11 juillet 2020 à 01:05:22

Nouvelles:

Forum en cours de rénovation, désolé pour les perturbations ! [Natara]


Fanfic : Le Garde des ombres.

Démarré par Jaqen, 10 octobre 2013 à 13:20:00

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Jaqen

22 octobre 2013 à 23:04:36 #15 Dernière édition: 14 janvier 2014 à 19:54:37 par Jaqen
[Justify]

[ Fin de l'arc trahison de Howe et bataille perdue]



Bryce Cousland sortit de nouveau de l'inconscience face contre terre, dans un monde en proie à l'agitation et au chaos, seul et grelottant de froid dans un endroit sombre et silencieux comme la mort. Son univers détruit, le souffle court, le coeur et la nausée au bord des lèvres. Et défilait sans fin ni cesse des images horribles dans sa tête tandis qu'il s'échinait de ses doigts maladroits à boucher les trous dans sa chair percée qui le faisaient ni plus ni moins se vider de son sang. Ni son corps ni son esprit ne paraissaient se remettre de ce coups fatal porté par ses ennemis qu'il avait pitoyablement pris pour des amis, de cette trahison infâme, ni de ces blessures infligées à lui et à son peuple tout entier. Ses soldats et tous ses gens menacés du même sort douloureux, massacrés sans vergogne, parmi lesquels on retrouvait nombre d'enfants innocents.

Ces légions de monstruosités levant et laissant retomber leur épées en une vaste boucherie, elles avaient disparu momentanément, il s'en était momentanément détourné dans le cellier, mais elles étaient toujours là, dans sa tête. Ces monstres riaient encore tandis qu'ils s'en prenaient aux siens, sans qu'il ne puisse rien faire pour les en empêcher, lui le Seigneur de Hautecime, si facilement abusé et trompé, lui qui avait juré de protéger tous ceux qui lui avaient promis obéissance. Nombre de larmes de rage surgies à flot sur son visage chagriné se mélangèrent au sang pour lui créer un masque de carnaval grotesque et incongru. La mort l'arrachait peu à peu à cet univers brutal et sanglant, il le sentait, il le savait.

Des milliers d'aiguilles semblèrent s'enfoncer à l'unisson en lui, son corps si affaibli tandis qu'il s'agitait, faisait un effort pour se mouvoir. Sa respiration fut comme momentanément interrompue, l'air avait déserté ses poumons en même temps qu'une douleur aigu s'était affirmé haut et fort au niveau des côtes. Pataugeant piteusement dans la mare de son sang, Bryce, la poitrine et son flanc gauche sauvagement ravagés, réussit à s'étendre telle une masse molle et désarticulée contre un sac de patates pour pouvoir y pleurer de toutes ses forces et de manière confortable, ses jambes devenues peu utiles étendues sous lui. Et il pleura, y alla tout de go sans aucune hésitation, sans jamais s'interrompre.

Il pleura pour sa femme, il pleura pour ses fils, il pleura pour son petit fils qu'il ne reverrait guère avant de de disparaître pour de bon. Il désespéra pour son domaine arraché à sa famille et l'injustice qui en résultait sans personne pour s'en soucier une fois tous les Cousland évincés de l'histoire. Trop indigné, trop consterné, l'homme ne put guère trouver réconfort dans la lumière de souvenirs heureux, comme le faisait penser les histoires qu'on lisait dans des livres à l'approche de la mort pour les protagonistes. Tout était noir dans son esprit qui océan de noirceur l'engloutissait entièrement et l'aveuglait sans peine.

Haine, colère incommensurable. Il n'avait pas mérité ça. Que ne donnerait-il pour abandonner son humanité et charcuter un corps en particulier... Celui de Howe, ce misérable traître ambitieux. Des bruits de pas précipités se firent entendre dans le cellier, et lorsque Bryce dont le regard défaillait dans le flou, se laissant lentement dériver vers un autre monde, reconnut une voix de femme qui l'appelait, cette lumière qu'il recherchait tant vint à lui et de nouveau il se sentit pleinement vivant, comme jamais depuis qu'on l'avait tailladé en pièces. Il s'agissait de sa femme escorté de son fils, tous deux en vie, accourant à lui, à son chevet au-dessus de son corps en piteux état. Il en versa des larmes de soulagement, presque de bonheur au milieu de tout ce chaos, de tant de malheur.

<< Vous...voi..là...en..fin. >>
Sa femme affreusement inquiète qui après l'avoir durement enlacé en dépit de ses plaies béantes, lui caressait tendrement le visage, ne lui avait jamais paru aussi belle. Si chanceux de l'avoir rencontrée durant sa fougueuse jeunesse, durant les tourments d'une autre guerre... Il tourna difficilement la tête vers son plus jeune fils, sa progéniture, son sang, fruit des entrailles de sa bien-aimée. Si fier du valeureux jeune garçon qu'il était devenu.

<< -  Bryce, par le créateur vous saignez abondamment ! >>

<< - Ce sont... les... hommes de howe... qui m'ont.. fait ça. >>


<< - Comment êtes vous arrivé jusqu'ici, vous pouvez à peine bouger ! >>


<< - Duncan... m'a... trouvé... et... conduit.. ici >>


<< Il vous a laissé seul ? Baignant dans votre sang ? Nous devons vous sortir d'ici au plus vite ! >>


<< - Je...n'en.. n'ai.. plus.. pour.. longtemps.. je.. crois >>

<< - Je... >>
C'était les premiers mots que Joruth avait prononcé depuis son entrée dans le cellier, en véritable témoin absent de la vive conversation entre ses parents. Assommé, tout tremblant, le jeune seigneur n'avait d'ailleurs pas volontairement posé genoux à terre aux côtés de sa mère. Il s'était littéralement laissé tomber sur le sol sans que son cerveau ne l'ait décidé le moins du monde, ignorant la douleur qui l'avait envahi par cet abandon soudain de son corps et ce geste incontrôlé. Choqué, terriblement sonné par la vision de son père pataugeant dans son sang sous ses yeux, il semblait avoir été transformé en pierre, sa figure figée dans une horreur imprescriptible. Il ne réagissait plus, ne parlait plus, n'existait plus, ses traits devenus presque transparents sous une soudaine pâleur effrayante, une expression d'incrédulité mêlée à celle d'une meurtrissure indicible, éternellement fichées sur son visage juvénile.

La marque d'un homme foudroyé, terriblement affecté et qui ne pourrait jamais oublier. La figure d'un homme convaincu, qui avait cru, qui avait espéré, qu'on avait frappé d'un poignard dans le dos, qu'on avait trahi lui et ceux qu'ils aimaient. Un homme qui voyait tout s'effondrer autour de lui comme un château de cartes. Immobile, pétrifié et l'esprit au pied du mur, le jeune Cousland avait momentanément sombré, comme mortellement atteint. Mais brusquement il reprit vie. Il ne perdrait pas son père ! Cela ne se pouvait !

<< Je vous porterai s'il le faut ! >>
proclama Joruth avec plus de fermeté au seigneur de Hautecime, la voix cependant brisée, remis à peine du choc émotionnel subi. Jamais il n'aurait cru voir son paternel si fort d'âme et de caractère s'apitoyer sur lui-même dans la mare de son propre sang. Il en eut tout simplement la nausée, la réaction au danger lui ayant épargné seule la vomiture régurgitée par son estomac.

<< - Je.. me.. vide.. de mon sang, je ne.. devrais pas.. être trop lourd.. fils... >>


<< - Bryce ce n'est pas le moment de plaisanter, la sortie est toute proche, nous pourrons trouver de quoi vous panser une fois en lieux sûr. Il faut faire vite ! >>


<< - Jamais... je n'y... arriverai... Le.. château est... en..cerclé.. Vous... ne.. passerez.. jamais.. avec moi.. Vous... devez.. prévenir Fergus.. >> A ces mots douloureusement prononcés, la porte s'ouvrit brusquement à la volée et un homme basané d'une taille gigantesque, imposant par sa musculature, presque taillé dans le marbre, entra en scène, épée en main. Le sang avait recouvert de manière impressionnante toute son armure. Il semblait particulièrement mortel et redoutable, son ombre étendue et grandissante derrière lui, tel le sombre et fier garde des ombre qu'il était, tous reconnus comme des combattants d'élite et de légendes, depuis longtemps oubliés.

