux, ses yeux gonflés comme s'il avait tout récemment pleuré. Son Mabari, aussi monstrueux de taille et de rage que d'apparence, le suivait pas à pas, ses yeux fauves rougis par la soif meurtrière. Seul et certes accompagné d'un puissant allié contre eux tous, le jeune noble arrogant cherchait manifestement querelle et les soldats en sifflèrent d'admiration devant sa folie ou son courage.

Avec une férocité où entrait une espèce de de détachement singulier, Joruth observa ces soldats moins bien équipés que lui s'arc-bouter, se crisper sur leurs armes sous la menace soudaine qu'il représentait devant son comportement belliqueux sans qu'il n'y ait cependant la moindre peur, la moindre hésitation dans leur yeux et leur réactions. Ces assassins étaient sûres d'eux et déterminés, aveuglés par leur morgue et leur nombre, il lui suffisait de lire dans les yeux de l'officier pour s'en convaincre. Et celui-ci d'ériger sa lame à son adresse et de crier à ses gars :

<< Et bien qu'attendez-vous ? Vous allez trembler devant ce petit pisseux et son animal de compagnie inoffensif ? AVEC MOI ! >>
Alors que celui-ci s'élançait haineusement suivi par ses gars vers les deux deux trouble-fête, Joruth et le Mabari passèrent également à l'offensive d'un pas aussi sûr que précipité, sans attendre leur ennemis venir à eux. Et en pleine course, une mêlée chaotique se créa, se forma, en perpétuel mouvement, en perpétuel évolution ! Un des hommes tenta d'abattre sa hache sur Joruth, mais mal lui en prit à si courte distance, l'épée de son adversaire plus habile et plus vif, lui cingla violemment la figure bien avant qu'il n'ait pu terminer son mouvement, lui écrabouillant les pommettes et le nez dans un geyser vermeille, la tête à moitié découpée sous son casque. Le glas avait sonné pour le malheureux sous les yeux interdits de ses pairs. Le Mabari avait lui contourné la troupe désorganisée en se glissant furtivement derrière sa position. Et tous deux, l'humain et son Mâtin dans un mouvement de tenaille chargèrent en même temps les soldats restants, bousculés, compressés, se marchant dans les pattes..

Assauts et contre assauts, tempête de rage parmi les combattants, orageuse mélodie de grognements, d'injures et de cliquetis implacable. Deux autres hommes s'écroulèrent en même temps au milieu du chaos, terrassés en un éclair par la lame de leur redoutable ennemi, alors qu'ils furent gênés, intimidés, harcelés par le Mabari virevoltant, en constant mouvement, faisant malicieusement sonner ses mâchoires à leur arrières. Ceci afin d'entamer leur confiance, les déstabiliser, et les pousser à la faute, à toujours veiller sur leur dos, apeurés.

Et après un court et brutal échange avec son adversaire suite au précédent mort, tandis que le Mabari sectionnait de son côté la jambe de sa nouvelle victime choisie, le jeune Cousland esquiva d'un entre-chat l'arme dirigé sur son flanc, se fit moins que brume et en un clin d'oeil, tournant sur lui-même, frappa durement le gosier découvert de son opposant d'un revers tranchant de bouclier. Coups fatal à l'ennemi qui lui fit avaler sa glotte masculine, le fit s'étouffer et se tordre sur le sol dans une atroce et lente agonie les mains sur sa gorge. Un autre enragé se ruait déjà sur Joruth totalement insaisissable et repoussant tout assaut derrière la forteresse de son bouclier qu'il mettait en exergue d'une magie saisissante. L'enragé venu à lui était l'officier lui-même qui dirigeait la petite troupe fortement réduite à présent. Et en duo, épée et bouclier contre hache, les deux mortels ennemis s'opposèrent et s''affrontèrent dans un violent bras de fer, emportés dans un tourbillon de haine, de rage et de folie meurtrière. Toutefois le combat pathétiquement inégal en face à face, Joruth finissant rapidement par avoir l'avantage, fit sonner avec son bouclier le crâne du coquin décoiffé qui titubait en arrière, avant de lui envoyer violemment sa botte à la poitrine le faisant ainsi tomber à la renverse, désarmé et le souffle coupé. L'ennemi lamentablement défait en fut le premier secoué, n'ayant jamais eu à combattre pareil ennemi.

