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Créations de fans => Autres créations => Discussion démarrée par: Jaqen le 10 octobre 2013 à 13:20:00

Titre: Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 10 octobre 2013 à 13:20:00
[justify]J'avais envie de faire un petit zoom sur mon warden, le rendre un peu vivant à travers des textes relatifs à lui, des points de vue différent de vulgaires npcs ou de compagnons, ce qu'il peut ressentir à un moment et des scènes qu'il a vécu durant son épopée en Ferelden durant le cinquième enclin. Il n'y a pas de suite logique entre posts, se raccrochant forcément l'un à l'autre, sauf que c'est dans l'ordre chronologique, débutant de la situation avant la trahison de Howe et l'arrivée même de Duncan. Je suis entrain de rejouer à DAO, ( tout doucement ) donc il se pourrait que je mette aussi en valeurs certaines discussions incluant mon Warden ou certains moment du jeu en approfondissant.




Rapide profil du Commandeur-Garde, Héros de Ferelden et Prince-consort du Royaume aux côtés de la Reine Anora.

Joruth Cousland : " La lignée des Cousland, forte d'une histoire et d'un héritage à en faire envier le Roi Cailan lui-même, est fière et puissante. Et en cela, en tant qu'héritiers, il nous revient à Fergus et moi-même de se montrer digne de notre bannière aussi rayonnante qu' une étoile dans une nuit noire de poix et contribuer à en polir l'éclat à travers nos actes et nos décisions futurs.

" L'honneur et l'accomplissement du devoir ont toujours été dans notre Famille les préceptes les plus chers et les plus suivis. Ainsi corps et âmes, je me dévouerai à la tâche et ne renierai jamais à assumer mes responsabilités dû à mon sang et à mon rang. Quant à l'honneur, bien que Père n'a cessé de m'en remâcher les mérites, s'il m'apparait conciliable en tout temps, il n'est point assuré que je m'en embarrasse outre-mesure et le mette jamais au-dessus d'autres considérations plus pragmatiques ou plus avantageuses. "


- 5 ans. Premières leçons de tenue et de bienséance pour Joruth Cousland, le timide cadet. Cours de Cavalerie, apprentissage de la lecture, du maniement des chiffres et de la danse avec Eleanor Cousland. Contes et légendes de bataille lus au lit par Bryce Cousland. Première épée taillée en bois offerte, première fascination pour la lame. [ fracassée dès le lendemain lors d'une joute contre son ainé, Fergus. ]

- 7 ans. Première année d'étude collégiale sous l'égide d'un maître sévère et strict, les premières leçons portant sur l'histoire entière de la Lignée des Cousland que tout membre de la famille doit respectivement connaître sur le bout des doigts.

- 9 ans. Premiers enseignements aux arts de l'épée et du bouclier, et diverses armes en tout genre.

-12 ans. Première participation à la chasse contre les loups [et autres bêtes nobles], éternels ennemis de l'homme, bien qu'à distance car encore trop jeune. Acquisition d'un Mabari pour l'occasion, les Mabari étant considérés à Ferelden comme les meilleurs alliés face à la malédiction des loups-garou et les légendes les concernant.

- 15 à 18 ans. Discipline collégiale et martiale auto-infligée, très soutenue et divertissement presque nulle pour l'adolescent. Entraînement régulier avec la garde et les plus fines lames de la région, tel que Ser Gilmore. Heures entières également consacrées à lire des traités, des conventions politiques, des thèses. [ livre préféré, la propriété magique du sang de dragon ] Etudes - entraînements, - études- entraînements. Le jeune adolescent n'a connu que ça, n'a d'attrait que pour ça, dénigrant les nombreuses possibilités offertes à un homme de son rang de s'amuser [ sauf la chasse qu'il ne néglige jamais ] et ce, à la grande déception de son frère moqueur et bravache.

- 18 ans. Premières participations aux affaires seigneuriales aux côtés de ses parents et de son frère, les tâches mineures dîtes ingrates lui étant confiés pour le tester. Test qu'il réussit haut la main, aussi obéissant et discipliné que réfléchi et volontaire. Les hormones refoulées durant l'adolescence explosent soudain, comme vengeresses, et les yeux du jeune Cousland sont soudain ouverts sur son environnement et les trésors qu'il y recèle. Et Joruth ne jure désormais que par les Femmes, sans toutefois rien négliger de ses ambitions. Il s'autorise désormais à s'amuser au grand soulagement de Fergus, et pas toujours en respectant les conventions sociales.

- 19 ans. Joruth Cousland grâce à son dur labeur gagne son tout premier tournoi organisé localement en Hautecime, en vainquant tous ses opposants, sous la clameur de la foule, faisant la fierté de son père, de sa mère et de son aîné. Pour la première fois le petit frère est mis en lumière face au populaire héritier qu'est Fergus, l'homme au grand rire et au grand coeur, aussi féroce guerrier qu'incorrigible blagueur.

- 20 ans. Joruth est devenu l'un des bras de droit de son père très exigeant sur le principe de responsabilité, [ l'autre étant son frère ] dont il a à présent gagné la confiance. Il l' aide désormais à gérer la gouvernance de la province, participe à des colloques avec des marchands locaux et autres dîners politiques avec d'autres familles nobles sujettes tel que les Howe. Il donne également son avis sur l'organisation de la garde et les patrouilles au château; contribue avec son frère à résoudre les problèmes de sécurité sur les routes commerciales sous l' autorité du Tyernir et part parfois quadriller l'arrière pays de la province dans les limites de leur frontières à la rencontre des fermiers. Le parfait petit exécuteur de son père ne rechigne jamais à aucune tâche. La prononciation de la justice étant le seul domaine considérée comme privilégiée par son père.

Fait notable en cette année 9:29 : Le jeune Noble ambitieux gagne en popularité grâce à cette histoire d'Ecumeurs. Des pirates étrangers ayant l'habitude de naviguer sur la Mer de l'Eveil calfeutrée entre Ferelden et Kirkwall au Nord, et connus pour leur raids cotiers ont semé un sacré désordre et commis des impairs contre les sujets des Cousland. Après force hésitation du père, Joruth déterminé à faire ses preuves, est envoyé à la tête d'une troupe d'élite de chevaliers et de soldats, en compagnie de Ser Gilmore et de son Mabari pour rétablir l'ordre dans la petite zone locale concernée et mener l'enquête sur la forfaiture de ces indécrottables bandits. Et résultats probants après une semaine, l'adversaire est écrasé dans sa tanière découverte après la torture de l'un des leurs, lors d'une rude bataille aux fin fonds d'une grotte sous la plage et jouxtant routes commerciales et villages de pêcheurs. Malgré la recommandation du fidèle Gilmore de les jeter tous en prison, Joruth fait exécuter en public les derniers Ecumeurs en vie, y compris ceux qui se sont rendus. Ceci afin de constituer un exemple sévère et un avertissement, le message étant qu'il n'y aurait aucune pitié à l'égard de ce genre d'individus. Conséquences, un petit peuple satisfait, et une pointe de désapprobation de la part du Paternel, bien que celui-ci ait été heureux et satisfait de la tournure des choses dans l'ensemble, puis surtout fier de son fils, plus audacieux qu'il l'eut cru au premiers abords. Bryce Cousland peut désormais envisager de confier le château en son absence à son plus jeune fils. 

Année 9 :30 - 21 ans. Deuxième tournoi gagné pour le cadet, où il écrase littéralement l'écuyer de son père, Dairren, et défait à nouveau Ser Gilmore considéré comme la plus fine lame de Hautecime. L'ascension de Joruth Coustland est alors palpable et sa popularité au château et les environs n'est plus à faire. Il n'est plus uniquement le jeune frère effacé, obscure et bien obéissant. Bien qu'il ne soit pas l'héritier légitime, un avenir brillant lui est garanti par tous.

" Sans ambition, il n'est point d'accomplissement remarquable. Sans dur labeur, il n'y a guère de résultats, à tout le moins à la hauteur de considérations respectables. La chance ne se mérite pas, elle se crée, peut être forgée. Il suffit d'en avoir la volonté et l'habilité. "


Joruth Cousland est le plus jeune des deux fils du Tyern Bryce et de la Tyerna Eleanor Cousland, né dans l'une des plus grande et respectée famille noble de Ferelden, juste et modérée dans sa gouvernance, aimée de tous leur sujets. Elévé sous une forte influence chantriste, par des parents sévères, fort en principes mais aimants, Joruth ne manqua de rien, tout comme son frère. Très vite il leur fut inculqué la notion de devoir et de responsabilité qui incombent à leur sang et leur rang, la valeur de l' honneur et du courage. Fort d'une histoire et d'ancêtres admirables, leur parents ayant aussi tous deux combattus durant la rébellion contre Orlaïs, entourés par la soldatesque, fort émus des chants de guerre et des légendes, héritier du caractère intraitable Fereldan; les valeurs et les prouesses martiales ne pouvaient qu' attirer les deux jeunes enfants, être louées et mis en exergue devant leur yeux. Fergus voulait être un héros aimé de tous, un chevalier valeureux et couvert de gloire, Joruth lui, n'aspirait qu'à se transformer en un guerrier pur et exalté, l'héritier légitime véritable défendant la maison Cousland avec une férocité implacable contre ses ennemis.