<< - Le Tyern a raison, nous ne passerons pas sans difficultés. Le château est encerclé. Je suis même surpris que vous soyez parvenu jusqu'ici. >>


<< - Mais alors vous êtes Duncan ? Le créateur en soit loué, par chance, mon fils était là pour me protéger, j'y ai pu réchapper et arriver jusqu'ici. >>


<< - Cela ne m'étonne pas. Votre fils est une perle des plus rares dans toute la contrée de Ferelden, laquelle j'ai passé au peigne fin en long et en large. Il n'y en a pas deux comme lui dans tout le pays. >>


Et rapidement ils devisèrent de la marche à suivre sans que Joruth n'ait son mot à dire pour son plus grand malheur, sans que nul ne consente à lui demander son avis. De terribles décisions furent alors prises qu'il ne put que contester avec indignation. On lui imposait d'abandonner ses ambitions pour la garde des ombres dont il n'avait cure, on lui demandait de fuir d'abandonner ses parents derrière afin qu'il puisse survivre. Particulièrement sa mère, qui bien qu'en bonne santé se refusa à délaisser son mari. Elle couvrirait leur fuite jusqu'à la mort ! Inacceptable pour Joruth, mais on ne lui en laissa pas le choix et il céda, sous la pression du danger qui approchait et de l'insistance de tout le monde concernés par son sort, seul contre tous. Le jeune Cousland n'avait d'ailleurs plus la force de s'opposer à quoi ce soit, harassé, défait.

<< - Howe essaie... de profiter du chaos et monter en grade... par sa trahison, donne lui tord mon enfant ! Que justice soit faite ! Dans notre famille... le devoir a toujours guidé.. nos actes.. L'engeance doit être vaincue. Pars, pour ton propre bien, et pour celui de Ferelden ! Préviens ton frère et n'oubliez... jamais... à quel point... nous vous aimons ! >>


<< - Adieu mon fils ! >>
lui glissa sa mère aux côtés de Bryce Cousland, un dernier sourire attristé aux lèvres.

<< - Allons-y ! >>
fit Duncan en ouvrant la marche puis disparaissant dans le noir . Joruth résigné le suivit au dehors, mais après quelques pas, il se retourna et se rua en deux-trois mouvements sur sa mère.

<< - Je ne peux pas vous abandonner ! Pas comme ça ! >>
Une pluie de larmes ruissela à torrent sur le visage juvénile et blême de l'enfant devenu adulte, puis retombé à cet instant dans l'enfance, ayant bougrement du mal à quitter ses parents. La tête logée au creux de son épaule, il enserra sa mère comme jamais, d'une force peu commune, l'emprisonna avec férocité, l'étouffa durement, une passion inhabituelle le submergeant, explosant en lui.

<< Je t'en prie Joruth, ne rends pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà ! Ne me complique pas la tâche de te laisser partir ! >>
s'écria sa mère emprisonnée entre ses bras d'une voix larmoyante en raffermissant pourtant son étreinte, en pleurs elle aussi, sa résolution s'affaiblissant à son contact si féroce et passionnée. << Oh je t'aime tellement ! >>

<< - Nous... aussi... on.. t'aime très fort... Fous le... camps maintenant... mon fils... Vas-y.. >>
lui intima son père la figure fustigée d'une pluie de larmes à son tour, aucun d'entre eux n'y échappant. Le ton était dénué de reproche malgré la désobéissance dangereuse du fiston, seulement chargée de détresse, de tristesse et de compassion. Joruth lâchant soudain sa mère, et marchant vers lui secoua fortement la tête.

<< - On peut s'en sortir tous ensemble si.. >>


<< - PARS ! FOUS LE CAMPS ! JE VEUX PLUS TE VOIR ICI TU M'ENTENDS !? >>
rugit finalement le seigneur de Hautecime à l'adresse de son fils, surmontant les tourments que lui causait sa blessure, fou de rage, fou de douleur, fou d'amour ! Joruth s'immobilisa immédiatement, le corps raidi par le ton coupant, son coeur n'ayant jamais aussi saigné intérieurement de devoir suivre l'ordre paternel.

<< - Joruth, je t'en supplie, obéis à ton père ! Tu as toujours suivi le moindre de ses commandements sans traîner ni rechigner depuis tout petit, ne commence pas maintenant mon garçon, pas à cet instant si dramatique. Fais le pour nous, fais le par amour ! Si tu nous aime tant, ne laisse pas Howe s'en sortir sans qu'il ne subisse la justice ! Fuis, vis, venge nous mon fils ! >>


La réaction de son père et les dernières paroles de sa mère eurent raison des dernières résistance, des derniers espoirs du jeune Cousland. Bien que transi jusqu'à la moelle des os par la destruction de ses projets, de ses rêves, et la meurtrissure contre les siens, finalement empli de haine, il abandonna vigoureusement ses parents sans plus jamais se retourner et partit à la suite de Duncan. Plus jamais il ne les reverrait.

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Gyapple

Ah! Merci Jaqen!
Aaaaah, le malheur qui s'abat sur cette pauvre famille, ainsi qu'à ces sujets. J'ai hâte de lire la suite, as usual! ;)
" As-tu peur Pirate? "
[...]
"Cela ne fait qu'augmenter mon appétit."

Blog sur les jeux-vidéo, let's go! http://geekypomme.blogspot.fr/

Twitter aussi juste là, BECAUSE @RavenPomme

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Anothis

J'ai commencé à lire hier, me demandant quand même tout ce que tu pouvais écrire. Il me reste énormément à rattraper mais pour les deux premiers posts que j'ai lus, je suis surpris de la qualité. Je ne m'y attendais pas du tout (je suis loin d'être un adepte du RP forum donc, j'ignore si on peut appeler ça du RP, mais si c'est le cas, ce que tu écris, c'est mon introduction au genre ^^).

D'où mes deux questions qui te sembleront loin d'être connectées mais elles le sont...

  • Sais-tu parler anglais correctement, possiblement avec un accent français, tant que ce n'est pas à mourir de rire ou à couper au couteau? Pas besoin que ce soit parfait, loin de là.

  • Et secundo, te sens-tu capable de jouer un personnage "vocalement", en l'occurrence Joruth Cousland? (pour faire simple, est-ce que tu as une voix agréable à écouter? xD)



Si c'est un oui retentissant pour ces deux questions, j'aurais un projet à te proposer. Mais ça, ce sera si ces deux questions ont une réponse positive sans équivoque ^^.

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Jaqen

@ Gyapple. Ce fut un plaisir. Aussi, content que ça te plaise toujours !  :D ( cette fin de semaine, j'aurais des préparatifs à organiser pour un mariage, et ce week, j'y serai en plein dedans, donc la prochaine occasion d'écrire sera la semaine prochaine malheureusement. )

@ Anothis : Merci beaucoup, heureux que j'ai pu te faire apprécier quelque chose dont tu n'est pas un adepte ! En tout cas le début ! Bien que je ne comprenne pas bien ta proposition, je m'en très honoré xD.

Ce que je fais n'est probablement pas du RP, car je ne fais que raconter l'histoire  scénarisé de mon warden, sans jouer moi-même un rôle, en rapport avec d'autres personnes ou ou un maître du jeu. ^^

Et pour répondre à tes deux questions :

1 - Je comprends l'anglais à l'écrit, mais comme tout bon français qui se vaut, je suis une vraie quiche à l'orale ! xD Je suis incapable de tenir une conversation, et mon accent est plus qu'horrible ! ( je m'entraîne quand même à regarder des séries en vostfr sur mon ordi pour essayer de capter le truc )

Crois-moi ça serait un désastre ! Je n'approche même pas du médiocre ! ;D

2 - Sinon, je me sens incapable de jouer un personnage quelconque en anglais !!! Ma voix deviendrait grossière dans cette langue, hésitante, bégayante haha ! ( Mais je trouve que j'ai une voix plaisante.... xD Pour être sûr, J'ai demandé à quelques copines au téléphone - drôle de question  ;D - et elles m'ont toutes répondu oui. ) N'empêche que ça ne rendrait pas forcément bien  à l'audio et jouant un rôle.

Mais à toute hasard ça ne me dérangerait nullement que quelqu'un d'autre plus qualifié dans ce domaine s'y mette. Moi en tout cas, c'est mort.