<< - Grâce ! Grâce ! >>
cria immédiatement le chef de la troupe ennemie blanc comme neige et faisant dans ses chausses à son bourreau devenu aussi effrayant à ses yeux que le pire des démons, aussi mortel que la foudre soudaine. Mais le jeune Cousland pris d'une fureur assassine, sans aucune considération pour les paroles prononcées par le supplicié, tel un barbare sanguinaire lui planta fiévreusement sa lame en pleine face sous la visière de son casque. Svear acheva le dernier effondré sur le sol d'un coups de croc bien placé sur sa carotide. Le chant de l'acier prit fin brutalement, les vaincus renvoyés dans un autre monde, les vainqueurs débarrassés de leur engeance. Et un silence de plomb remplaça finalement l'orage métallique. Haletant, sorti victorieux du combat, mais nullement en paix, Joruth entouré de cadavres se précipita alors à la porte.

<< Mère ! Ils sont tous morts ! C'est moi, ouvrez !  >>
Et sans attendre, la porte déchiquetée de part et d'autre après avoir été déverrouillée, s'ouvrit à la volée. Et une femme d'allure noble, digne dans son armure apparut, estomaquée, constatant le carnage à l'embrasure. Puis elle fondit dans les bras de son fils avec un soulagement sans limite mêlé d'une joie irrépressible en lui poutounant la figure, telle une folle hystérique, partout où elle pouvait en dépit du sang et de la sueur que ses lèvres pouvaient aspirer. Mais pour elle, ils n'étaient que la preuve qu'il était bien en vie !

<< WOOF ! WOOF ! WOOF ! >>
s'exclama joyeusement le Mabari en tournant sur lui-même, témoignant lui aussi son contentement de revoir la Dame en vie et en bonne santé, après lui avoir léché les doigts.

<< - Oh mon fils ! Tu es vivant ! Tu es vivant ! Je suis tellement heureuse de te savoir en vie ! Le créateur soit loué ! Tu es venu à moi et tu m'as sauvé ! Mon garçon est venu à moi ! Je craignais le pire ! >> Savoir sa mère en vie tout en la serrant dans ses bras fit terriblement grimacer Joruth alors qu'il tentait de réprimer ses larmes qui lui piquaient sévèrement les yeux. Il remercia silencieusement le Créateur. On lui avait déjà arraché un proche, c'était bien assez. Il ne put toutefois exprimer son bonheur à sa mère, surchargé d'un mélange d'émotions diverses. Eleanor calmée se sépara finalement de lui, les mains crispés sur ses épaules. << Un cri m'a éveillé, des hommes étaient postés dans le couloir, aussi me suis-je barricadée ! Tu es blessé ?  >>  Blessé il ne l'était pas vraiment, pas même une égratignure. Mais Joruth ne s'était jamais senti aussi blessé de sa vie, des images de sa compagne agonisante sous lui, lui revenant en tête, lui-même impuissant et incapable de quoi que ce soit.

<< - Ca va. Je suis venu dès que j'ai pu. Mais.. ils ont tué... >>
Les yeux dans le vague, la vision embuée et floue, Joruth ne put achever, ça lui faisait trop mal. Il avait lâchement abandonné le corps de Lyn derrière lui, à demi nue et figée sur son lit. Sa mère lui prêta un peu de sa force, voyant à quel point son fils paraissait dévasté, en raffermissant son étreinte à son tour.

<< - Reprends toi mon fils ! Fais-le pour moi, je t'en prie ! Rien n'est terminé encore ! As-tu vu leur emblème ? Ce sont les hommes de Howe ! Pourquoi s'en prennent-ils à nous ? >>
Oh, oui il l'avait remarqué... Une colère sourde le disputait à la consternation face à cette évidente trahison.. La haine insinuée en lui tel un poison, lui fit en quelque sorte retrouver ses esprits. Oui, il retrouvait sa lucidité en restant focalisé sur la colère, l'indignation et la haine, et il lui sembla qu'une grande partie de la douleur ressentie s'évaporait un instant. Mais cela lui reviendrait à la figure, tôt ou tard, et lui causerait énormément de mal, il le savait.

<< - C'est une trahison, Howe a profité du départ des troupes pour attaquer. >>

- << Mais pourquoi bon sang, dans quel intérêt ? Nous ne lui avons fait quoi que ce soit, jamais !  >>

<< Je gage que le nous saurons dans un futur proche, si on s'en sort. Il reste encore à découvrir ce qu'il se passe exactement. Mais il n'est pas nécessaire de compter des griefs personnels dans ses bagages pour motiver l'ambition, mère. >>