" Enfant, mon père me répétait à l'envie que j'avais l'étoffe et le tempérament d'un soldat. Selon lui, lors de promenades, mes pas tombaient naturellement sous la cadence d'un rythme militaire énoncé par des tambours. J'obéissais toujours sagement à chacun de ses ordres, attentif au moindre signe de sa part et prompte à m'en accommoder sans trainer ni rechigner. Le soir au lit, je lui lisais des scènes de batailles avec un tel enthousiasme, qu'il se sentait obligé de me rappeler, non sans rire à mon côté, que je n'y étais guère sur le moment, n'y avait jamais été, et que la guerre n'avait rien d'enchanteur. "


Les deux frères vivaient des bienfaits de la paix et de l'amour confectionnés par leur parents et leur entourage, et en esprits libres furent eux-mêmes motivés par l'exigence de devenir aussi forts et respectables que leur lignée et leur paternels. Joruth dont l'héritage du titre et des terres lui serait simplement refusé au profit de son frère n'avait de fascination que pour les armes et les études, considérés comme un moyen pour lui de briller et de répondre à ses ambitions. Sous la tutelle des plus raffinés des soldats et des plus affûtés des mentors universitaires, élève brillant, appliqué et studieux, il s'évertua à surpasser son frère dans des domaines qui lui étaient alors accessibles cette fois, déterminé à être utile dans un futur proche et prouver sa valeur combien qu'il n'était que second dans l'ordre de l'héritage paternel.

Outrepasser ses limites physiques et intellectuelles; faire du travail de l'esprit et de la discipline du combat un art jalousé que l'idéal commun amène à concevoir proche de la perfection : Telle était sa volonté de jeunesse. Déplacé ou non, ce feu lui ouvrit des portes vers une meilleur reconnaissance du monde et lui fit gagner une très grande confiance en soi, quitte à ne plus louvoyer sur les droits de son frère, à se focaliser entièrement sur son avenir et celui de sa famille et à trouver meilleurs sujets sur lesquels réfléchir, tel que l'exercice du pouvoir et la politique.[/justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 10 octobre 2013 à 19:38:00
[justify]Expérience d'une servante elfe sous les ordres de Nan. Petits désirs coquins avec Monseigneur Joruth Cousland.

La grande salle du château est remplie, débordante de rire et de cris railleurs. L'ambiance est chaleureuse, sous l'odeur enivrante de la cuisine préparée envahissant les lieux, et les maîtres sont attablés. Quand est-ce qu'ils vont se mettre à dîner ? J'ai des tas de casseroles à nettoyer et un sol à récurer moi ! Mes mains commencent à trembler sous le poids de la marmite remplie de soupe chaude que je tiens entre mes mains, immobile et forcée de patienter discrètement au milieu de la file de serviteurs agités. J'attends le signe de Nan, mais celle-ci aussi frigide et figée que la glace comme à son habitude, ne bouge pas d'un pouce, son regard sévère fixé devant elle. Qu'attend-elle par Andrasté ? C'est lourd ce truc ! Désespérée et désireuse de tromper l'attente, mon regard s'attarde un instant sur Monseigneur Fergus. Soupirer après des princes et des nobles est l'un de mes uniques passe temps - fort rares - et aussi mon passe temps favori.

C'est pourtant vrai qu'il est beau, comme il se murmure aux cuisines entre serviteurs de la gente féminine qui aiment à faire des comparaisons entre les hommes dans leur cancan. Des yeux rieurs d'un noir profond derrière un nez fin et long, un visage si charmant, un menton volontaire, cette barbe qui lui donne une stature, ses cheveux bruns qui tombent nonchalamment sur ses épaules, un corps taillé dans le marbre... Mais voici qu'entre enfin la raison de tout ce retard. Oh ! Non, pas lui ! La chaleur s'empare de mes joues ! Monseigneur Joruth ! Voilà qu'il prend la peine de souper avec tout le monde ce soir ! J'en conçois une certaine contrariété, mes cheveux ne sont même pas arrangés ! J'aurais dû m'en douter, il passe tous les soirs désormais ! Comment ais-je pu l'oublier ? L'homme pour qui bat secrètement mon coeur... Oui, je suis une idiote d'éprouver du désir pour un être nettement plus élevé, et un humain de surcroit qui n'a sûrement rien à faire d'une elfe par ailleurs... * soupir ! *

Monseigneur Joruth. Il n'a rien de commun avec son frère, assimilable à l'éclat du jour et lui à la noirceur de la nuit malgré le châtain de ses cheveux, ses yeux d'un  éclat marron étonnamment claire, presque doré. Monseigneur Fergus, contamine par son rire, rayonne par ses éclats, illumine la salle par sa présence quand le cadet s'échine à la tapir dans une discrétion peu commune. Un jeune loups avec les traits sévères de son père, les yeux fauves d'un ancêtre, et presque la blondeur de sa mère. Sa démarche est celle d'un félin, et sa dégaine fait profiler sa dangerosité. Il en impose, presque menaçant.

Contrairement à son frère, qui respire tant la sympathie, aussi avenant que le plus adorable des époux, charismatique, plein d'entrain, et le rire facile, Monseigneur Joruth a le regard austère et le comportement distant, des yeux intenses, le tout en lui évoquant une allure martiale. Tout semble toujours s'assombrir autour de lui. Tableau peu enchanteur... Non mais Franchement ... Qui inclinerait vraiment pour ça ? ... Non mais vraiment, je veux dire ?... Il... C'est juste qu' il respire tellement... le danger, épouse tellement le mystère... évoque si dangereusement la passion.

Jamais personne ne prend la peine de le mentionner parmi les filles quand on énumère si enjouées qui l'on souhaiterait dans son lit, Ser Gilmore étant le favori. Est-il si peu recommandable ? Ou alors... elles le désirent toutes en secret, sans jamais se l'avouer... Tout aussi bien que moi.

<< Bonsoir père, bonsoir Fergus.>>s'annonce alors debout en saluant Monseigneur Joruth, dominant son frère et son père, avant de s'asseoir à leur côté, botté de cuir , culotté de lainages, ganté de taupes, portant une délicate et souple cotte de maille qui miroite doucement par dessus de coquets entrelacs de laine. Le clou de sa gloire étant sans conteste ses pelisses en fourrures brunes aussi moelleuses et douces que de la soie, et qui entourent ses larges épaules musclées. Diable que ça le met en valeur ! Mais pourquoi je le dévisage aussi scrupuleusement moi !

Malgré la ferveur et la trompeuse gaité de ces propos lancés, le jeune loups demeure incroyablement froid. Seul un feu brûle dans ses yeux, un feu de passion qui me met dans tous mes états à chaque fois qu'il m'envisage. Ce qui arrive évidemment à chaque fois qu'il prend la peine de dîner ces derniers temps et je ne sais jamais ou me mettre ! Je me fais certainement des idées ! Oui, c'est ça !

Ah ! C'est l'heure, Nan me fait signe, il est temps d'apporter le diner. Enfin ! Je m'exécute pendant qu'ils discutent. Et par inadvertance bien sûr, mon regard s'attarde sur monseigneur Joruth, encore une fois je sais,  bien qu'il me soit normalement interdit par la gouvernante de le faire... Le seigneur plonge alors ses prunelles dans les miens comme il le fait si certainement et à sa manière depuis plusieurs jours, de manière flamboyante, avec équivoque. Je sens alors son regard sur moi balayer de la pointe de mes cheveux à l'extrémité de mes orteils, en passant par tout mon corps couvert d'une robe fourreau de lin claire qui colle à mes formes. L'acier de ses yeux, la passion dévorante que j'y lis et qui me semble personnellement adressée me submergent, me liquéfient et j'en tremble sur le moment, terriblement confuse. Par Andrasté, heureusement que j'ai déjà pu posé la marmite, j'aurais été capable renverser tout le contenu !

<< Ce sera tout, merci. >>me tance le chef de famille et seigneur des lieux, et je me découvre avec surprise totalement immobile et bras ballants tandis que tout le monde m'observe en fronçant les sourcils. Je rougis de honte face à ma maladresse et ma situation inconfortable et m'excuse puis m'enfuis loin, très loin, non sans un dernier regard pour le fils cadet que j'aperçois sourire pour la première fois.
_________

Ma tâche enfin achevée en cuisine, je sors et toute esseulée traverse le couloir vide et peu éclairée, et...

<< Aaaah ! Oh mon Seigneur, c'est vous ! >> dis-je en m'étranglant de surprise, soulagée. Oui, toute à fait, là où converge mon regard se tient le prince de mes rêves, adossé qu'il est à la paroi de la pierre brute , les bras croisés et les yeux brillant fixés sur moi, un sourire espiègle aux lèvres.

<< - Je vous ais fait peur ? Pardonnez moi, je voulais vous surprendre seule, non vous effrayer. >>  Intriguée par ces paroles, je me contente cependant de répondre simplement.