Désolé si ça casse l'ambiance, mais j'ai répondu honnêtement ! Pas de mauvaise surprise au moins !  ;)

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Jaqen

01 novembre 2013 à 00:17:24 #19 Dernière édition: 14 janvier 2014 à 19:57:47 par Jaqen
[Justify]
Affliction de la nouvelle recrue des Gardes des ombres sur la route d' Ostagar. [1/2]


Cette dernière nuit qu'ils avaient passé ensemble avant que tout s'effondre. C'est comme s'ils la revivaient tous deux. Celle qui avait vu l'union volcanique entre eux devenir plus qu'une éruption de pulsions, se métamorphoser en quelque chose de plus fort et créer les fondements de hauteurs vertigineuses vers lesquelles l'avenir leur promettait de s'envoler. Après cette petite conversation intime révélant des sentiments naissants, très vite les corps avaient réclamé à parler à leur tour, brutaux, exigeants, passionnés. Baisers torrides, caresses impérieuses, les langues se cherchant indiscrètes et insidieuses avaient encore provoqué la transe des deux amants emportés par la fougue. Puis mis au supplice et en toute complicité vint sans tarder le coeur à coeur, le corps à corps en toute position dans le lit, aussi violent et déchaîné qu'il en parut doux et délectable suite à l'éveil effronté des sens et du plaisir qui en résultait. Et le cirque amoureux se perpétua dans la touffeur de la nuit jusqu'à l'épuisement. Après l'assouvissement de la dernière faim succédant à un autre repos bien mérité, encore échauffés, ils s'écroulaient de nouveau, mouillés de transpiration, soufflant comme des boeufs et leur visages éclairés d'une expression de contentement sauvage.

<< Vous m'épuisez Monseigneur, comme vous y allez ce soir, insatiable démon que vous êtes. >>


<< - Hé, qui a proclamé qu'on ne devait le faire qu'une seule fois dans une nuit... >>


<< - Je me laisserai à penser à un homme sage s'il en fut jamais ainsi, en sachant le dur labeur qui nous attend quotidiennement au lever du jour dans ce monde implacable et si exigeant de nous, pauvres mortels. A tout le moins, aussi accablée de fatigue que je peux l'être,  je suis définitivement fixé sur ce que vous ressentez à mon égard. Cette nuit n'est définitivement pas comme les autres. C'est comme si vous me transmettiez un message, fort dans son témoignage, plein de signification ! >>


<< - Que veux-tu ma jolie, j'ai toujours privilégier l'action aux mots pour ça.. >>


<< * Rire * Oui et bien... Je crois que j'ai compris, Monseigneur. Faîtes preuve de compassion, c'est que je n'ai pas le même luxe de passer des heures à fortifier mon endurance par l'entraînement dans la cour ! Réservez moi le peu d'énergie qu'il me reste pour demain matin par pitié ! J'aurais fort à faire aux cuisines, notamment la grandiose préparation du petit-déjeuner en l'honneur du départ de votre père. >>

<< - Oh que non. Demain tu n'iras nulle part, tu auras toute la journée pour te reposer alitée, dormir sans compter les heures, flâner inconsidérément, paresser comme bon te semble et boire tout ton soul jusqu'à mon retour à la tombée de la nuit. Les cuisines et les autres serviteurs se passeront de toi. Car tu n'as plus rien à y faire.  >>


- << - Comment ? Je.. Vraiment ? Mais... >>


<< - Chuut. Je le commande ainsi. Demain je deviendrai le nouveau Tyern de Hautecime, j'userai de mon pouvoir comme bon me semble et nul n'aura son mot à dire sur la question. J'ordonne, ils obéissent. Je le veux, je fais de toi ma Tyerna et tes moindres aspirations deviennent des commandements indisputables. Tu auras bien le temps de récupérer de cette nuit, demain et les jours qui suivent, sans compter. Ton bien être m'importe désormais, et il ne me plait guère que tu t'esquinte les membres à remplir des tâches aussi barbantes des heures durant. Que dirais-tu d'une nouvelle robe pour commencer ? Celle que tu porte quotidiennement est informe, sale et vulgaire. Indigne de l'éclat de tes yeux, la grâce de tes courbes, la délicatesse et la joliesse de ton visage. Parle, dis moi tout ma belle ! >>


<< - Je... j'adorerai ! M'habiller telle une noble Dame, m'élever d'apparence au même rang que toutes ces humaines aux parures si éclatantes ? La tête qu'elles feraient en m'apercevant. Aussi les autres aux cuisines vont être vertes de jalousie. * rire * Par Andrasté, me voici toute confuse ! Ce serait tellement merveilleux ! Enfin je... enfin je n'ai jamais eu de problèmes auparavant et j'aimerai que ça demeure ainsi. Je crains tout de même les répercutions de tant de complaisance. A mon avis... >>


<< - Non ne te projette pas dans des perspectives négatives Lyn. Laisse moi me préoccuper seul de ce genre de détails. Je te protégerai, je veillerai sur toi. Rien ne saurait t'atteindre ni t'affecter, encore moins attoucher à ta personne. Je te le promets. >>

<< - Et je vous crois mon amour ! Je vous aime, depuis que nos yeux se sont croisés, en dépit du caractère charnel prioritaire de notre relation. Peu m'importait de passer juste une seule nuit avec vous, sans compter pour rien à vos yeux, n'ayant jamais espéré quoi que ce soit de votre part. Maintenant toutefois je puis vous le confesser sans crainte et sans m'effrayer d'en être blessée que je suis heureuse comme je ne l'ai jamais été dans toute ma vie à vos côtés. Je peux vous avouer désormais que je tiens à notre relation particulière quelque soit les retombées et que j'en concevrai une grande souffrance si nous venions à être brusquement séparés. Je ne peux que soupirer d'impatience devant ce que demain me réserve. >>
Joruth revoyait distinctement Lyn, resplendissante de beauté dans ses bras, la mine affectée de vulnérabilité extrême. Puis les ténèbres entourèrent petit à petit son amante, tandis que celle-ci affichait désormais un regard mortifié.

<< Mon... Monseigneur ! >>
Des larmes de sang ruisselèrent de ses yeux, son corps parsemé ici et là de tâches rouges visqueuses. Joruth pleurait déjà lui aussi, affreusement au courant de la logique de ce déroulement, tendant la main vers son aimée devenue aussi évanescente qu'inatteignable, désespéré, dévasté par la douleur qui le submergeait devant sa perte. Encore une fois sous ses yeux elle mourait, impuissant qu'il fut à l'écarter des dangers, incapable de la sauver.

Puis le songe s'évapora au profit d'autres tout aussi horribles. D'autres rêves le hantèrent dans son sommeil agité, les mêmes qui le tourmentaient depuis plusieurs semaines. Il revoyait son père, sa mère, Oren, Ser Gilmore, il les cotoyait ainsi qu'il l'avait fait dans la réalité, heureux et insouciants. Et tous ensemble dans les ténèbres côte à côte, souillés de sang, de fumée, à grand renfort de bravades, ils partaient batailler, persuadés de leur victoire éclatante face à l'ennemi. Mais la bataille avait tourné court en leur défaveur, leur groupe si éminent éparpillé, traqué, persécuté. Et un par un ils étaient tombés, encerclés par des spectres de brumes équipés de lames fantomatiques qui levaient et faisaient retomber leur lames sur eux, ainsi qu'on s'exécutait inlassablement pour ravager des corps, les réduire en menues morceaux.

Joruth en spectateur coupable de ce carnage, incapable de se mouvoir et de leur venir en aide, avait été le seul que celles-ci mu d'une fureur assassine avaient ignorées, comme pour se pour se moquer de lui. Le temps d'un sursaut et ce fut l'éveil avec un cri d'épouvante pour la jeune recrue de Duncan dont l'âme était si torturé, à la manière d'un homme victime d'un sceau d'eau glacé qu'on lui aurait jeté franchement à la figure. Le même réveil brutal, la même consternation qui suivait inexorablement. Le retour à la réalité ces derniers temps n'avait jamais paru plus attristante et plus cruelle que les rêves qui vous faisaient contempler les pire frayeurs que nous pouviez receler en vous. Quand ces mêmes cauchemars n'étaient que le pâle reflet de ce qui s'était produit pour de vrai, vous mettant au supplice. Quand on se rendait compte que les morts aperçus dans ses songes n'apparaîtraient plus, ne reviendraient pas dans ce monde-ci, qu'on ne pourrait plus jamais les sentir ni les cotoyer, ni les toucher.