<< - Et donc le retard des troupes de Howe, toute cette pagaille, toute cette comédie pittoresque n'a juste été qu'un vulgaire leurre, en vue de cet infâme conspiration ? Ah le traître, je l'égorgerai de mes propres mains ! >>
Ils devisèrent rapidement de la marche à suivre et la priorité était de retrouver Oriana et Oren avant de s'enquérir de Bryce Cousland, époux et paternel, seigneur de Hautecime. Sans lui, rien n'avait de sens, et ils l'aimaient à ce point qu'ils étaient prêt à perdre la vie pour le sauver. Ils accoururent dans les couloirs vides, des cadavres en tout sens éparpillés sur leur chemin, vers les appartements de la famille de Fergus, laquelle Joruth avait promis de veiller comme la sienne.... Arrivés sur les lieux, les yeux s'ouvrirent en grand, s'écarquillèrent, les respirations interrompues. Une scène bouleversante s'étendit sous le regard mortifié des deux Cousland. L'horreur les étreignit, et ils se figèrent devant la vision terrifiante qui s'imposait à leur yeux. Du sang partout dans la pièce. Oriana, la femme de Fergus avait le ventre réduit en charpie, martelée de coups de couteaux en long et en large, sa vêture rougie à moitié déchirée, Oren, guère reconnaissable après ce qu'il avait subi. Un cri retentit, c'était celui de Eleanor Cousland.

<< NON ! Quelle sorte de monstres massacreraient ainsi des innocents ? >>


<< Mère détournez vous, ne regardez pas ! >>
Joruth voulut la prendre dans ses bras, mais elle le repoussa, prise de rage, avant de se laisser tomber à genoux en pleurs et meurtrie, meurtrie telle la grand-mère qu'elle était à l'égard de ses petits-enfants et la famille de l'un de ses fils adorés, tous assassinés. Des larmes glissant silencieusement de ses yeux et faisant un immense effort pour se contenir, elle caressa du bout des doigts le pauvre Oren, tout enfant qu'il fut, défiguré sauvagement. Joruth fit un pas en direction de sa mère, une main crispée sur son épaule, en soutien.

<< Oh si je vais regarder ! Je veux m'en souvenir le jour où Howe se traînera agonisant à mes pieds ! Pauvre Fergus. Lui si épris de sa femme et de son fils, si heureux. Il en aura le coeur brisé à jamais.  >>


Le coeur battant, Joruth luttant contre les les brumes qui envahissaient son esprit, essuya la sueur qui perlait à son front, lançant par inadvertance un regard tendu aux morts qui l'accusaient de leur silence. Ceux sur qui il aurait dû veillé. Encore des gens qu'il n'avait su protéger. Tout ce qui arrivait semblait tout droit sorti d'un cauchemar, il n'arrivait toujours pas y croire. Saisi d'un dernier haut le corps, sa mère se releva et prit les devant en sortant la première avec furie, telle une tornade. << Allons-nous en, je ne veux plus voir cela. Il nous faut retrouver ton père ! >>[/justify]

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Gyapple

Tout le plaisir est pour moi!
Tu m'étonnes, Howe est un bel en... Emplumé? Je l'ai détesté avec une telle force lors de ma partie Humaine Voleuse. C'tait la vengeance qui a d'abord motivé ma warden, les engeances sont venus un peu après. :p
Dans tous les cas, j'apprécie encore plus cette suite! Pauvre Joruth, et c'est pas fini...
Vivement dans deux jours alors!

(et si ça ne te dérange pas, j'aimerai bien oui. Même si j'ai des lentilles de contact, ça reste un peu difficile. :D )

" As-tu peur Pirate? "
[...]
"Cela ne fait qu'augmenter mon appétit."

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Jaqen

19 octobre 2013 à 09:21:46 #11 Dernière édition: 14 janvier 2014 à 19:52:50 par Jaqen
[Justify]
Arc trahison de Howe et bataille perdue. ( suite ) [/font]


Des cris sauvages, impitoyables, s'arrachaient sans fin ni cesse dans les ténèbres glacées, faiblement éclairées. Les Troupes de Howe étaient passées à l'action, avec la promesse d'un carnage sans nom, le sang versé sans discrimination. D'une célérité extraordinaire, d'une brutalité sans pareille. Les vulgaire hommes en armures, paisibles et accueillis avec autant de sympathie que si on recevait un ami chez soi sous le feu orangée du soleil, s'étaient métamorphosés en bêtes immondes à la tombée de la nuit, méconnaissables. Hommes et femmes en haillons ou sous de hautes coutures fereldan, innombrables et désarmés, fuyaient en travers de leur chemin rougissant toute plateforme, en poussant des cris qui n'avaient rien d'humain.