<< - Non, non ce n'est rien, Monseigneur. Je ne vous avais simplement pas remarqué. >>A ces mots, son sourire semble comme s'élargir. Un sourire insolent et confiant que peu ont sûrement pu témoigner, Monseigneur Joruth étant réputé pour se tenir souvent en retraite, effacé derrière son frère, ombrageux et silencieux.

<< - Vraiment ? C'est bien la première fois. Vous ne m'avez jamais manqué pourtant, ni tout à l'heure au dîner d'ailleurs, et ni les jours précédents. Vos yeux constamment posé sur ma personne, de manière équivoque. Et je le sais car les miens étaient rivés sur la vôtre également, constamment. Une telle beauté. Je n'aurais pu vous manquer. Jamais. >> Je rougis, incrédule devant ces mots et cette approche direct. La réputation et la réalité sont définitivement deux choses différentes. Monseigneur Joruth malgré l'aura qu'il dégage n'a rien de timide ni d'acariâtre. Je ne me l'étais jamais imaginé de cette façon, son silence est assurément une façade cachant sa véritable personnalité. Et maintenant je me retrouve toute intimidée, prise par surprise et manquant de mots à fournir telle une bègue ou une imbécile.

<< - Je.. Vous me voyez confuse Monseigneur.. >>

<< - Pourquoi ? Parce que j'admets une évidence ou parce que vous me plaisez ? >> dit-il en décroisant soudain les bras et en prononçant quelques pas vers moi, me dominant de haut.  je lève la tête à son approche, le coeur battant la chamade; Ne sachant que proclamer sur le moment, je ne dis rien. Et satisfait de cette réponse muette, il se penche vers moi et ses lèvres s'emparent des miennes et s'y pressent. D'abord surprise, je ne réagis guère puis monte vite la passion et tout disparait. M'abandonnant totalement à lui en l'enserrant de mes mains, plus rien ne compte, et mes lèvres dévorent les siennes, mon corps entier se presse contre le sien. Ses bras m'entourent et me repoussent contre le mur, ses lèvres quittant les miennes pour mon cou et ma gorge, tandis que ses mains descendent vers mes hanches. J' halète coincée contre le mur, désespérée et je reprend mes esprits en même temps, comme réveillée soudain. Situation très bizarre. Mon environnement m'apparaît à nouveau et l'incongru de ce qui se passe me frappe avec vigueur.

<< - Non ! Monseigneur, il... Il ne faut pas ! >> J'essaie de dénouer ses bras autour de ma taille, tout en essayant de repousser cette vague de plaisir qui m'envahit, et qui me pique tellement la colonne vertébrale. Mais il est d'une force incroyable et je n'arrive à rien. Les paroles auront peut être plus de résonance.<< Monseigneur, vous êtes fou ! Et si quelqu'un nous voit !? >>

<< - Ce serait terriblement embarrassant. >> me répond t-il d'un ton langoureux en riant presque, avant de s'emparer à nouveau de mes lèvres.<< Oh oui, horrible. * kiss * Un fils de noble.. * kiss *... bécotant... * kiss * une vilaine servante... * kiss * indigne de son rang. Je deviendrais la risée de tous évidemment et j'en verserais des larmes, jusqu'à prier le Créateur à la chapelle du château de pardonner ma vilaine faute morale. En tout point de vue comique en vérité, car je ne connais aucun noble respectable qui n'ait pu s'énamouracher un jour d'une magnifique servante elfe équipée de si jolies petites fesses. >> Et ses mains reflétant cette dernière remarque tandis qu'il sourit y vont tout de go sur mon arrière-train. Je me mets à pouffer, et je m'en veux pour ça, car cela encourage Monseigneur Joruth, aussi amusé que moi. Cette fois- ci j'y vais plus fort, et tente de le repousser de mes deux coudes sur le métal froid de son armure au niveau de sa poitrine.

<< Mon seigneur ! Monseigneur je vous en prie ! >> Si la force de mes bras n'y ont rien fait, le ton de plainte et de supplique soudaine le ramènent immédiatement à la raison et il se détache de moi promptement, avant de reculer, véritablement déconcerté. Nous nous contemplons, haletants, aussi bien éreintés par les émotions qui nous envahissent que par ceux que nous refoulons sur le moment présent, terriblement silencieux. Par le souffle du créateur, que c'est une situation embarrassante... Puis reprenant contenance, son visage à nouveau de marbre, Monseigneur Joruth dit enfin très froidement :

<< - Vous ne voulez pas ? J'avais cru. Pardonnez ma méprise. >>

<< - Mais je le veux ! Terriblement. Mais pas ici mon amour, pas dans ce couloir. Ailleurs, à l'abri des regards. >>  Je prends conscience que je ne l'ai pas nommé par son titre, et allait m'en excuser quand je me rendis compte qu'il n'en n'a cure, son regard adouci. Etrange comme on peut se considérer si familier après seulement quelques bisous passionnés.

<< - Ah je vois. On tient à ne pas être prise au dépourvu en ma compagnie. On tient à sa réputation de servante entièrement dévouée à sa cuisine. C'est sûr que forniquer avec un homme de haute lignée y porterait atteinte. >>  Je reste de marbre face à sa pique et continue sur ma lancée, plus que sérieuse.

<< - Je tiens surtout à un minimum de discrétion. Je pourrais en baver pour ça. >> S'approchant alors vivement de moi, ses mains chaudes saisissant soudain mes joues et la fougue l'envahissant, Monseigneur Joruth me balance d'une intense passion et d'un ton aussi tranchant qu'une épée :

<< - Je ferai fouetter quiconque s'en prendrait à vous parce que vous m'aimez ! >>Attendrie par cette remarque, je tends les pieds et lui colle un bisou sur la joue, puis sur les lèvres avant de passer ma main sur les contours de son visage.

<< - Qu'en est-il de Nan ? Elle est votre nourrice depuis toujours. >>

<< - Nan est une servante comme une autre, simplement mieux disposée au vu des grands services rendus. Et mes fréquentations ne la regardent pas ni ne requiert son approbation. Très bien, allons dans ma chambre, et elle ferme à clé, promis... >> Malgré le ton rassurant, je ne suis pas tout à fait rassurée , hésitante.

<< - Et si... Et si quelqu'un me voit entrer ou sortir de votre chambre ? Et si on me demande où j'ai... ? Ne craignez vous pas que... ? >>

<< - Je ne crains rien et je n'autoriserai personne à vous penser le moindre mal. Il y aura peut être du commérage et des potins, comme partout et pour tout. Si ceux-là même qui blâmeraient notre relation prouvent qu'ils valent mieux que nous en se serrant la ceinture ad eternam, je pourrais prêter attention un jour à leur futiles et pathétiques accusations. >>

Sur ces paroles, mettant définitivement de côté mes réticences, je lui prend la main et l'attire derrière moi, courant à toute allure vers les étages supérieurs. Je connaissais évidemment la chambre de Monseigneur.... A peine entrés sur les lieux, et le définitivement loquet tourné, je plaque monseigneur contre un mur et tente de me faire pardonner les vilaines blessures infligées en l'embrassant comme une fille affamée. Partout sur le visage, puis dans le cou. Oh que oui, il me pardonne, tandis qu'il me soulève et m'emporte, jusqu'à basculer sauvagement l'un sur l'autre sur le lit.. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la réalité peut parfois dépasser les aspirations que nous pouvons soupirer. [/justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Kalran le 10 octobre 2013 à 21:22:55
J'aime le profil de ton perso  ;D
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 11 octobre 2013 à 06:11:05
Merci ! ;D Suite à venir prochainement.
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 11 octobre 2013 à 23:29:54
[justify]
[size=16]Trahison de Howe et Bataille perdue. ( Intro )[/size]

" Aujourd'hui, amer, je pleure de n'avoir rien pu sauvé ni protégé, si ce n'est ma vie à présent misérable. Peut être aurait-il mieux valu que je meurs l'épée à la main aux côtés des mes pareils. Je culpabilise en seul survivant, je rage en m'égratignant la peau, je pense à toutes les choses folles à m'infliger, et perd le contrôle pour la première fois. "

" Me voici alors orphelin, sans plus aucune attache, dévasté par la perte de mes rêves et de mes illusions. Mes ambitions mis en pièces. Mon monde se délite soudain et meurt, ma famille et ma bannière évincées de l'histoire, vaincues par la fatalité et la traîtrise, notre château incendié sous le joug d'un autre. Pour le meilleur ou pour le pire une nouvelle ère s'instaure en Ferelden, et manifestement sans les Cousland pour en témoigner. Nous appartenons déjà au passé, et peut être bientôt je rejoindrai les autres reliques d'un temps pas si lointain et désormais reléguées dans un autre monde. Je suis seul, me sens terriblement accablé par le fardeau qui m'est échu et lequel je ne puis partager avec quiconque, l'histoire étant toute personnelle.  "