Et à peine un oeil ouvert, couché sur son sac de couchage et tout entortillé dans ses couvertures, l'humeur du jeune Cousland s'en ressentait déjà pendant qu'il s'ordonnait à se rasseoir, tant secoué par la vision de ses proches et de certains moments vécus qu'il s' en retrouvait à nouveau en larmes. Rien n'y faisait, ni la distance, ni le périple qu'il subissait, ni le temps qui défilait jour après jour. Il avait toujours mal, terriblement mal. Depuis un moment déjà, il n'avait pu profité d'un sommeil réparateur, entier, dévoré par la haine, terriblement diminué par l'affliction. Pas même son Mabari larmoyant et très concerné par son état n'avait su le remettre d'aplomb. Et dans ce nouvel apitoiement de lui-même, à la lueur du soleil, il n' avait aperçu le géant au-dessus de lui, invisible à ses yeux alors qu'il se tenait pourtant debout à son côté, le dominant de haut. Le garde des ombres. Son sauveur et recruteur opportuniste.

<<- Il est temps. Levez-vous, mangez. Nous repartirons bientôt. >>
annonça seulement Duncan, d'une voix aussi abrupte qu'autoritaire, s'en retournant sans même lui jeter un dernier regard. Pas même un bonjour ni même un petit mot sympathique. C'était comme ça depuis la première nuit passé ensemble entre eux. Guère de condoléances exprimés de la part du garde des ombres dont la figure soucieuse dévorée par une barbe aux poils drus noir ne se départait jamais de cette extrême sévérité qui lui était si coutumier. Mais Joruth n'en n'avait cure, en vérité bien peu de choses lui importait en ce moment, profondément plongé dans ses réflexions, totalement perdus dans ses considérations. Il paraissait à peine vivant ces temps-ci. Après le rapide petit déjeuner, comme promis ils se remirent en route, tous deux muets comme des carpes.

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Jaqen

01 novembre 2013 à 01:49:17 #20 Dernière édition: 14 janvier 2014 à 19:59:55 par Jaqen
[Justify]
Affliction de la nouvelle recrue des Gardes des ombres sur la route d' Ostagar. [2/2]


La marche vers le Sud du royaume se poursuivait indéfiniment. Le jeune Cousland avait subi tout le branle bas de son départ d'une ville quelconque au Nord où lui et Duncan s'étaient restaurés et préparés en toute hâte, avait essuyé à son passage la clameur des hommes, l'ébrouement des bêtes, le fracas des chariots, les couinements poussifs d' énorme carrosses, tandis que tout autour virvoltaient des gouttes de pluie. Toujours plus loin au sud, sans jamais traîner, les deux voyageurs,sous un temps grincheux avaient trimballé leur carcasses à pied sur les routes de l'arrière pays d'où émergeaient à proximité sur les vastes plaines nombre de fermes blanches. La nuit, ils veillaient, le jour dès l'aube ils en profitaient pour pousser au plus loin vers Ostagar. Duncan contrairement à Joruth ne semblait jamais épuisé, indifférent à leur course harassante, son pas continuellement vif, ses enjambées aussi grandes que précipitées, comme s'il craignait d'être pourchassé. La nuit tombée de nouveau, ils établirent un autre campement.

Las et meurtri par toute une journée de marche forcée dont il n'avait jamais été habitué de sa vie, lui un noble de Hautecime ayant toujours eu à sa disposition un destrier, Joruth escorté par son Mabari entreprit d'aller ramasser des monceaux de bois pour le feu qui devrait durer toute la nuit dans les alentours. Ceci fait, il revint sur ses pas et tomba sur Duncan qui avait déjà allumé un feu, ses sourcils broussailleux éternellement froncés. Le bois en travers de ses bras, la jeune recrue déposa le tout à proximité puis s'assit en tailleur au sol, emmitouflée dans son manteau sous l'air glacé environnant. Satisfait, Duncan détacha deux lapins morts de sa ceinture et les enfila dans une broche en bois au-dessus du feu.

Puis il s'adressa pour la première fois à sa jeune recrue avec plus de quelques mots prononcés de manière laconique.

<< Nous atteindrons Ostagar dès demain. A l'orée des terres sauvages de Korcari. L'Empire Tevintide s'en servait comme d'un avant-poste il y a bien longtemps de cela pour repousser les incursions des barbares. C'est un lieu propice à l'ultime bataille, même si l'ennemi est aujourd'hui bien différent. Les forces du roi ont vaincu l'engeance à plusieurs reprises mais c'est là-bas, au sud de cette position qu'est rassemblé le gros de la horde. L'enclin doit y être refoulé impérativement. S'il s'étend vers le Nord, Ferelden est condamné. >>


En dépit de la gravité de son ton, le jeune Cousland n'écoutait guère, la mâchoire crispée, son regard auparavant meurtri devenu meurtrier admirant les flammes rougeoyantes qui happaient le bois noirci de leur langues affamées. Au moins y avait-il eu une évolution. Il paraissait tout autre chose qu'un zombie désormais. Les premiers jours, il avait paru comme fou furieux à cogner tout ce qui était à portée, à s'égratigner la peau. Duncan avait bien eu du mal à le calmer. Puis les journées suivantes, tout au contraire le jeune homme était tombé dans une étrange torpeur. Il n'avait pas prononcé un seul mot, se mouvant, obéissant à n'importe quel injonction de la part du garde des ombre, sans réfléchir, les yeux vides, presque sans vie. Des semaines entières avaient passé sans que rien ne change dans son comportement inquiétant. Duncan ayant déjà traversé mille et une tragédies n'avait pu s'empêcher d'être déçu par le laisser aller de sa recrue qu'il avait imaginé un peu plus fort dans la tourmente. Mais aujourd'hui, il avait constaté une nette amélioration. Il s'en sortirait. Quand bien même le jeune noble n'était certainement pas encore prêt à assumer son nouveau rôle.

<< Je suis désolé pour vos parents. C'était des gens estimables, dont la valeur dépassait la mesure. >>
ajouta finalement le garde des ombres d'un ton sincère, comme pour forcer le garçon à s'ouvrir à lui, crever l'abcès afin qu'il puisse se concentrer sur le plus important. Succès en demi-teinte, celui-ci ne lui jeta pas même un coups d'oeil, focalisé sur le feu, bien qu'il consentit enfin toutefois à faire la preuve de son existence par l'animation de ses traits et de sa langue acerbe.

<< - Oui. Ils ne méritaient pas ça, ni aucun de ceux que vous avez omis de mentionner. Je revois encore le visage de mon père, aussi affligé qu'un damné, marqué par la culpabilité, lui qui n'a jamais rien eu à se reprocher et toujours disposé à aider les autres du mieux qu'il pouvait. Une fin lamentable, indigne d'un homme aussi respectable. Il aurait dû finir ses jours avec le sourire aux lèvres, l'esprit tranquille quant à ce qu'il laissait derrière lui. Un sort aussi brutal qu'incompréhensible que le sien. Il n'est pas mort en paix, ainsi que beaucoup d'autres, et cela me désespère et me ronge. >>


<< - Bien peu sont les morts qui ont mérité leur sort. >>

<< - Howe viendra grossir leur rangs très bientôt. >>
assura Joruth d'une voix singulièrement froide et calme, pour quelqu'un qui était passé pour fou-furieux il y a peu, inconsolable après coups. Duncan le voyait bien dans son regard brillant. La tragédie qui entourait le jeune Cousland l'avait transformé. Certaines choses étaient mortes en lui, d'autres étaient nées. Cette expérience difficile lui avait retiré une partie de sa jeunesse, de son insouciance, de sa joie de vivre, de son humanité. En quelque sorte, il avait mûri, il avait vieilli, il s'était endurci. Peu enthousiaste quant à cette fixation sur Howe qui ne quittait nullement sa recrue, Duncan se sentit obliger de lui remettre les idées en place. Il n'avait que trop divagué ces derniers temps. Il fallait mettre la holà.

<< - Aussi funeste ce jour fut-il, je me dois de vous rappeler que cette tragédie immonde que vous avez vécu n'est que peu de choses face à la menace de l'engeance. Rien ne saurait détourner notre ordre de son combat. Tous ses membres s'y sont engagés, cela vaut aussi pour vous. La tâche essentielle d'un garde des ombres prime sur sa soif de vengeance. >>
Joruth riva enfin son regard sur le garde des ombres, une lueur agressive dans les yeux, la mine pleine de récrimination.