Et la ville vomissait en nombre ses morts sous leur poursuite acharnée et les frappes mortelles de leur rapières maniées pour exterminer, comme on le faisait de la vermine. Les premières victimes affreusement outragées, émergeaient encore en tout sens avec des hurlements déchirants en rampant presque, des hommes brûlés à la torche, plus d'un certain nombre les jambes brisées sous eux sous les coups d'armes contondantes, d'autres ensanglantés qui suffoquaient dans une mare de sang, à l'agonie. On tenta de s'enfermer chez soi, on mit en avant son marmot entre ses bras pour tenter d'attendrir le coeur de pierre de ses bourreaux, on s'apitoya, on ploya le genoux, on supplia en s'arrachant les cheveux de dépit, mais les têtes roulèrent implacablement, sans distinction. Les hommes d'armes ne laissaient aucun survivant derrière eux, enfants compris.

<< Non ! >>


<< - Pitié ! Pitié ! >>


<< - Createur aide nous ! Accorde nous ta miséricorde ! >>


<< - Ils arrivent de ce côté ! >>
Tout paraissait foutre le camps... Le feu jeté volontairement ici et là décuplait la terreur, d'épaisses fumées noires montant rageusement des flammes qui sous forme de bûchers intenses, illuminaient les ténèbres en une multitude de points rougeâtres. Des foyers pris dans le feu de l'action furent incendiés. Atterrés, désespérés, acculés, des gens asphyxiés encore en vie et chanceux sortaient en pleurs sous les flots de poussières noires, avant d'être fauchés puis abattus par des tirs d'archers.

Et à côté de ce bain de sang, des furieux combats avaient lieu un peu partout entre les défenseurs si maigres en effectif, incapable de protéger les populations, et la horde sanguinaire écrasante de Howe dont la puissance et la force s'assimilaient en comparaison à un coups de marteau rageur contre un morceau d'acier résistant. Au lieu de lignes de bataille dans les rangs ici et là ne se distinguait plus qu'un magma mouvant de bannières et d'acier entre groupes de soldats. La ville à l'intérieur de l'enceinte du château retentissait de cris et de beuglements. Les guerriers et spadassins des deux camps dans leur violent bras de fer chargèrent, tournoyèrent, chargèrent de nouveau, taillèrent des croupières sanglantes, chaque faction à demi défaite battant en retraite pour se reformer entre les maisons. Du vacarme assourdissant que faisaient les haches, épées, rapières en s'abattant sur les boucliers, sous les sifflements des flèches, émergeaient les hennissements claironnants de chevaux tout près d' écuries abandonnés, épouvantés et à la merci des flammes.

Et quelque part au beau milieu de ce chaos, de toute cette pagaille, Eleanor Cousland et son fils, ayant élaborer un plan pour retrouver le Seigneur de Hautecime, se faufilaient et se taillaient un chemin par la poigne de fer et le feu de leur volonté, soigneusement escorté par leur féroce Mabari. Quelques soldats isolés y avaient déjà fait les frais. Et d'autres à nouveau encore.

<< - Meurs, Misérable ! >>
vociféra Eleanor Cousland d'une fureur sans nom en plongeant son épée dans la poitrine de son ennemi, traversé de part en part, avant de la lui arracher brutalement de sa chair éviscérée par une botte rageuse. Joruth d'un vif mouvement de contre-balance au cours de sa violente joute fit basculer son premier adversaire imprudent d'une brusque poussée d'épaule, son corps tout entier dévoué à l'assaut, férocement impliqué dans le combat. Et abandonnant négligemment sur la pierre nue telle une chaussette sale son adversaire à son Mâtin enragé qui lui sautait à la gueule, il ferrailla durement contre le deuxième qui isolé et pris de panique finit par battre en retraite, le rattrapa sans peine, et lui abattit sévèrement sa lame derrière la nuque. La masse visqueuse et sans vie disloquée sous lui, le jeune Cousland se retourna brusquement le souffle court, plus qu' alarmé, la chevelure trempée, l'armure et la face rouge de sang.

<< - Mère, nos deux lames et Svear ne suffiront pas. Plus de bras armés et sûrs seront nécessaire ! Sans ça, on arrivera jamais jusqu'aux portes du château, un nombre écrasant de ces chiens croisera notre chemin ! >>


<< - J'en ai conscience Joruth ! Cette ville grouille encore de soldats loyaux qui combattent avec ardeur à cet instant ! Trouvons ce qu'on peut ici et là et regroupons ces forces éparses pour former une puissante compagnie d'escorte. Ton père compte sur nous pour arriver jusqu'à lui, faillir n'est pas une option ! On va s'en sortir, je te le promets ! Allez !  >> 
Sur quoi, sans attendre et sans traîner ils se jetèrent dans une course effrénée, sans rencontrer cette fois d'opposition, dévalèrent les pentes ardues menant à l'atrium, galopèrent dans les rues jusqu'à tomber rapidement proche d'une caserne sur un premier petit groupe de soldats, dont ils reconnaissaient les couleurs et les bannières, celle des Cousland, aux prises avec l'ennemi qui leur tournait obstinément le dos, inconscient du danger. Joruth et sa mère se jetèrent un regard empli de fièvre et de certitude qui ne laissa place à aucune ambiguïté, aucune hésitation, tous deux décidés à tenter le tout pour le tout puisque le temps leur faisait défaut, leur mains raffermis sur leur armes.