" Je les tuerai tous. Je ne trouverai le repos que lorsque j'aurais rayé intégralement les Howe de la carte, extirpé leur engeance, comme vers en charogne, de tout Ferelden. Nos morts crient vengeance. Ma famille, mon amante, mon neveux et l'épouse de mon frère. Ser Gilmore, nos loyaux sujets, nos elfes. Des femmes et des enfants en nombre, de basse ou haute naissance. Rien n'y a échappé, rien n'a su leur implanter un grain de pitié, attendrir leur coeur de pierre. Tous éradiqués. Jusqu'au dernier. Et tous seront honorés, je le jure ! Je le jure par Andrasté, ou périrait en essayant ! Quel qu'en soit le coût. Aujourd'hui la tête de mes parents reposent sur une pique et ce sacrilège ne restera pas sans réponse. J'aurai la sienne ! "

" Peu m' importe cette charge de garde des ombre qu'on m'a imposé contre ma volonté, peu m'importe que la justice s'assimile à un règlement de compte et que des innocents ne soient guère épargnés. Le temps n'y fera rien, je n'oublierai jamais et ma vie aura repris tout son sens dès lors que je l'aurai vidé de tous ses tripes avec ma lame, en vulgaire animal sauvage qu'il est. Je pourchasserai Howe jusque dans les Tréfonds si nécessaire. Je le jure ! Que le créateur m'en soit témoin !  "
[/justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 13 octobre 2013 à 02:12:24
[Justify]
[size=16]Arc trahison de Howe et bataille perdue. ( suite )[/size]

Oui, c'est cette nuit que tout commence pour le Garde des ombre. Une nuit de pleine lune et un bain de sang sous sa lumière pâle et froide. C'est là que tout basculerait, que tout changerait à jamais. Les engeances ont fait leur apparition et se sont de nouveau déclarés au sud du royaume, surgissant des tréfonds. Et les Cousland mû par la loyauté et l'honneur, fort désireux d'accomplir leur devoir répondirent promptement à l'appel du Roi Cailan, exigeant de même pour leur sujets. Les cloches sonnent, les rumeurs de guerre vont bon train, les soldats passent leur derniers moments avec leur famille, envahissent la chapelle pour supplier la clémence du Créateur, obtenir son soutien. On s'enthousiasme, la guerre sera courte, on sera vite de retour à la maison. On s'inquiète, reverra t- on un jour son mari, son épouse, son frère, sa soeur, sa mère, son père, ses enfants, ses parents ? Fergus est parti à la tête de l'armée, délaissant son fils et sa femme derrière lui, persuadé qu'il les reverra un jour. L'agitation est palpable dans les moindre recoins du château sans dessus-dessous; des milliers d'hommes pris en charge, l'armée de Howe retardée, cantonnée au château. Quelque soit l' humeur de tout un chacun, pessimiste ou optimiste, la guerre est dans tous les esprits, mais nul ne soupçonne le coups fatal à venir et d'où il partira. Le jeune Cousland étant le dernier à se douter de quoi que ce soit .

______

La soif le tenaillait après tant d'activités physiques. Ce fut court, mais très intense. A peine quelques heures seulement l'avaient séparé de ses pareils, ayant rapidement prononcé ses meilleurs voeux à son frère parti en guerre sans lui et promis de veiller sur son fils, avant de filer discrètement dans sa chambre où l'attendait déjà la raison de tant d'empressement et surtout la raison de la pire négligence possible à l'égard de la formalité familiale à un moment si important. Joruth, nu et pleinement éveillé, nul trace de sommeil ne l'ayant défiguré, se rassit sur le bord de son lit à baldaquin si confortable et moelleux. Et il tendit la main vers la cruche sur la table de chevet à proximité, dont le contenu avait déjà été monstrueusement vidé, mise à contribution de toute évidence... Profitant de l'atmosphère endormie et paisible, dans l'obscurité de la chambre, moirée par l'éclat de la lune qu'on discernait vacillant par la fenêtre aux verres rehaussés de rideaux riches en couleurs, il se versa plusieurs coupes de vin avant de les boire chacun d'un trait. Joruth ne prenait jamais la peine de siroter son vin, au grand déplaisir de sa mère qui trouvait ça inconvenant, surtout lors de dîners incluant la noblesse. Sans délicatesse, il s'en versa un dernier, ayant à coeur d'achever la cruche sans même lui abandonner une seule goutte. Sa dernière coupe en main et pensif, il toisa longuement la lune qui découpait le paysage de sa lumière opalescente.

Et c'est alors, que de sous les draps, une présence féminine se révéla et se découvrit lentement pour s'agenouiller sur le lit et atterrir tout juste derrière lui, s'appuyant sur son dos, la tête s'y logeant également, et l'enveloppant tendrement de ses bras pâles et fins. Joruth se retourna, et les yeux marron intense et gris elfiques bridées s'entrecroisèrent.

<< A quoi peut bien penser Monseigneur au beau milieu de la nuit ? >>

<< - A mes responsabilités nouvelles. Mon père me confiera le château en son absence demain. Je deviendrai de facto le maître de la région, le Tyern de Hautecime. Il me tarde de m'atteler à la tâche et d'incarner le pouvoir même si c'est seulement temporaire. Sache que c'est une lourde charge qui m'attend. >>

<< - Oh ! >> proclama la servante elfe nullement impressionnée, nullement concernée. Le ton moqueur de l'impudente fit sourire Joruth et le fit revenir définitivement à plus de légèreté, mettant de côté ses ambitions si entêtantes et ses responsabilités dont il était fier de se porter acquéreur avec toute la confiance de son père et de sa mère.

<< - C'est drôle. Un mois que nous couchons ensemble, et je ne connais toujours pas ton nom. >>

<< - Vous ne me l'avez jamais demander. Aussi n'en n'ai-je rien dit, soupçonnant vos seules priorités.>>chuchota l'elfe non sans en profiter pour lui coller des baisers langoureux derrière la nuque, dans le creux du cou et un peu partout sur les épaules, ses doigts effilés remontant ses cheveux avant de les glisser lentement sur son dos, sur ses bras, sur sa poitrine. Le plaisir mis en éveil avec talent par l'impudente, Joruth parcouru de frisson se laissa aller à ses caresses, d'humeur libertine, le vin ayant aussi fait son effet.

<< - Aussi affriolante au lit que magnanime, comment ne puis-je être comblé ? >> Il tourna la tête sur le côté, épris d'un vif désir d'happer ces lèvres qui le mettaient en émoi et en feu, désir auquel accéda volontiers sa compagne. Une fois séparés, il affecta un air sardonique.

<< A t-on jamais eu l'occasion de converser d'ailleurs ? Je ne m'en souviens plus. >> Tous deux éclatèrent de rire, et Joruth posant son verre toujours rempli qui n'avait soudain plus d'intérêt à ses yeux sur la table chevet, se tourna entièrement vers l'elfe et la fit basculer, la chatouillant, et l'embrassant à répétition. Puis s'arrêtant soudain, posant ses prunelles marrons claires sur elle, appuyé sur ses coudes au-dessus d'elle et son visage à quelques centimètres du sien, il la transcenda longuement du regard. << - Maintenant, je te le demande, quel est ton nom ? >>

<< - Lyn. Curieuse volonté soudaine. Cela signifierait t-il que vous devenez sérieux, Monseigneur ? A propos de nous deux ? >> Le ton de l'elfe était léger, taquin, l'oeil amusé et brillant.

<< - Est-ce là ce que tu désire ? >>

<< - J'sais pas. Tout est si compliqué au dehors, et si simple entre nous. J'ai toujours l'impression d'oublier ma condition d'elfe et de servante aux cuisines, dans vos bras ! Et comme dans un rêve de partager un peu ce que ces nobles et si belles dames humaines si joliment accoutrée vivent au quotidien, sans le risque de voir tout s'écrouler autour de moi à cause de ce que je suis et de ce que ça pourrait provoquer si nous allions plus loin. Puis... On est bien comme ça, non ? >>

<< - Je n'aurais guère été mieux satisfait de notre situation. >>

<< - Vraiment ? Vous n'auriez guère été mieux satisfait ? Ce qui se trouve dans mon entrecuisse est tout ce que vous pourriez jouir et trouver d'attachant chez moi ? >> demanda l'elfe en affectant un air concerné, ennuyé et presque offensé. Joruth n'y croyant pas ses oreilles et surpris par son expression ainsi que la tournure que prenait la discussion , s'appuya sur ses coudes pour s'écarter d'elle, se relever et se rasseoir sur le bord du lit, un brin agacé.

<< - Ah les femmes et leur inclination pour le vice. Il y a toujours une question piège quelque part, à un moment ou un autre. J'aurais dû le voir venir, me méfier comme de la peste de la réponse à fournir avant de me jeter tête baissée dans le traquenard. Adoucir le tout de mots sucrés pour m'épargner de possible tracas. >> Mais l'Elfe éclata d'un rire de cristal, et toute aussi espiègle qu'amusée vint se placer sur ses genoux, chaque jambe replié sur le lit de chaque côté du corps de son amant, les mains noués autour de son cou. Joruth se rendit compte à son regard rieur qu'elle s'était simplement moquée de lui, et il se décrispa, pour peu qu'il se crispa vraiment.