<< - A qui revient la faute de cet imbroglio ? Je n'ai jamais aspiré à devenir Garde des ombres. Vous le saviez pertinemment. A notre première rencontre ne vous avais-je pas opposé un net refus malgré l'insistance déplacée de votre proposition obstinée ? Et néanmoins en toute connaissance de cause et ne reculant devant rien, cette charge vous me l'avez tout de même imposé d'un commun accord avec mes parents, lesquels acculés, dos au mur, étaient désespérés au point que vous en profitiez pour leur soutirer ce que vous désiriez si ardemment. A mon détriment et contre ma volonté évidemment, ce dont vous n'avez pas jugé important de relever. J'avais des ambitions, j'avais des projets ! >>


Duncan ne broncha pas, peu ému par ces remarques plaintives et... pleinement légitimes. Peut être le jeune noble lui en voulait-i terriblement, mais il était persuadé que cela lui passerait quand il découvrirait par lui même pourquoi il en était passé par là, désespéré d'apporter son lot de recrues en Ferelden si négligée malgré les dangers imminents.

<< - Il est vrai. Et pourtant vous vous tenez là, à mes côtés, en route vers Ostagar prêt à rejoindre la Garde des ombres en dépit des circonstances. Cela implique je gage, qu'une fois pleinement investi vous devrez compter avec les principes qui régissent notre ordre. De gré ou de force.  >>
Joruth ne sembla rien entendre, soudain agité, ses yeux retombés sur le feu, grimaçant de colère, ses mains s'agrippant presque férocement à la fourrure de son Mabari en travers de ses genoux qui ne se plaignit guère.

<< - Je suis le seul survivant d'une puissante famille lâchement assassinée par un meurtrier qui court toujours, poussant l'insulte jusqu'à détenir notre propre château. Et je laisserai faire en me résignant, focalisé sur d'autres combats qui ne m'évoquent que de vulgaires légendes du passé ? Mon frère est peut être encore en vie, nos morts crient vengeance, et j'ai une promesse de revanche à honorer sur les bras ! Que me chaut ces principes si creux et si lointains quand résonne si ardemment l'appel de la justice et du sang versé en réparation ? Je boue de rage rien qu'à l'idée de m'éloigner ne serait-ce qu'un peu de cet objectif que je perçois comme vitale, comme s'il m'était indispensable pour trouver la rédemption dont j'ai tant besoin et que je réclame à cor et à cri !  >>


Duncan devant l'emportement enfiévré de son interlocuteur lui jeta un regard avertisseur sous ses sourcils broussailleux noirs.

<< - Le roi sera averti de la trahison de Howe et le connaissant pour ce que j'en ai vu et l'ayant plus d'une fois cotoyé, je ne doute pas qu'il agira en conséquences. Après quoi, vous aurez couper tout lien avec votre passé et tout ce qui vous y rattache. Plus rien ne devra obstruer votre devoir comme cela parait être le cas dès à présent. Nombreux sont ceux parmi les gardes des ombres ayant partagé à leur débuts les mêmes préoccupations que les vôtres, inquiets pour leur entourage, bousculés par de pressants buts personnels. Et tous ont inexorablement fini par assumer leur nouveau rôle et les responsabilités qui vont de pair. Et tout comme eux, vous accomplirez votre devoir. >>
Joruth plissa les yeux, le ton venimeux.

<< - Ne présumez rien de mes intentions Garde des ombres, vous vous en mordriez les doigts. Je n'éprouverai aucun remord à vous laisser vous entretenir seul avec les engeances, s'il m'en prenait brusquement l'envie. >>


<< - Vous avez promis à votre père et au représentant de la garde qui vous interpelle à ce moment d'être des nôtres en échange de votre vie et l'espoir de traduire Howe en justice pour ses méfaits. Aussi peu engageant que vous puissiez le paraître, je jurerais que vous êtes un homme de parole. >>


<< - Tsss. L'honneur: Rien qu'une mare de pisse. Regardez où ça a mené mon père et toute notre famille, culbutés telles de vulgaires catins par l'un de leur sujets qui en était dépourvu jusqu'à l'os ! Vous vous méprenez sur mon compte. >>
Joruth jurerait que le garde des ombre avait prononcé un début de sourire avec la commissure de ses lèvres.

<< - Ais-je parlé d'honneur ? Rien de ce que vous proclamez n'a traversé mes lèvres ni mes pensées mon garçon. Elles semblent être le fruit de votre seule imagination et de votre indignation face à l'injustice qui a frappé votre famille. J'ai seulement évoqué le respect de la parole donnée. Là est toute la différence.. A moins que vous ne souhaitiez me contredire à-dessus aussi... Je vois beaucoup de potentiel en vous, pour peu qu'elle ne soit pas gâchée par des priorités inconvenantes. Etant donné le caractère de notre ordre et la dureté de notre engagement je crois que vous ferez une excellente recrue, sans compter vos compétences martiales et en dépit disons... de votre réticence initiale. Mais vous finirez par changer d'avis j'en suis sûr. >>


<< - Je ne crois pas. >>
Devant l'ignorance évidente du garçon, la figure de Duncan s'assombrit, celui-ci empli d'un nouveau sentiment de gravité intense. Les bois alentour semblaient s'épaissir tandis qu'il reprenait la parole de sa voix profonde.

<< - Je crois que si. Une fois que vous aurez vu qui sont nos véritables ennemis et de quoi ils sont capable. Je suis convaincu alors, que vous embrasserez totalement notre cause, comme bien d'autres avant vous. Vous finirez par oublier vos origines, ceux auxquels si fier vous vous raccrochez et deviendrez un authentique garde des ombres. >>

Joruth tout aussi irrité qu'impressionné par la constance et la posture inébranlable du vieil homme, ne répondit rien, le dévisageant de manière perplexe, incapable de se prononcer sur ces dernières paroles dont il ne comprenait pas bien la signification. Hochant la tête, comme pour confirmer la fin de la première vraie discussion entre eux, Duncan sans avertissement lui balança son lapin cuit sur les genoux.

<< Bien, je vais monter la garde, mangez, dormez un peu et reprenez des forces. Vous en aurez besoin face à ce qui nous attend. >>

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Jaqen

05 novembre 2013 à 00:27:48 #21 Dernière édition: 05 novembre 2013 à 10:52:06 par Jaqen
Fin du premier cycle, qui mettait en lumière ce à quoi s'apparentait le Garde des ombres dans son ancienne vie alors qu'il n' était encore qu'un tout jeune homme ambitieux et passionné, un fils de la noblesse fereldienne qui s'assume, et dont l'histoire s'achevait sur la brusquerie avec laquelle sa vie a basculé avec la trahison de Howe et la proposition forcée de Duncan.  Arrêt momentané pour le moment.

Je dois reprendre DAO, j'en suis qu'à la fin des Cousland. J'ai besoin d'arriver à Golefalois dans ma partie et finir dès que j'ai le temps pour en respirer l'amosphère avant de reprendre l'écriture. Je me lancerai à nouveau une fois que ce sera fait.

Prochain cycle donc à Golefalois. Avec un warden mûri  ( après le meurtre de sa famille, la découverte horrible des darkspawn dans la forêt de Korcari, son engagement en tant que Garde des ombres,  et la bataille d'Ostagar qui s'est achevée par une misérable défaite, enfin le passage à Lothering ) , et sa team qui apparaîtra pour la première fois cette fois.

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Gyapple

Un peu en retard, mais là tout de même. AH, pauvre Joruth.

J'ai hâte de lire de son point de vue les différentes rencontres avec les futurs membre de l'équipe!
J'adore toujours autant! Vivement la suite. ;)
" As-tu peur Pirate? "
[...]
"Cela ne fait qu'augmenter mon appétit."

Blog sur les jeux-vidéo, let's go! http://geekypomme.blogspot.fr/

Twitter aussi juste là, BECAUSE @RavenPomme

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Jaqen

Merci Gyapple ! Ca fait vraiment plaisir de lire ça ! ;)
Oui, ces derniers temps, Joruth n'a pas vraiment eu la vie facile ;p

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Jaqen

28 janvier 2014 à 16:21:32 #24 Dernière édition: 30 janvier 2014 à 21:04:48 par Jaqen
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Joruth, le Garde des ombres.
[/justify]

[justify]Je suis défiguré, j'ai changé. Certains affligés du même sort en riraient cyniquement, d'autres témoigneraient de la peine face à ce genre de considérations. Moi j'en ignore les effets, incapable d'y voir la pertinence, indifférent à cette transformation. Ma figure imberbe de toute blessure n'est que pitoyable illusion, dissimulant les innommables lacérations gravées dans ma chair et dans mon âme. Ainsi lamentable et sans combattre suis-je sans doute devenu méconnaissable pour quiconque se remémore un flamboyant nobliaux du passé et guère plus qu'une vision floue pour l'étranger ayant peu d'intérêt à s'attarder sur un vulgaire reflet fantomatique à l'expression désincarnée tel que le mien. L'aplomb, la passion s'est évanouie. Je suis comme devenu l'ombre de moi-même, à la dérive, sans repères, égaré dans un monde nostalgique dont je peine à m'évader. Pour combien de temps ? Est-ce seulement temporaire ?