<< - Parfait, prenons ces traîtres à revers et sauvons ce qui peut l'être ! >>


Des jurons, des vociférations haineuses et des râles de souffrance retentissaient à l'avant de la petite formation alliée combattant avec acharnement contre des envahisseurs en supériorité numérique, nombre de ses hommes tombés face contre terre. Les hommes d'armes reculèrent lentement mais sûrement en ordre et sans se laisser démonter et non sans causer de terribles dégâts quand alors une femme d'âge avancée en armure suivie d'un jeune homme et de son Mabari s'engagèrent aussi promptement que la foudre dans la tempête et se lancèrent furieusement dans la bataille à leur tour.

Discernables derrière les lignes ennemies, portant les couleurs des Cousland, ceux-ci se précipitèrent d'un pas vif, dansant farouchement d'adversaires en adversaires, ayant visiblement en tête de traverser les lignes au plus vite et au plus loin possible. Leur avance significative avait profité de l'absence de vigilance de l' arrière-garde de l'ennemi pendant qu'ils chargeaient. Eleanor crachant des piques hargneuses et Joruth distribuant mort en silence devancés par le puissant Mâtin qui implacable leur ouvrait la route, ferraillèrent sauvagement, jouant de leurs épées et de leurs corps en rivalisant de brutalité avec les spadassins de Howe. Un nombre effrayant d'hommes surpris s'écroula, assassinés comme des chiens, les cris du Mabari ne s'épargnant aucune tonalité pour saper la confiance tout autour d'eux. La formation ébranlée et profondément entaillée se disloqua à demi, et la peur s'insinua dans les rangs devant cette attaque soudaine et surgie sur leur arrières non protégées.

.<< - MAIS D'OÙ ILS SORTENT CEUX LA ? >>
rugit l'officier ennemi, se rendant compte de cette vicieuse traîtrise et du bordel que ça avait provoqué parmi ses hommes déconcertés et stupéfaits. << DEBARRASSEZ-VOUS EN ! >>

<< - SOLDATS, C'EST LE MOMENT OU JAMAIS ! POUR HAUTECIME ! >>
contra le chef de la formation alliée d'une voix toute aussi forte, n'ayant rien manqué de l'ouverture qui s'ouvrait à lui, le trouble de l'ennemi ayant fissuré sa carapace et ses capacités offensives grâce à l'intervention de ces mortels guerriers soutenus par le créateur en personne. Ressaisis et pleinement investis d'une nouvelle vigueur saisissante, les soldats de Hautecime unis comme le poing de la main pour décocher un violent coups dont l'ennemi ne se remettrait pas, repassèrent vigoureusement à l'offensive et ne tarirent pas d'efforts à employer toutes leur forces comme si le monde en dépendait. Dans le même temps, à l'opposé de leur position les Cousland durent immédiatement stopper leur progression pour ce concentrer sur leur défense, jetant quelques coups d'œil sur leur arrières pour s'assurer qu'eux même ne se fassent pas prendre en tenaille, à tout le moins à portée menaçante.

<< - La peste soit sur vous ! >>
Trois nouveaux hommes tombèrent à s'y essayer de trop près.

La formation d'Amaranthine prise de panique se disloqua pour de bon, et la troupe disciplinée de Hautecime en infériorité numérique lui grignotant les côtés, la dévorant à petit feu, finit par l'engloutir entièrement. Le combat prit fin de la manière la plus expéditrice, sans laisser le moindre survivant en fuite parmi les vaincus. Un spectacle des plus macabres s'étendit alors aux pieds des vainqueurs, alors que le sang versé circulait aisément entre les dalles de pierre et les cadavres qui jonchaient le sol en une multitude de piles indécentes. Un spectacle de mort et d'horreur dont nul ne se soucia, tous épuisés, interpellés, aussi bien ravis qu 'impressionnés qu'ils étaient de reconnaître la Tyerna et son fils, de les retrouver vivants et d'une santé insolente. Des murmures agités s'élevèrent jusqu'à prononcer un brouhaha tandis qu'on les entourait, se serrait autour d'eux, quitte à presque les presser comme des citrons. Tous les regards se rivèrent sur eux, à présent consternés, coléreux, bougrement inquiets ou sincèrement confus.