<< - C'est que nous adorons tourmenter nos hommes. Si facile à satisfaire, si basique et si primaire, que c'est à se demander pourquoi ce ne sont pas les femmes qui régentent ce monde. >>  Lyn se pencha vers la table de chevet, saisissant la coupe de vin entre ses mains, avant d'en verser le contenu sur la poitrine et sur le ventre de Monseigneur Joruth, sans que les deux amants ne se quittent des yeux. Puis ceci fait et la coupe jetée négligemment au sol, elle le repoussa de ses deux mains contre l'oreiller sur lequel il s'affaissa, toujours au-dessus de lui et elle lapa le vin de haut en bas. Joruth en ferma les yeux de plaisir. Il ronronnerait presque, mais il n'était pas un chat. Alors il se contenterait d'apprécier en silence.

<< - Diable ma jolie, puisse-tu me tourmenter autant que faire se peut de cette manière. Chaque jour que le Créateur a fait naître. Je te laisserai volontiers régenter le monde, t'appellerai ma Reine, te baiserai les pieds pour m'annoncer, subirai le moindre de tes commandements fantasmés, esclave de tes moindre désirs. >>

<< - C'est bien ce que je disais ! Basiques et primaires. * rire * Puis je remarque que vous ne m'appelez toujours pas par mon prénom. >>

<< - Inutile ma jolie. Ce qui se trouve dans ton entrecuisse est tout ce dont j'ai besoin et trouve attachant chez toi. >>

<< Roh, qui tourmente qui, et se moque à présent ? >>

<< Et si j'étais sérieux ? Que sais-tu vraiment de ce que je pense ? >>

<< Guère. Mais quand vous m'étreignez et m'embrassez, je ressens bien plus de force et d'affection qu'auparavant, là où il n' avait été seulement question que de faim et d'envie. Il y a des signes qui ne trompent pas. Allez, Avouez-le que vous m'aimez bien Monseigneur ! >> Joruth la contempla un instant, sans un mots pour lui confirmer cette pensée intuitive, admettant alors un fait incontestable par son silence et l'intensité de son regard.

<< - Joruth. >> lui intima t-il finalement avant de s'emparer de ses lèvres. Mais sa compagne se détourna, plus que gênée. Elle n'oubliait pas qui elle était, et qui il était, un monde entier les séparait, et rien ne changerait ça. << - Je ne puis m' y résoudre. >>  Joruth lui saisit le menton. << - Je vous le commande Lyn. >> Et ils se laissèrent retomber ensemble et bruyamment sur le lit, s'abandonnant à leur passion mutuelle.

<< - WOOF ! >>

<< - Oh, je crois que nous avons réveillé votre Mabari et qu'il en est furieux ! >>

<< - Je n'ai rien entendu. >> * rires * [/justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 14 octobre 2013 à 21:34:07
[Justify]
[size=16]Arc Trahison de Howe et bataille perdue. ( suite )[/size]

<< GRrrrh ! Rrrrh ! Rrrrh ! >>

Marqués par des sentiments naissants, fourbues par leur joutes amoureuses, les deux amants dormaient profondément dans l'ivresse odorante de leur corps épanouis et mêlés, chevelure châtain et rousse formant le tabeau final de leur félicité, enlassés l'un dans l'autre.

<< GRrrrh ! Rrrrh ! Rrrrh ! WOOF >>  La domestique elfe, hagard, fut la première à ouvrir les yeux, le sommeil plus léger que son Seigneur qui avait l'habitude de son fidèle compagnon, très enquiquinée par les grondements du Mabari. Elle frissonna en l'envisageant. Il était devenu terrifiant dans son agressivité soudaine et inhabituelle, comparable à un monstre géant, ses longs crocs découverts, ses yeux devenus comme fous. Dans le noir moiré par les rayons de la lune, il ne cessait de scruter la porte en grondant devant une menace invisible. L'Elfe sentit la chair de poule la saisir, quand elle crut également entendre des cris et du bruit discret de ferraille au dehors. Indistinct, lointain mais qu'elle ne pouvait sûrement pas avoir imaginée. Que se passait-il ? Elle tourna la tête de côté, grandement tentée de réveiller Monseigneur Joruth, effrayée. Sa présence si imposante et sa prise en main de la situation en l'homme fort qu'il était, en ce moment si incertain ô combien la rassurerait, mais il dormait comme une masse et si paisiblement qu'elle avait des scrupules à le déranger pour une vague impression dont elle n'était même pas sûre. Non, elle ne réveillerait pas Monseigneur pour une broutille, elle pouvait s'en charger elle-même. Glacée, et les mains autour de sa poitrine comme pour se protéger, elle dévisagea la porte sombre en bois avec frayeur, mue d'un mauvais pressentiment. Peut être devrait-elle faire comme si de rien n'était et retourner soupirer sur la poitrine de Monseigneur, remonter les draps puis fermer les yeux une fois pour toute.

<< - Allez Lyn, du courage. Tu te fais probablement du mouron pour rien. >> Un peu tremblante, elle s'échina à retrouver ses vêtements étalés au sol, enfila ses sous-vêtements quand.... * PAM ! PAM ! PAM ! * Des tambourinements contre des portes se firent entendre, ainsi que les mêmes bruits de ferraillements beaucoup plus proches, accompagnés de bruits de pas cette fois. Cette fois-ci, Monseigneur Joruth l'avait entendu également !  Immédiatement il se redressa, sorti brutalement de ses rêves, l'alerte faisant immédiatement disparaître les miasmes du sommeil et de l'épuisement.

<< Qu'est-ce que ce qui se passe, pourquoi vous-êtes vous levée... ? >> demanda t-il avec suspicion en la remarquant vêtue,prise sur le fait et debout. Lyn fort soulagée de le voir éveillé, n'ayant plus à craindre de tenter de comprendre seule, répondit avec empressement :

<< C'est votre Mabari, il n'arrête pas de fixer la porte tout en grondant. Il n'a pas cessé depuis un moment. >> Joruth, déboussolé, jeta un oeil à son Mabari. Et celui-ci grognait, grondait, crachait plus que jamais contre la porte. Il ne l'avait jamais vu ainsi que lorsque du danger se rapprochait. Il se raidit, comme soudain alerté.

<< Svear, qu'est-ce qu'il y a ? >>

<< WOOF ! WOOF ! WOOF ! Rrrrh , Rrrhh, Rrrrh ! >> Joruth n'aima pas du tout ce que cela signifiait. Le Mabari ne faisait pas attention à lui. Et il se leva promptement, se débarrassant de son drap sur lui, le regard durci.

<< J'ai entendu des cris, il doit se produire quelque chose ! >>

<< Lyn restez là. Le temps de m'habiller et je vais jeter un coups d'oeil au dehors. >> Désormais, on percevait des cris, des injures, qui montaient en puissance. Derrière cette porte sombre implacablement fermée. Cette fois-ci Lyn eut vraiment très peur. Et Joruth ne doutait plus à présent qu'il se produisait des évènements graves, des choses terribles. Lui aussi avait peur. L'elfe se précipita vers sa vêture retrouvée.

<< - Je vais y allez aussi ! J'ai juste à me glisser dans ma robe et c'est fait. >>

<< - Non, il ne me plait guère que vous sortiez. >> Lyn fit les gros yeux, horrifiée.

<< - Par pitié ne me laissez pas toute seule ! >>

<< - Il est hors de question que je vous laisse seule. Svear restera à vos côtés. Il vous protégera. >>

<< - Mais... >>

<< -  NON ! >> interrompit vivement Joruth d'un ton tranchant en levant un index d'interdiction vers elle, sa voix fouettant l'air, l'humain rendu agressif par l'instinct protecteur envers sa compagne interloquée, l'inquiétude mêlée à ça. Il sentait une menace poindre à l'horizon, elle lui hérissait le poil, lui piquait la colonne vertébrale.  Et ils perdaient du temps en palabre, comme des idiots. Il venait tout juste de glisser ses sous vêtements lui aussi.  << Lyn, ce n'est pas sujet à discussion, obéissez. >> Il parlait avec distance, en Seigneur de Hautecime et la domestique comprit immédiatement le message en baissant la tête, peut être un peu blessée. Plein de remords, Joruth s'approcha d'elle et lui caressa le visage, plongeant son regard dans le sien.

  << Je ne vais pas bien loin, je ne vous laisse pas seule. C'est promis. Comprenez que je suis le maître des lieux, je dois savoir ce qui se passe. >> Il n'en fit pas plus pour la dorloter. Pas d'embrassades. Il n'avait pas le temps pour ça, il n'en n'avait que trop perdu, et Joruth détestait perdre en efficacité. L'amour pouvait vous rendre faible. << Vous barricaderez la porte derrière moi, n'ouvrirez à personne ne répondant guère au son de ma voix. >> Ceci édicté, lui tournant le dos, il tenta de retrouver son pantalon. Et...

* PAM PAM PAM * On tambourina à leur porte ! Des pas lourds, puissants, empressés se faisaient entendre tout juste derrière.  << DERRIERE CETTE PORTE SE TIENT LA GARDE ! OUVREZ ! OUVREZ PAR LE SOUFFLE DU CREATEUR ! >>

<< - Je vais ouvrir ! >> lança Lyn qui ayant d'abord sursauté d'effroi fut grandement soulagée d'entendre le son tambourinant d' alliés venus à eux de leur propre chef. Ils en apprendraient certainement plus sur ce qui s'était passé et le chaos qui régnait. Et Joruth, de froncer les sourcils, interpellé. Derrière cette porte se tient la garde , ouvrez ? Puis lancé sur un ton impérieux ? Sur sa porte ? Lui le nouveau seigneur de Hautecime ?