On dit que les cruelles expériences de la vie forgent un homme, le rendent plus fort. Quelqu'un s'est-il seulement demandé si elles pouvaient également le détruire et l'échanger au profit d' une pâle figure au contenu différent et significativement corrompu, peut être même malsain  ? C'est ce que je ressens. Que reste t-il vraiment de l'homme que j'étais avant ? Ceux qui avaient la réponse ne peuvent plus m'aider. Morts ils sont, assassinés ils ont été, tous autant qu'ils sont. Abattus comme des chiens, avec moins de considération que pour le plus misérable cancrelat écrasé sous le talon d'une botte négligente. Je n'oublie pas, je n'oublie rien, défait et impuissant à juguler, refouler tous ces visages à l'expression figée et plus que douloureuse dans mon esprit.

Et pourtant je n'arrive plus à verser de larmes, à extérioriser quoi que ce soi. Las, je garde désormais le silence là-dessus, je me noie dedans et broie éternellement du noir, seul dans l'absolu. Personne ne peut m'aider, je désire simplement la piètre quiétude et ne requiert aucune main secourable que je soupçonne incapable de comprendre toute l'intensité du drame ce que j'ai vécu, en saisir toute la substance.

Il fut un temps, je brûlais d'un feu intense, pour mes ambitions, pour mes rêves, pour les personnes que j'aimais. Voilà que je suis désormais aveuglé de visions de feu destructeur emportant tout sur son passage, puis plus rien, comme éloigné de tout sauf du besoin presque nocif et rageur de violence, d'accomplir de grandes choses et de résoudre des questions importantes, peut être pour combler le vide béant. Peut être un mal pour un bien.

Aujourd'hui j'ai une pensée pour tous ces morts qui ont parsemé le champs de bataille d'Ostagar, une pensée pour Duncan. Un gâchis, un massacre, d'une tristesse infinie. Toutes ces vies perdues. Et pourtant je ne les pleure pas vraiment, je ne suis pas aussi affligé que j'aurais dû l'être en tant que soldat, en tant que Fereldan, comme siphonné de toute compassion. Alistair paraissait jamais ne devoir se remettre de cette fatalité, mais pour moi... c'était presque une chimère, un drame avait succédé un autre et déjà été balayé d'un revers de main dès lors que nous quittions la cabane de flemeth, mon esprit entièrement focalisé sur le plus important. Car dévoué à ma mission je le suis et rien ne me divertira, ne m'en détournera, nous réussirons ou nous périrons. Je suis plus déterminé que je ne l'ai jamais été dans ma vie.

Garde des ombres, je suis. Garde des ombres je resterai, agissant d'abord et avant tout comme tel et en toute circonstance. Je prends désormais conscience de ce que cela revêt comme signification, ainsi que Duncan l'avait anticipé. Et sans autre horizon que cette route tracée par d'autres, sans espoir pour un avenir qui me satisferait, juste mon bras et ma voix pour porter le message unificateur et salvateur de notre ordre et mener le combat le plus difficile pour la race humaine et pourtant le plus sous-estimé; je me contenterai d'avancer, encore et encore, d' incarner la résistance. Imposer l'ordre au chaos. Je ferai mon devoir. Oubliées mes grandes résolutions de vengeance, et ça, je ne me le pardonnerai jamais, même si je n'ai guère le choix. Assurément je me dois de balayer le passé. Et je le ferai. Joruth Cousland, fils d'une grande famille noble de Hautecime est mort. Joruth, le Garde des ombres a pris sa place avec toute la gravité qui s'impose.

Devant les dangers imminents, et la faillite qui menace notre destinée, Alistair et moi sommes les derniers représentants de la Garde des ombres en Ferelden, les seuls rescapés de la défaite d'Ostagar. Nous sommes vivants. Le combat continue, n'a jamais cessé, et ne s'achèvera qu' à notre anéantissement ou celui de l'ennemi. Nouveaux élus ombrageux de notre ordre, nous serons également de sanguinaires hérauts si la nécessité l'exige, les seuls à même de porter la teneur du message qui est le notre. Amassons l'énergie nécessaire, unissons toutes les forces vives du pays pour porter le coups fatal et faire rendre gorge à l'archi-démon.
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Jaqen

28 janvier 2014 à 18:33:42 #25 Dernière édition: 07 février 2014 à 19:22:20 par Jaqen
[justify]L'heure était grave, le souffle égayé des premières victoires contre les engeances avait tourné au désastre, au tumulte et aux récriminations haineuses. Une situation née du désespoir et de la défaite aussi totale qu'implacable. Un choc pour la nation. Une véritable hécatombe dont il était difficile de se relever. Le roi Cailan avait trépassé, trahi par son plus fidèle général, l'armée Fereldienne fièrement réuni sous l'orgueilleux étendard de son souverain avait été écrasée à la Bataille d'Ostagar, la Garde des ombres, portes-étendards du combat contre l'enclin entièrement anéantie à leur côtés. Une période sombre pour Ferelden devenu vulnérable et déchiré par les marques acerbes de la traîtrise et de l'opportunisme qui amenèrent à un chaos sans précédent. L'armée jadis glorieuse et splendide se dispersait en lambeaux à présent. Le pays saturé par les dissensions internes n'en finissait plus de se diviser. Ayant survécu à Ostagar, sauvé in extremis des griffes de la mort et devant l' état de déliquescence du royaume, Joruth Cousland jura de tout entreprendre pour renverser la tendance. De l'ombre était ressorti un rayon de lumière et un groupe de combattants courageux et puissants prit naissance au milieu du chaos, entièrement dédié à vaincre l'Enclin, débarrassé de tous les partis pris. Ainsi après avoir passé le cap de Lothering, le Garde des ombres assuma définitivement son rôle de leader, et ne reculerait devant rien pour accomplir sa mission.

Le crépuscule arrivait à son terme. Le jour était sur le point de céder sa place tandis qu'une brume opaque et pénétrante, embrassant le sol et le ciel, se répandait. Là, sur le replat d'une colline dans les environs de Lothering qu'on apercevait en ruines après le funeste passage des engeances, au coeur de cette zone habituellement paisible, le sang y était versé. La bataille ponctuée de cris aigus surexcités s'égosillait entre une multitude de vilaines créatures humanoïdes en armure rouillée et deux hommes débordés sur leur flancs par la meute sauvage, mais qui ne s'en laissaient pas compter fleurette pour autant. Ces deux-là chargeaient, s'évanouissaient, réapparaissaient, faisaient tournoyer leur épées, insaisissables. Deux hommes résolus qui combattaient sans peur ni flottement les engeances, le fléau de l'humanité, celles qu'on annonçait comme le souffle de leur destruction à venir, la néfaste image de leur corruption et qu'ils dominaient fortement, sans efforts. Un Mabari enragé les accompagnait, bousculant, piétinant les engeances de sa force phénoménale amplifiée par une colère monstrueuse.

Bouclier haut, érigé en véritable forteresse, les deux guerriers armés jusqu'aux dents repoussaient de leur virtuose muraille la vague noire des adversaires échevelés et dominés par une rage bestiale. Et de la pointe de leur épées redoutables les faisaient retourner à l'état de cadavres décharnés immobiles, les corps ennemis disloqués sur l'herbe empoisonné de leur présence infecte. Les deux guerriers disciplinés dont rien ne signalaient qu'ils étaient des gardes ombres s'étaient rués avec autant de promptitude que d'audace sur cette faction de la horde, qui avait croisé leur route dans le plus grand des hasards au cours de leur traversée sur la route de Golefalois. Ils avaient frappé forts et vite, un formidable assaut dévastateur. Les engeances n'avaient eu aucune chance face à la célérité et la sévérité de l'attaque, face aux aptitudes martiales et la discipline de l'ennemi. Les dès étaient pipés depuis le début. Créatures instinctives, elles l'avaient pressenti, elles l'avaient su, bien que cela n'ait rien changé à leur volonté de repasser à l 'offensive, car telle était la malédiction de leur nature.