<< - C'est la Tyerna et son fils ! >>


<< - Le Tyern est-il encore en vie noble Dame ? >>


<< - Vaut-il encore la peine de se battre ? >>


<< - Que devons-nous faire ? >> La Tyerna considéra les hommes avec dignité puis hauteur et leva le poing pour les faire taire.

<< - Ecoutez- moi, écoutez moi tous ! La vie de votre Seigneur et maître, est peut être en grand péril. Il a besoin de nous, j'ai besoin de vous ! Mon fils et moi devons impérativement atteindre les portes du château sans tarder, mais cela ne sera pas sans rudes combats à mener. Il nous faut l'aide d'âmes fidèles qui n'hésiteront pas à risquer leur vies pour mener à bien cette tâche ! >>


Joruth qui s'était tut un instant, les yeux plissés en direction du sol, faisant ainsi acte de toute l'intensité du sentiment de gravité qui le traversait face à son monde qui s'écroulait et au chaos qui l'avait remplacé, redressa soudain la tête avec des lueurs véritablement dangereuses dans ses yeux marrons si vifs et si claires. Il se plaça aux côtés de sa mère, son épée pointée sur elle, et comme il l'avait anticipé, l'attention détournée sur lui par ce geste singulier. Sa voix, tout comme celle de sa mère, fouetta l'air, avec toutefois moins de tendresse qui amenait les hommes à aimer plus que nécessaire, et d'une volonté de fer forçant le respect et la soumission.

<< - Vous avez prêter serment d'allégeance à notre famille, à Hautecime ! Battez-vous pour nous, battez vous comme des diables et versez le sang au nom de notre bannière ! Je compte sur vous pour protéger la Tyerna de tout votre être ! Une femme d'une telle noblesse de coeur n'a pas le droit de mourir ainsi, submergée par des traîtres, des galeux ayant forniqué avec des putains ravagées par la variole ! Tous ensemble, côte à côte, nous avons une chance, nous devons y croire ! >>


<< - Nous mourrons et verserons le sang pour la Tyerna, Monseigneur ! >>


<< - Eradiquons tout ce qui nous barrera la route, sans fioriture et sans perte de temps. Car ce temps nous est compté. C'est clair pour tout le monde ? Alors allons-y à présent ! >>
Satisfaite et se balançant d'arrière en avant, son épée rougie en main, la Tyerna se jeta en avant, suivie immédiatement par le reste. Ainsi Joruth en compagnie de leur troupes respectives lourdement armées, dans un vaste bruit de cliquetis passèrent sous une arche et s'enfoncèrent dans les périlleuses avenues...

Edit : J'arrive pas à augmenter la police. xD ( ça marche dans la prévisualisation, mais ça se confirme pas dans le texte. Oo. Je verrais ça dès que j'ai le temps. Désolé pour la lecture inconfortable, Gyapple.  :D )[/justify]

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Gyapple

C'est pas grave, mes lentilles tiendront, enfin je l'espère! :D
Je trépigne d'impatieeeence, le climax va être atteint!
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Jaqen

21 octobre 2013 à 17:00:21 #13 Dernière édition: 21 octobre 2013 à 17:04:08 par Jaqen
Voilà, fixé, Gyapple, j'ai augmenté d'un cran. ;) ( je ne laisserai pas tes lentilles et tes yeux subir le martyr !! )
En fait, y avait un souci dans la balise size. Fallait rajouter " pt " derrière le chiffre.

Suite prochainement !

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Jaqen

22 octobre 2013 à 23:01:49 #14 Dernière édition: 14 janvier 2014 à 19:53:33 par Jaqen
[Justify]
Arc trahison de Howe et bataille perdue. ( suite et premier texte de la conclusion )


Le palais fortifié était assiégé, encerclé par l'ennemi qui courait en tout sens. A l'intérieur on pouvait distinctement entendre la rumeur de l'ennemi qui rôdait alentour, taillant tout homme vivant ou mort qui se trouvait au dehors, entamant un manège d'encerclement. Affairés comme des fourmis, les guerriers et spadassins de Howe tonnaient d'un côté à un autre, s'immisçaient ici et là. Le grand assaut qui donnerait le coup de grâce, lâcherait la dernière vague qui engloutirait tout sur son passage était minutieusement préparé au pied de l'édifice où l'ennemi s'entassait contre ses murs à la porte principale. Mais l'agresseur assassin s'insinuait déjà dans le même temps par d'autres côtés semant la mort et le désordre, tel un avant goût de l'immonde carnage qui attendrait au tournant la résistance, laquelle envers et contre tout tenait bon malgré les assauts successifs annexes.