Il se retourna vivement, le poil hérissé, tandis que son amante se précipitant sur la porte tournait le loquet avec frénésie, et l' ouvrait en grand pour accueillir leur invités. Shhht ! Une espèce de grincement grave, de chuintement, que Joruth en soldat confirmé, aurait reconnu n'importe où, n'importe quand, et à n'importe quel moment. Lyn émit un hoquet soufflé, tandis qu'un dard acéré lui crevait, devant la poitrine.

<< NOOOOOOOON ! >> hurla Joruth comme il ne l'avait jamais fait durant toute sa vie, horrifié ! L'incompréhension se lisait dans le regard de sa compagne qui se tournait vers lui, une flèche aux couleurs sombres à sa devanture, d' un rouge à présent aussi éclatant que si on l'avait peinte, en travers elle, avant qu'elle ne s'affaisse lentement au sol, son doux visage imprimé d'une si grande douleur.

Joruth n'eut même pas le temps de se remettre du choc, un homme vêtu de pied en cap d'une armure de maille déboula férocement dans la chambre, épée en main, et fondit vers lui aussi nu et désarmé qu'un vers. Plus par réflexe dû à un entraînement martial sévère et mûri que par volonté, le jeune Cousland réussit à s'écarter d'un pas et à éviter de justesse la lame vive de l'ennemi au visage défiguré par la haine, taillant vers son ventre. Mais celui-ci enchaînant sur un violent pied chassé botté sur sa poitrine le fit basculer en arrière et s'écrouler sur le lit, défait, lamentable. Lui le champion de deux tournois, la fine lame de Hautecime ridiculisé en un mouvement, pris par surprise quand il s'était tant entraîné à ne jamais se retrouver dans cette position inconfortable.. Voilà à présent qu'il allait mourir ainsi, aussi pitoyable qu'un amateur.

<< NON ! >> s'écria Joruth les mains levées au-dessus de lui, étendu jambes écartés et le ventre offert comme une catin, aussi désespéré qu'étranglé de torpeur, ahuri ! S'apprêtant à donner le coups de grâce tout en levant soudain son épée, le guerrier menaçant se sentit brusquement projeter contre le mur par une force incroyable. Une boule agitée, un véritable démon lui sauta sur le dos, et lui déchiqueta la nuque en d'innombrables morsures acharnées traversant la maille et le cuir. Le Mabari n'avait pas dit son dernier mot et continuait de s'acharner sur le corps, en lui déboîtant sévèrement les bras par la force de sa mâchoire agitée dans tous les sens.

<< AAAAArgh ! >> Attiré par le boucan de son partenaire, un autre homme fou furieux en armure, soufflant comme un boeuf, fondit vers la chambre, mais Joruth, toujours aussi pathétiquement nu et se sachant définitivement désavantagé, régi par l'instinct de survie se précipita sur la porte en vociférant, et au moment où le soldat entrait à demi dans la pièce, il la cingla violemment sur son bras lancé en avant qui se fracassa au niveau du coude sous le choc métallique terrifiant, emprisonné dans l'embrasure.

<< AAAAAAAAArgh ! >> hurla à son tour le pauvre homme de terreur et d'agonie, son épée lâchée suite à la douleur aigu, insupportable et l'extrême sensibilité de son bras en miette. Joruth rempli de hargne rouvrit la porte, empoigna son adversaire affaibli d'une main implacable en l'attirant à lui, puis de son autre main s'empara de sa dague à sa ceinture, et il lui enfonça plusieurs fois la lame dans la gorge, y compris longtemps après qu'il ait perdu la vie, faisant exploser un geyser de vermeille. Déjà le sol par delà les éclaboussures qui s'éjectaient de partout se teignait de rouge dans le courant de l'action qui à peine seulement avait ouvert le bal. L'archer, responsable du tir sur la victime elfe, ayant hésité, stupéfait, à battre en retraite devant la vision de leur propre échec dans cette zone face à un homme presque à poil, tenta quand même sa chance, et après avoir de nouveau encoché, décocha sa flèche sur son mortel ennemi. Manque de bol, celui-ci s'était abrité sans vergogne derrière sa victime érigée en bouclier humain s'attirant le tir en pleine poire, et le Mabari en toute intelligence en avait profité pour se ruer sur l'archer alors qu'il était focalisé sur sa cible, et lui avait sauté dessus d'une force terrible, le projetant violemment en arrière, les poumons du pauvre humain vidés d'air par le choc. Cherchant immédiatement les endroits uniquement protégés par le cuir ou la maille, le Mabari lui dévora la chair de façon si monstrueuse que l'homme mourut aussi bien de crise cardiaque que de la perte de sang dans une douleur horrible causée par une rage animale irrépressible..

Tout s'était passé très vite, s'était achevé très vite. Moins d'une minute avait passé. Joruth, empli du sang d'un autre et le danger passé, balançant sa victime et en même temps son bouclier humain au sol, ne se laissa même pas le temps de reprendre ses esprits, se précipitant paniqué sur le corps de sa compagne. Elle était encore vivante. Que de temps perdu à combattre alors qu'elle se vidait de son sang !

<< - Mon... Monseigneur ! >> s'écria alors-celle ci en s'agitant comme une damnée, hoquetant, des larmes surgissant en nombre de ses yeux.

<< - Chuut ! >>

<< - Monseigneur ! Monseigneur ! >>

<< - Lyn ! reste calme ! >> Joruth considéra la blessure. La flèche était solidement implantée en elle. Sa compagne s'agitait, toute paniquée, et cette panique le contaminait horriblement bien qu'il tenta de garder son calme au maximum. Plus facile à concevoir qu'à faire...

<< - Mon...monseigneur, je ne vois plus rien , JE NE VOIS PLUS RIEN ! >>

<< - Ca va aller ! Ca va allez ma douce ! Tout ira bien ! >>

<< - J'ai.. si froid ! >> acheva celle-ci plus pâle qu'un mort vivant, puis la vie finit peu à peu par quitter ses yeux.

<< - Lyn cesse de gigoter, laisse moi regarder, je vais te la retirer ! >> Mais celle-ci, pas exactement comme il le désirait se figea, ne fit plus un mouvement. Joruth fit des gros yeux, bouleversé.

<<  Lyn, LYN, reste avec moi ! >> Joruth, laissant quelques larmes de rage sortir de ses yeux, il la prit avec force dans ses bras, et la posa sur le lit, s'agenouillant au-dessus d'elle,emprisonnant son visage entre ses mains et la secouant.  << Non, non, non, non, non, ne me fais pas ça ma belle, ne t'en vas pas ! Reste avec moi ! >>

Mais elle ne bougeait plus à présent, définitivement, ses yeux vides grand ouverts sur lui. Et il se rendit vite à l'évidence. Elle était partie. Elle était morte. Silencieux, en perdition, l'amant délaissé à lui-même, au milieu des morts et du sang, son Mabari aussi triste et silencieux que lui à ses côtés, s'assimilait à un mort-vivant, toujours affalé au-dessus de l'elfe décédée d'une mort violente. Il dévisagea longuement la jeune femme d'une beauté toute désincarnée, fixement, d'une manière étrange, comme s'il avait finalement perdu le fil, comme s'il n'était plus. Les secondes défilèrent, défilèrent, défilèrent, sans qu'il ne réagisse, la mort dans l'âme.

Puis, il se rapprocha d'elle et lui posa finalement un baiser appuyé sur ses lèvres encore chaudes.

<< Pardonne moi ma beauté, je n'ai pas su te protéger. >> lui murmura t-il une dernière fois, réprimant un sanglot en faisant la grimace. Puis, il se releva, essuyant ces quelques larmes inutiles et le visage défiguré par la haine, il se reprit. Première chose à faire, se vêtir, et s'armer rapidement. Il avait l'intuition que ça ne faisait que commencer. L'instinct de survie était encore la meilleure valeur lors d'un combat traître. Votre humanité en était réduite, mais votre efficacité multipliée. [/justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Gyapple le 15 octobre 2013 à 20:39:48
Mon dieu que tu écris bien. Je viens de tout lire d'une traite, et j'adore, c'est... Ouah.
Le scénario Humain Voleur/Guerrier est l'un des plus profond au niveau politique (avec celui du nain noble) à mon sens, donc le redécouvrir mais avec une profondeur sentimentale (faut dire, le warden ne parle beaucoup, c'est nous qui imaginons ses émotions internes) et bien écrites en plus...
Bon. Pas besoin de te faire cinq paragraphes pour dire que j'ai aimé hein?