Et d'un mouvement brutal, monstrueux de force et de férocité, Joruth Cousland découpa en deux une engeance, tandis qu'Alistair fendait le crâne de son adversaire d'un revers de tranchant terriblement bien placé, des choses visqueuses et molles s'y étant révélées en plein air avant de se déverser au sol. La petite bande ne laissait aucun angle d'attaque, ne se permettait aucune erreur, un travail d'équipe qui avait payé par la récompense d'une explosion de cadavres et ne pouvait que faire trembler les six prochains et derniers adversaires qui demeuraient pour le moment sur l'expectative, reformant le cercle tout autour d'eux. Joruth, sans se retourner ni même jeter un coups d'oeil à son voisin et compagnon d'arme, l'oeil fixé sur le cercle d'ennemis qui les emprisonnait s'adressa à lui d'une voix sereine, presque neutre,  ainsi qu'on l'aurait fait pour proposer un verre de thé.

<< Alistair, je me réserve ces trois là, je vous laisse l'autre moitié... >>

<< - Une répartition équitable. Une proposition honnête à laquelle je ne peux qu'adhérer. >>


<< - WOOF >>

<< - On partagera toi et moi, Svear. >>


Quoi dit, les deux Gardes des ombres et le Mabari chargèrent à nouveau avec la volonté d'en finir et ils firent pleuvoir la mort tout autour d'eux, sans se voir opposer une forte résistance, les dernières engeances en totale déroute face à leur actions et leur aptitudes combinées. Les deux hommes après coups se jetèrent un regard complice, empli de respect mutuel, confiants sur les capacités de l'un et de l'autre. Après tout ils avaient déjà fait la pair un nombre incalculable de fois ces derniers temps. Ils n'avaient été défaits qu'une fois.

Tels étaient finalement Alistair et Joruth Cousland. Deux survivants, deux guerriers implacables au caractère forgé par ce qu'ils avaient enduré ensemble, forts du lien indéfectible de compagnon d'arme du même ordre qui les unissait, plus proches que des frères, leur destinée aujourd'hui définitivement mêlé. Ce fut ensemble à Ostagar qu'ils étaient devenus de véritables Gardes des ombres accomplis, qu'ils avaient subi l'épreuve du feu, la guerre ayant fondu leur vie en une, la guerre désormais devenue leur vie, et leur vie une arme dès plus mortels. Sur leur épaules reposaient tout le fardeau de leur ordre, ils le représentaient seuls, l'incarnaient, le feraient vivre à travers eux, à travers leur décisions, à travers leur actions. Leur trempe et l'acier termineraient le reste. Ainsi le combat finit par s'achever sur leur victoire totale, tel que c'était écrit.

<< - Bien. L'avant-garde a été bousculée sans souci puis surtout supprimée à temps. Le gros de la horde tout proche dans les environs a finalement ressenti notre présence. >>


<< - Oui, tout comme nous. Je sens les engeances approcher rapidement de notre côté. >>

<< - Comme prévu, n'est-ce pas ? Allons-y. >> Délaissant derrière eux le bain de sang dû à leur travail artistique, suivi par le Mabari, les deux hommes accablés par la fatigue et la poussière s'élancèrent toutefois avec gaillardise vers une autre destination, un lieux tout proche surplombé par des pente raides et parfait pour tendre un piège. Arrivés au bout de la route, dans une sinistre humeur et l'acier de leur lame en bout de bras, ils se retournèrent alors et attendirent jusqu'à l'apparition d'une nouvelle meute d'engeance. La plus grosse et la plus dangereuse qui menaçait dans la zone, déjà fort dégarnie cepnendant de tous ceux qu'ils avaient éliminés en les assaillant par surprise. Alistair parut soudain inquiet.

<< - J'espère que Morrigan attendra. Elle ne semblait pas particulièrement heureuse d'être laissée à l'arrière. L'effet de surprise est essentiel face au nombre, espérons qu'elle ne sera pas trop pressée d'en découdre. Sans ça, ça deviendra... un peu plus compliqué. >>
ajouta Alistair après réflexion tout en faisant la grimace rien qu'à l'idée de devoir imaginer pire. Non pas qu'il était paresseux, mais la perspective de travailler d'arrache-pied à sa survie durant le combat ne l'enchantait pas particulièrement.

<< - Elle obéira et agira selon le plan. C'est une femme intelligente. >>
se contenta de répondre seulement Joruth d'un ton égal, son regard impavide marron clair et dur comme la pierre dirigé uniquement droit devant lui, là où devrait surgir leur futurs opposants.

Il savait qu'Alistair ne pouvait pas sentir Morrigan, celui-ci la suspectait même de suivre un agenda différent du leur. Joruth pour sa part n'avait rien vu qui puisse tenir de reproche. Dès le début entre les deux compagnons, tel des enfants, le mauvais temps s'était annoncé, et au fur et à mesure des jours qui passaient, il n'avait de cesse de se gâter, sans que Joruth ne décide de s'investir en quoi que ce soi pour les réconcilier sauf quand il estimait que cela menaçait l'intégrité et l'efficacité du groupe. Après tout, ils n'étaient pas obligés de s'aimer. La seule chose qu'il ne tolérerait pas c'était qu'ils ne se soutiennent pas entre partenaires, que ce soit au combat ou non. Le jeune Cousland ne connaissait pas encore bien la fille de Flemeth, mais il avait déjà été convaincu par sa puissance, elle s'était révélée être un atout indispensable. Et bien qu'elle puisse se révéler imprévisible, la sorcière ne lui avait pas paru à ce point stupide, bien au contraire, et Morrigan était aussi capable de faire preuve de discipline. Une condition qui revêtait une très grande importance à ses yeux, en tant que Garde des ombre. Etonnamment, si cette dernière n'avait jamais démontré le moindre signe de respect pour Alistair, Joruth lui, semblait avoir été relativement épargné par ses remarques acerbes, et elle ne contestait pas ses décisions, même si elle pouvait parfois les discuter. Et cela il l'appréciait. C'était tout ce qu'il exigeait.

La seconde moitié de la horde d'engeances enfin apparut dans un tumulte des plus dégoûtant, et à eux trois seulement, cette-fois-ci les gardes des ombres se retrouveraient submergés, noyés dans la masse de cette vague profonde. Les monstres enfin arrivés à leur hauteur et les ayant aperçus piaffaient de perversité et d'ambitions quant à ce qu'ils allaient leur faire subir. Sans préambule, ils se précipitèrent sur les deux humains impertinents. Alistair peu impressionné par le spectacle qu'il avait devant lui de dizaines d'engeances courant après lui après Ostagar, prononça un rictus du coin des lèvres, comme soudain amusé et il se tourna vers son compagnon d'arme, à la fois son ami et son unique frère aujourd'hui après la mort de Cailan.

<< - Les pauvres. Si elles se doutaient de ce qu'on leur prépare. On devrait peut être avertir les engeances des dangers de notre embuscade. Vous savez, juste par pure esprit de compétition. >> Joruth ne sembla pas goûté la plaisanterie, trop éreinté pour ça. Il se contenta d'un très fugace froncement de sourcils plissant son front, ses yeux marrons neutres n'ayant rien transmis de ce qu'il en pensait vraiment, comme à leur récente habitude ...

<< - Nous sommes vannés, la nuit tombe, et je meurs de faim. Faisons ça sans fioriture et finissons-en. >>


<< - Hum. Vous marquez un point, c'est effectivement bientôt l'heure de dîner. >> Les yeux pétillants, Alistair se permit un franc sourire, presque désabusé.<< Il n'empêche, je ne vous aurais jamais cru aussi impatient de vous confronter à ma cuisine un jour. >> Cette remarque valut à Alistair une expression sardonique et le premier sourire enjoué de la journée de la part de Joruth.

<< - Que voulez-vous. Lorsque l'estomac d'un homme est mis au supplice, il peut goûter n'importe quoi, manger n'importe quoi, même votre cuisine Alistair. >>

<< - Sans aucun doute le plus beau et peut être même le premier compliment qu'on ait jamais fait sur mes talents culinaires. Je chérirai ce souvenir avec émotion. >>


<< - WOOF >>


<< - Oui, toi aussi, Svear, je sais que tu apprécies ma cuisine... >>


<< - Attention, ils arrivent. >> Et les premières engeances leur tombèrent dessus. Une nouvelle mêlée, un nouveau champs de bataille dans lequel ils furent impliqués. Mais cette fois ils n'étaient plus seuls. Le moment était propice, le moment était venu pour le reste du groupe de sortir du noir embrumé.