A plusieurs reprises les troupes de Howe qui avaient infiltré les lieux s'étaient vu donc repoussées en arrière, face au mur inébranlable de soldats rudement menés par Ser Gilmore profitant tactiquement, de manière impressionnante, de l'étroitesse des lieux et de l'avantage du terrain qui était le leur, avec une détermination sans faille et ce malgré un ennemi redoutable dirigé par un puissant mage.

Des familles et des serviteurs sillonnaient les couloirs du palais dans tous les sens et en désordre, chacun convergeant rapidement vers des zones de non agression, d'autres se contentant de rester près des murs éloignés des combats en versant toutes les larmes de leur corps, particulièrement femmes et enfants, derniers survivants, attentistes devant les évènements ahurissants qui se déroulaient sous leur yeux. Un véritable déchaînement de clameurs et de cliquetis avaient lieu au point le plus chaud, là ou se jouait la terrible mêlée aux grondements et sons assourdissants entre soldats de Hautecime et d'Amaranthine, répondant aux bruits du fracas des armures et des boucliers, jusqu' aux souffles plus diffus des lames qui balayaient l'espace.

Un véritable bras de fer s'opposa à nouveau, une bataille de volonté extraordinaire au coeur d'enjeux déterminants, un flôt de sang s'écoulant dans tout le vestibule et la grande salle du château.. Ce n'était plus qu'une question de temps avant que les défenseurs ne soient tous submergés, le château ayant presque pris l'eau de toute part et par tous les bords. Les options et marges d'erreurs des résistants s'étaient désormais réduites à rien, touchant à l'insupportable. Toutefois, grâce aux renforts de la Tyerna et de son fils surgis eux aussi par l'une des portes annexes au dehors, l'inévitable fut retardé et l'envahisseur mené par le mage de Howe fut bousculé sans préambule, pulvérisé sans fioriture. Un flot d'insultes qui s'éleva encore, un tumulte de voix et de mouvements précipités qui jurèrent derrière et se lamentèrent, puis le silence des armes. Il ne demeura plus que les râles d'agonie, les cris et les vociférations. La bataille après l' entrée en matière d'alliés n'avait pas été bien longue. La bagarre fut vive mais la fureur de la défense renforcée en hommes avait épouvanté les agresseurs et raccourci effrontément l'issu du combat, leur faisant gagner du temps.

- << Courage ! Ces traîtres ne doivent pas passer ! Tenez la porte ! >>
ordonna d'une voix éraillée Ser Gilmore, qui malgré l'entaille énorme à sa poitrine ne perdait pas de vue son objectif de défendre coûte que coûte le château. Des coups de béliers se percevaient durement de l'autre côté, et les hommes d'armes du château s'échinaient dans le même temps à renforcer les barricades avec nombre de meubles encore entier afin de barrer la route à l'agresseur tout proche et lui mener la vie dure.

Joruth, devenu orage depuis le début du conflit et débordant toujours d'énergies incontrôlées presque douloureuses tant était la force et le caractère de sa détermination à survivre, s'enquit immédiatement de son entourage, tournant la tête en tous en sens. Soulagé d'apercevoir sa mère, Ser Gilmore et son Mabari indemnes, son oeil fit un petit détour par son bras atteint et blessé, avant d'embrasser la grande salle en détail, l'esprit ravagé et le coeur au bord des lèvres. Une vision monstrueuse, un véritable cauchemar. Les murs repeints en vermeille, des cadavres partout, les siens mélangés à ceux de l'ennemi. Et parmi eux des braves et des fidèles qui les avaient escortés dans les rues de la ville, ayant combattu vaillamment à leur côté, victorieux à chaque opposition, avaient trépassé.

Emergeant des tourbillons tumultueux de ses pensées et de sa tourmente, le jeune Cousland blessé brava la distance qui le séparait de sa troupe personnelle réduite en menues morceaux, ses hommes presque tous flanqués au sol, gisant immobiles dans une mare de sang s'écoulant sans discontinuer sur le sol souillé du marbre luminescent. L'âme endeuillé, en quête d'un signe de vie quelconque ici ou là, d'un vain espoir, d'une chance inexistante de survie chez l'un d'eux. Mais guère de tout ça, sa formation ayant tout donné, tout abandonné pour le protéger lui et sa mère, éradiquée par son noble sacrifice. Néanmoins, désespéré, le jeune noble se traîna inlassablement au-dessus de chaque corps figé, uniquement accueilli par des faces aux teints cendreux sans aucune étincelle de vie, les traits indescriptibles. Ils étaient morts, tous morts. Et ce qui restait l'était presque, les vivants agonisant de souffrance, soufflant comme des boeufs à la suite de leur blessures infligées par l'ennemi, affreusement épuisés par les combats qui n'étaient pas prêt de cesser de les rompre un par un, tenant à peine debout le dos arrondi. Ils ne tiendraient pas longtemps, ils s'effondreraient au prochain assaut des troupes de Howe. C'était garanti à vue d'oeil, même pour quiconque n'avait jamais pris les armes.