Le seul point négatif serait peut être la taille d'écriture, que je trouve un peu petite, mais sinon... A quand la suite? :D
Titre: Re : Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 15 octobre 2013 à 22:01:48
Citation de: Gyapple le 15 octobre 2013 à 20:39:48
Mon dieu que tu écris bien. Je viens de tout lire d'une traite, et j'adore, c'est... Ouah.
Le scénario Humain Voleur/Guerrier est l'un des plus profond au niveau politique (avec celui du nain noble) à mon sens, donc le redécouvrir mais avec une profondeur sentimentale (faut dire, le warden ne parle beaucoup, c'est nous qui imaginons ses émotions internes) et bien écrites en plus...
Bon. Pas besoin de te faire cinq paragraphes pour dire que j'ai aimé hein?

Le seul point négatif serait peut être la taille d'écriture, que je trouve un peu petite, mais sinon... A quand la suite? :D

Ton commentaire fait au chaud au coeur. Il m'a frappé dans les entrailles. Merci et très heureux que tu ai apprécié ! :)

En effet, le Warden ne parle pas beaucoup par les émotions, donc du coups, oui on est un peu obligé de l'humaniser nous même par la pensée en se basant sur nos choix de dialogue ! xD

J'ai aimé toutes les origines. Mais l' origine humaine a été ma préférée, car elle a eu un puissant impact sur moi.  J'ai haï Howe durant tout le jeu, alors que pourtant, je ne connaissais ma famille que depuis 5 minutes dans le jeu ! C'est ça la magie Bioware ! La magie Dragon age ! ;D

Pour la police, je pourrais voir à l'augmenter si tu le souhaite vraiment ?

edit : suite arrivée. Et la suite dans probablement deux jours.  J'essaie d'écrire quand j'ai peu de temps par rapport à l'IRL, donc du coups ça va un peu en vitesse croisière !
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 16 octobre 2013 à 00:44:40
[Justify]
[size=16]Arc trahison de Howe et bataille perdue. ( suite )[/size]


<< Allez ! Brisez moi cette foutue porte et que ça saute ! Cette garce doit mourir et vite ! >> s'égosilla l'officier boursouflé de rage, à ses hommes qui s'attelaient rudement à la tâche en balançant des coups de haches répétés contre la porte barricadée, à peine entamée grâce à sa solidité. << Je lui ferai payer au centuple le temps perdu ! >>

<< Grrrrh ! Rrrrh ! Rhhhh ! >> A l'unisson la troupe de soldats enragés et conspirationnistes se retourna pour découvrir l'origine de ces terribles grognements. Dans leur dos était tout juste apparu une ombre, grandissante, précipitée tout juste sur les lieux. Cette ombre après avoir entamé sa marche sous la lumière des torches prit la forme d'un jeune homme imposant et svelte, d'allure austère et martiale, bouclier et épée en mains. Et pas des moindre, il portait une armure de belle facture qui révélait son appartenance à la noblesse.

Ce n'était pas l'un des leurs. Plutôt une cible potentielle, tous ceux capable de se dresser contre leur maître et ses ambitions devant être éliminés sans la moindre chance et jusqu'au dernier. Sa course stoppée, le jeune impudent se dressa là devant eux, armé jusqu'au dents et prêt à combattre le Créateur en personne s'il fallait, accompagné de son Mabari hérissé sur ses pattes, grondant, crachant, et prêt à fondre sur leur ennemis. Quiconque équipé d'un grain de cervelle en les apercevant, impressionnants et en nombre, s'en serait immédiatement retourné en arrière pour fuir ailleurs sans demander son reste. Mais pas lui, il ne semblait avoir d' yeux que pour la porte derrière eux, celle d' Eleanor Cousland devant laquelle ils se tenaient tous, menaçants, équipés de haches. Peut être la raison de son entêtement.

Dans un cliquetis aussi soyeux que désordonné de maille, le fer implacable mêlé à ses mouvements souples et contrôlés, l'inconscient isolé s'achemina sans compromission à leur rencontre, son regard marron empli de tristesse, sa face défigurée d' une apparente fureur sourde dirigé contre eux, ses yeux gonflés comme s'il avait tout récemment pleuré. Son Mabari, aussi monstrueux de taille et de rage que d'apparence, le suivait pas à pas, ses yeux fauves rougis par la soif meurtrière. Seul et certes accompagné d'un puissant allié contre eux tous, le jeune noble arrogant cherchait manifestement querelle et les soldats en sifflèrent d'admiration devant sa folie ou son courage.

Avec une férocité où entrait une espèce de de détachement singulier, Joruth observa ces soldats moins bien équipés que lui s'arc-bouter, se crisper sur leurs armes sous la menace soudaine qu'il représentait devant son comportement belliqueux sans qu'il n'y ait cependant la moindre peur, la moindre hésitation dans leur yeux et leur réactions. Ces assassins étaient sûres d'eux et déterminés, aveuglés par leur morgue et leur nombre, il lui suffisait de lire dans les yeux de l'officier pour s'en convaincre. Et celui-ci d'ériger sa lame à son adresse et de crier à ses gars :

<< Et bien qu'attendez-vous ? Vous allez trembler devant ce petit pisseux et son animal de compagnie inoffensif ? AVEC MOI ! >> Alors que celui-ci s'élançait haineusement suivi par ses gars vers les deux deux trouble-fête, Joruth et le Mabari passèrent également à l'offensive d'un pas aussi sûr que précipité, sans attendre leur ennemis venir à eux. Et en pleine course, une mêlée chaotique se créa, se forma, en perpétuel mouvement, en perpétuel évolution ! Un des hommes tenta d'abattre sa hache sur Joruth, mais mal lui en prit à si courte distance, l'épée de son adversaire plus habile et plus vif, lui cingla violemment la figure bien avant qu'il n'ait pu terminer son mouvement, lui écrabouillant les pommettes et le nez dans un geyser vermeille, la tête à moitié découpée sous son casque. Le glas avait sonné pour le malheureux sous les yeux interdits de ses pairs. Le Mabari avait lui contourné la troupe désorganisée en se glissant furtivement derrière sa position. Et tous deux, l'humain et son Mâtin dans un mouvement de tenaille chargèrent en même temps les soldats restants, bousculés, compressés, se marchant dans les pattes..

Assauts et contre assauts, tempête de rage parmi les combattants, orageuse mélodie de grognements, d'injures et de cliquetis implacable. Deux autres hommes s'écroulèrent en même temps au milieu du chaos, terrassés en un éclair par la lame de leur redoutable ennemi, alors qu'ils furent gênés, intimidés, harcelés par le Mabari virevoltant, en constant mouvement, faisant malicieusement sonner ses mâchoires à leur arrières. Ceci afin d'entamer leur confiance, les déstabiliser, et les pousser à la faute, à toujours veiller sur leur dos, apeurés.

Et après un court et brutal échange avec son adversaire suite au précédent mort, tandis que le Mabari sectionnait de son côté la jambe de sa nouvelle victime choisie, le jeune Cousland esquiva d'un entre-chat l'arme dirigé sur son flanc, se fit moins que brume et en un clin d'oeil, tournant sur lui-même, frappa durement le gosier découvert de son opposant d'un revers tranchant de bouclier. Coups fatal à l'ennemi qui lui fit avaler sa glotte masculine, le fit s'étouffer et se tordre sur le sol dans une atroce et lente agonie les mains sur sa gorge. Un autre enragé se ruait déjà sur Joruth totalement insaisissable et repoussant tout assaut derrière la forteresse de son bouclier qu'il mettait en exergue d'une magie saisissante. L'enragé venu à lui était l'officier lui-même qui dirigeait la petite troupe fortement réduite à présent. Et en duo, épée et bouclier contre hache, les deux mortels ennemis s'opposèrent et s''affrontèrent dans un violent bras de fer, emportés dans un tourbillon de haine, de rage et de folie meurtrière. Toutefois le combat pathétiquement inégal en face à face, Joruth finissant rapidement par avoir l'avantage, fit sonner avec son bouclier le crâne du coquin décoiffé qui titubait en arrière, avant de lui envoyer violemment sa botte à la poitrine le faisant ainsi tomber à la renverse, désarmé et le souffle coupé. L'ennemi lamentablement défait en fut le premier secoué, n'ayant jamais eu à combattre pareil ennemi.

<< - Grâce ! Grâce ! >> cria immédiatement le chef de la troupe ennemie blanc comme neige et faisant dans ses chausses à son bourreau devenu aussi effrayant à ses yeux que le pire des démons, aussi mortel que la foudre soudaine. Mais le jeune Cousland pris d'une fureur assassine, sans aucune considération pour les paroles prononcées par le supplicié, tel un barbare sanguinaire lui planta fiévreusement sa lame en pleine face sous la visière de son casque. Svear acheva le dernier effondré sur le sol d'un coups de croc bien placé sur sa carotide. Le chant de l'acier prit fin brutalement, les vaincus renvoyés dans un autre monde, les vainqueurs débarrassés de leur engeance. Et un silence de plomb remplaça finalement l'orage métallique. Haletant, sorti victorieux du combat, mais nullement en paix, Joruth entouré de cadavres se précipita alors à la porte.