Fchttt ! Des flèches surgirent comme de nulle part et tombèrent sur la troupe tailladée sur son flanc. Les flèches, tirées une à une et d'une précision inhumaine terrassèrent successivement plusieurs engeances touchées dans les parties non protégées. Et elles s'affalèrent brutalement au sol, interrompus dans leur course, leur attention détournée. Mais ce n'était que le début de leur calvert. Certains de ces monstres noirs corrompus se virent affectés par une féroce force de frappe glaciale qui les ralentissait, leur gelait les membres, faisait bouillir leur sang, et leur procurait une brûlure intense au niveau de leur muscles à présent transies. De la magie. Une magie destructrice et puissante qui les affaiblissait un à un avec un acharnement peu commun. Face à ces attaques soudaines, répétées et mortelles qui les rendaient vulnérables , ne sachant pas d'où elles venaient dans toute cette brume et divertis dans leur attention, les engeances se retrouvèrent pour la plupart à la merci du molosse et des guerriers humains contre qui ils combattaient ou tout du moins s'y essayaient.

C'est alors que la horde d'ennemi fut réduite de moitié en un temps sordide que deux autres humains, deux femmes, aussi belles que terrible dans leur volonté manifeste d'en découdre se révélèrent de leur position en hauteur cachée par les brumes, l'une rousse en armure et aux cheveux courts, l'autre la chevelure noire de jais dans une tenue faite d'un ensemble d'étoffes, ses yeux fauves lançant des éclairs courroucés. La première armée d'un arc qu'elle remplaçait alors par des lames courbés redoutables, la seconde armée d'un bâton qu'on usait pour multiplier la puissance arcanique. Et les deux femmes aussi vives et légères que le vent, plus menaçantes qu'une meute de loups enragées qui ne se souciaient plus du danger de s'attaquer aux hommes se jetèrent à leur tour au devant du danger, empli d'une fougue et d'une hargne irrépressible.

<< - Le créateur est parmi nous, il soutient mon bras entièrement dévoué à sa cause. Il dissipera les ombres vers lesquelles je me dirige, armée de ma foi . >>
murmura pour elle-même Leliana durant sa folle course à l'aveugle.

<< - Ce petit jeu a assez duré ! >> proclama seulement pour sa part Morrigan d'une voix hargneuse, son ombre intimidante soudain étendue derrière elle alors qu'elle prononçait ces mots menaçants, irritée d'avoir dû attendre si longtemps les deux gardes des ombres, et que tout s'enclenche enfin. Déjà ses doigts s'illuminaient d'un halo violet qui promettait fureur et destruction alors qu'elle entamait sa course avec ardeur. Ainsi après avoir galopées toutes deux et s'être enfoncées à leur tour dans les lignes ennemis, un véritable massacre se déroula, l'équilibre des forces déjà bien entamé, étant alors totalement bouleversé et renversé avec une participation plus active de la partie féminine. Des éclairs de la dangereuse sorcière pourfendirent en torrents les rangs des engeances, les plongèrent dans la souffrance, le désarroi et la paralysie la plus total. Les lames de Leliana, presque invisibles tant elles étaient fulgurantes dans le mouvement, achevèrent de les déconcerter et mettre un terme à leur misérable existence. La troupe d'engeance fut entièrement anéantie, pas le moindre survivant. C'était fini, la zone avait été pacifiée, ils pouvaient reprendre leur route sans plus se soucier.

Joruth apaisé après toute cette violence et rangeant son arme dans son fourreau reporta son attention sur la sorcière, plongeant intensément son regard dans celui de la jeune femme.

<< - Tout va bien ? >>


<< - Evidemment, quelle question stupide. >>
lui répondit Morrigan d'un ton dédaigneux. Puis, elle se détourna de lui dans une envolée de jupes en prenant ses distances pour aller examiner minutieusement les cadavres des engeances pour lesquels elle trouvait un quelconque intérêt dont il n'avait aucune idée que cela puisse être. Pour qui la prenait-il ? se dit alors Morrigan. La croyait-il incapable de se débrouiller avec de tels adversaires qu'ils s'étaient partagés, indigne de son pouvoir et de son attention ? Comme s'ils pouvaient l'atteindre ! Puis elle était encore furieuse de toute cette diversion, cette fioriture avec les engeances. Quelle perte de temps cela avait été ! Toutefois et quitte à se surprendre, elle n'en dirait rien là-dessus. Oubliés les reproches qu'elle avait mûrement préparée d'une humeur vengeresse contre lui. C'était que ce Garde des ombres après tout l'intriguait, elle n'avait pas d'opinion arrêté à son sujet, il valait peut être mieux ne pas l'avoir à dos pour le moment. Ils avaient brièvement parlé sur la route de Lothering alors qu'Alistair se morfondait comme un enfant obnibulé par son nombrile, et il semblait avoir manifesté de l'intérêt à son égard, et elle s'était étonnée de ne pas y voir vu une gêne. Pas encore tout du moins... Il était... intéressant.

Joruth attarda un instant son regard impavide sur sa nuque, sa figure totalement inexpressive devant la réaction de la sorcière qu'il avait le plus grand mal à cerner. Puis sans transition et sans un mot, il dévisagea les autres.

<< - Alistair ? Leliana ? >>


<< - Laissez moi vérifier, je respire encore, ma tête est toujours bien vissée sur mes épaules et surtout, oh, tous mes orteils sont à leur place habituelle. C'est parfait, tout va bien. >>


<< -  Le créateur nous a confié une mission. Il veille sur nous, je ne doutais pas de l'issue du combat. Mais c'est aimable à vous de demander, garde des ombres. Je vais bien. >>
Joruth hocha finalement la tête, s'ébranlant et dépassant enfin tout ce beau monde escorté de son fidèle Mâtin.

<< - Alors en route, nous avons encore un camps à monter. Allons débusquer l'endroit idéal.  >>
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Gyapple

ENFIN LA SUITE! Tu me donnes envie d'écrire d'ailleurs.

Ah, la venue de Léliana et de Morrigan ( <3 ). Je les attendais celles là!
Par contre, Sten est aux oubliettes? :p

J'ai hâte de lire la suite!
" As-tu peur Pirate? "
[...]
"Cela ne fait qu'augmenter mon appétit."

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Jaqen

02 février 2014 à 09:43:26 #27 Dernière édition: 02 février 2014 à 09:51:21 par Jaqen
[Justify]
Citation de: Gyapple le 31 janvier 2014 à 15:48:56
ENFIN LA SUITE! Tu me donnes envie d'écrire d'ailleurs.

S'il advenait que ce jour arrive, je serais très heureux de pouvoir me compter parmi tes lecteurs, que ce soit sur l'univers dragon age ou non. =)

N'hésite pas à faire partager surtout ! :D

Citation de: Gyapple le 31 janvier 2014 à 15:48:56
Par contre, Sten est aux oubliettes? :p

Haha, je me doutais que la question serait posée ! En fait, je te l'admets volontiers, je ne connais pas du tout Sten.Je ne l'ai jamais pris dans mon équipe, puisque je gardais tout le temps Alistair et Morrigan. Par souci d'une bonne optimisation au combat, je l'écartais donc presque tout le temps.

Puis, d'aussi loin que remonte ma mémoire, j'avais d'énormes difficultés à approfondir la discussion avec Sten ce bloc de pierre, savoir qui il était, et n'en sachant rien encore aujourd'hui, ça m'était difficile de l'inclure. Il me semble que lorsque tu ne saisissais pas les bons dialogues, il te répondait à côté ou laconiquement, et puis il se fermait immédiatement s'il te trouvait ennuyant. Et c'est presque tout le temps ce qui m'arrivait. Après j'ai plus vraiment cherché à le connaître dans les parties successives.

Donc, voilà. Dans le jeu, je le sors de sa cage à Lothering, mais là, c'est comme si il n'y était jamais sorti lol.

Enfin la dernière raison, c'est que je préfère comme dans le jeu, me concentrer sur une équipe de quatre personnes, plus de possibilités pour la progression de l'histoire avec une équipe réduite, que huit en même temps. :)

Si il devait y avoir des apparitions des autres, ce serait alors au camps.  ;)

Et... LA SUITE PROCHAINEMENT ! [/Justify]

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Gyapple

J'écris beaucoup, mais je dois avouer que je ne publie pas beaucoup. Faudrait y remédier effectivement
Aaaaaaah, je comprends mieux! BON, manque que la suite! :D
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Natsumi

J'ai enfin pris le temps de lire la suite, et c'est très très bon. J'aime beaucoup le regard de Joruth sur ses compagnons, très juste dans l'appréhension des caractères de chacun.

Oh, et j'ai appris un nouveau mot grâce à toi : "impavide". Je sens que je vais le ressortir d'ailleurs :)
As I recall, close the door and throw away the key was the templar plan B

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