<< - Vous êtes blessé ! >>
s'écria la Tyerna à l'adresse de ser Gilmore tandis que son fils n'ayant rien perdu de leur conversation atterrissait tout juste à ses côtés, l'oeil très inquiet pour son ami et fidèle compagnon d'arme qui pissait le sang comme un cochon. Ses cheveux roux filasses qui pendouillaient sur ses yeux verts et profondément enfoncés dans sa face osseuse aux traits douloureux, lui donnaient un aspect sinistre.

<< - Ne vous inquiétez pas noble Dame. Vous êtes sain et sauf et c'est tout ce qui compte ! Dès que j'ai compris ce qui se passait, j'ai immédiatement donné l'ordre de fermer les portes ! Hélas elles ne tiendront pas longtemps et l'ennemi est déjà sur nous en d'autres lieux, l'eau déborde de toute part. Il faut vous mettre à l'abri ! >>


<< - Avant toute chose, nous devons retrouver mon père. Sa vie est à ce prix que nous sommes prêt à tout risquer pour le retrouver. Où est-il ? >>

<< - Votre père, dénudé aussi bien de son armure que de son épée était gravement blessé, titubant presque, le corps affreusement rougi de son sang au premier coups d'oeil jeté. Malgré tout, il vous cherchait comme un démon fou furieux pourchassant sa proie, n'écoutait rien de mes supplications à le voir s'en aller. Je crois qu'il a filé vers les cuisines de l'arrière cour près du cellier. Il pensait certainement vous retrouver là-bas ! >>
Joruth le visage dévasté de chagrin fit un pas, et posa un bras empli d'émotion sur l'épaule de Ser Gilmore aussi troublé par ce geste fort d'amitié à son égard qu' attristé par le mauvais sort qui les avait frappé.

<< - Venez avec nous, c'est peine perdu, tout est fini. Je refuse de voir un homme de votre trempe, aussi loyal et serviable disparaître aussi brutalement ! >>
Le chevalier, les larmes aux yeux, tout autant que son ami et seigneur, posa à son tour une main fraternelle sur le bras de Joruth, et grimaçant sévèrement pour retenir l'eau de son corps, secoua la tête avec insistance.

<< Non, mon seigneur. Ma place est ici. Je dois préserver la cohésion des derniers hommes, debout et combattant encore pour vous malgré le désespoir de notre situation, assurer votre protection en gagnant le plus de temps possible ici même. >>
En dépit de la teneur de ces propos déterminés, Joruth vit bien ô combien il fut difficile pour Ser Gilmore de les prononcer, de refuser sa proposition opportune qui le libérerait brusquement du fardeau de son devoir et le sauverait peut être, ses yeux égarés dans le vague et la mélancolie, son corps entier secoué de tremblements. Ser Gilmore n'avait pas envie de mourir aussi jeune, il voulait vivre des années encore, accomplir ses rêves, s'élever au-dessus de sa condition ou achever des grandes choses comme il se l'était promis et l'avait promis à son père. A présent c'était devenu impossible, toutes ses ambitions brisées à jamais. L'homme avait sans hésiter choisi l'accomplissement devoir et l'honneur à la vie. Tous deux le savaient pertinemment. Chevalier il avait aspiré être, chevalier était-il devenu, chevalier il mourrait. Et Joruth l'aima pour ça. N'y tenant plus, impressionné par tant de force de caractère et tant de loyauté chez un coeur, le jeune Cousland se rapprocha encore et le serra bravement dans ses bras, d'une manière toute masculine, étreinte vigoureuse à laquelle Ser Gilmore répondit promptement et tous deux, en frères d'armes pleurèrent silencieusement d'un commun accord, devant la Tyerna aussi mortifiée qu'eux le visage mouillé de larmes.

<< - Merci du fond du coeur, Ser Gilmore. Puisse le créateur vous protéger ! >>
Et ce dernier se séparant brutalement de Joruth, comme avec un frère sentimental un peu trop encombrant, inconsolable et malheureux, il dit une dernière fois :

<< Puisse-t-il nous protéger nous ! >>
Sur quoi sans se retourner, comme s'il eut peur de faiblir s'il s'y risquait, il rejoignit ses hommes à la porte, abandonnant derrière lui les Cousland qui n'avaient jamais été aussi déboussolés de leur vie, eux aussi sur le départ, en direction des cuisines.[/justify]

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