<< Mère ! Ils sont tous morts ! C'est moi, ouvrez !  >> Et sans attendre, la porte déchiquetée de part et d'autre après avoir été déverrouillée, s'ouvrit à la volée. Et une femme d'allure noble, digne dans son armure apparut, estomaquée, constatant le carnage à l'embrasure. Puis elle fondit dans les bras de son fils avec un soulagement sans limite mêlé d'une joie irrépressible en lui poutounant la figure, telle une folle hystérique, partout où elle pouvait en dépit du sang et de la sueur que ses lèvres pouvaient aspirer. Mais pour elle, ils n'étaient que la preuve qu'il était bien en vie !

<< WOOF ! WOOF ! WOOF ! >> s'exclama joyeusement le Mabari en tournant sur lui-même, témoignant lui aussi son contentement de revoir la Dame en vie et en bonne santé, après lui avoir léché les doigts.

<< - Oh mon fils ! Tu es vivant ! Tu es vivant ! Je suis tellement heureuse de te savoir en vie ! Le créateur soit loué ! Tu es venu à moi et tu m'as sauvé ! Mon garçon est venu à moi ! Je craignais le pire ! >> Savoir sa mère en vie tout en la serrant dans ses bras fit terriblement grimacer Joruth alors qu'il tentait de réprimer ses larmes qui lui piquaient sévèrement les yeux. Il remercia silencieusement le Créateur. On lui avait déjà arraché un proche, c'était bien assez. Il ne put toutefois exprimer son bonheur à sa mère, surchargé d'un mélange d'émotions diverses. Eleanor calmée se sépara finalement de lui, les mains crispés sur ses épaules. << Un cri m'a éveillé, des hommes étaient postés dans le couloir, aussi me suis-je barricadée ! Tu es blessé ?  >>  Blessé il ne l'était pas vraiment, pas même une égratignure. Mais Joruth ne s'était jamais senti aussi blessé de sa vie, des images de sa compagne agonisante sous lui, lui revenant en tête, lui-même impuissant et incapable de quoi que ce soit.

<< - Ca va. Je suis venu dès que j'ai pu. Mais.. ils ont tué... >> Les yeux dans le vague, la vision embuée et floue, Joruth ne put achever, ça lui faisait trop mal. Il avait lâchement abandonné le corps de Lyn derrière lui, à demi nue et figée sur son lit. Sa mère lui prêta un peu de sa force, voyant à quel point son fils paraissait dévasté, en raffermissant son étreinte à son tour.

<< - Reprends toi mon fils ! Fais-le pour moi, je t'en prie ! Rien n'est terminé encore ! As-tu vu leur emblème ? Ce sont les hommes de Howe ! Pourquoi s'en prennent-ils à nous ? >> Oh, oui il l'avait remarqué... Une colère sourde le disputait à la consternation face à cette évidente trahison.. La haine insinuée en lui tel un poison, lui fit en quelque sorte retrouver ses esprits. Oui, il retrouvait sa lucidité en restant focalisé sur la colère, l'indignation et la haine, et il lui sembla qu'une grande partie de la douleur ressentie s'évaporait un instant. Mais cela lui reviendrait à la figure, tôt ou tard, et lui causerait énormément de mal, il le savait.

<< - C'est une trahison, Howe a profité du départ des troupes pour attaquer. >>

- << Mais pourquoi bon sang, dans quel intérêt ? Nous ne lui avons fait quoi que ce soit, jamais !  >>

<< Je gage que le nous saurons dans un futur proche, si on s'en sort. Il reste encore à découvrir ce qu'il se passe exactement. Mais il n'est pas nécessaire de compter des griefs personnels dans ses bagages pour motiver l'ambition, mère. >>

<< - Et donc le retard des troupes de Howe, toute cette pagaille, toute cette comédie pittoresque n'a juste été qu'un vulgaire leurre, en vue de cet infâme conspiration ? Ah le traître, je l'égorgerai de mes propres mains ! >> Ils devisèrent rapidement de la marche à suivre et la priorité était de retrouver Oriana et Oren avant de s'enquérir de Bryce Cousland, époux et paternel, seigneur de Hautecime. Sans lui, rien n'avait de sens, et ils l'aimaient à ce point qu'ils étaient prêt à perdre la vie pour le sauver. Ils accoururent dans les couloirs vides, des cadavres en tout sens éparpillés sur leur chemin, vers les appartements de la famille de Fergus, laquelle Joruth avait promis de veiller comme la sienne.... Arrivés sur les lieux, les yeux s'ouvrirent en grand, s'écarquillèrent, les respirations interrompues. Une scène bouleversante s'étendit sous le regard mortifié des deux Cousland. L'horreur les étreignit, et ils se figèrent devant la vision terrifiante qui s'imposait à leur yeux. Du sang partout dans la pièce. Oriana, la femme de Fergus avait le ventre réduit en charpie, martelée de coups de couteaux en long et en large, sa vêture rougie à moitié déchirée, Oren, guère reconnaissable après ce qu'il avait subi. Un cri retentit, c'était celui de Eleanor Cousland.

<< NON ! Quelle sorte de monstres massacreraient ainsi des innocents ? >>

<< Mère détournez vous, ne regardez pas ! >>  Joruth voulut la prendre dans ses bras, mais elle le repoussa, prise de rage, avant de se laisser tomber à genoux en pleurs et meurtrie, meurtrie telle la grand-mère qu'elle était à l'égard de ses petits-enfants et la famille de l'un de ses fils adorés, tous assassinés. Des larmes glissant silencieusement de ses yeux et faisant un immense effort pour se contenir, elle caressa du bout des doigts le pauvre Oren, tout enfant qu'il fut, défiguré sauvagement. Joruth fit un pas en direction de sa mère, une main crispée sur son épaule, en soutien.

<< Oh si je vais regarder ! Je veux m'en souvenir le jour où Howe se traînera agonisant à mes pieds ! Pauvre Fergus. Lui si épris de sa femme et de son fils, si heureux. Il en aura le coeur brisé à jamais.  >>

Le coeur battant, Joruth luttant contre les les brumes qui envahissaient son esprit, essuya la sueur qui perlait à son front, lançant par inadvertance un regard tendu aux morts qui l'accusaient de leur silence. Ceux sur qui il aurait dû veillé. Encore des gens qu'il n'avait su protéger. Tout ce qui arrivait semblait tout droit sorti d'un cauchemar, il n'arrivait toujours pas y croire. Saisi d'un dernier haut le corps, sa mère se releva et prit les devant en sortant la première avec furie, telle une tornade. << Allons-nous en, je ne veux plus voir cela. Il nous faut retrouver ton père ! >>[/justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Gyapple le 16 octobre 2013 à 13:02:38
Tout le plaisir est pour moi!
Tu m'étonnes, Howe est un bel en... Emplumé? Je l'ai détesté avec une telle force lors de ma partie Humaine Voleuse. C'tait la vengeance qui a d'abord motivé ma warden, les engeances sont venus un peu après. :p
Dans tous les cas, j'apprécie encore plus cette suite! Pauvre Joruth, et c'est pas fini...
Vivement dans deux jours alors!

(et si ça ne te dérange pas, j'aimerai bien oui. Même si j'ai des lentilles de contact, ça reste un peu difficile. :D )

Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 19 octobre 2013 à 09:21:46
[Justify]
Arc trahison de Howe et bataille perdue. ( suite ) [/font]


Des cris sauvages, impitoyables, s'arrachaient sans fin ni cesse dans les ténèbres glacées, faiblement éclairées. Les Troupes de Howe étaient passées à l'action, avec la promesse d'un carnage sans nom, le sang versé sans discrimination. D'une célérité extraordinaire, d'une brutalité sans pareille. Les vulgaire hommes en armures, paisibles et accueillis avec autant de sympathie que si on recevait un ami chez soi sous le feu orangée du soleil, s'étaient métamorphosés en bêtes immondes à la tombée de la nuit, méconnaissables. Hommes et femmes en haillons ou sous de hautes coutures fereldan, innombrables et désarmés, fuyaient en travers de leur chemin rougissant toute plateforme, en poussant des cris qui n'avaient rien d'humain.

Et la ville vomissait en nombre ses morts sous leur poursuite acharnée et les frappes mortelles de leur rapières maniées pour exterminer, comme on le faisait de la vermine. Les premières victimes affreusement outragées, émergeaient encore en tout sens avec des hurlements déchirants en rampant presque, des hommes brûlés à la torche, plus d'un certain nombre les jambes brisées sous eux sous les coups d'armes contondantes, d'autres ensanglantés qui suffoquaient dans une mare de sang, à l'agonie. On tenta de s'enfermer chez soi, on mit en avant son marmot entre ses bras pour tenter d'attendrir le coeur de pierre de ses bourreaux, on s'apitoya, on ploya le genoux, on supplia en s'arrachant les cheveux de dépit, mais les têtes roulèrent implacablement, sans distinction. Les hommes d'armes ne laissaient aucun survivant derrière eux, enfants compris.

<< Non ! >>

<< - Pitié ! Pitié ! >>

<< - Createur aide nous ! Accorde nous ta miséricorde ! >>

<< - Ils arrivent de ce côté ! >> Tout paraissait foutre le camps... Le feu jeté volontairement ici et là décuplait la terreur, d'épaisses fumées noires montant rageusement des flammes qui sous forme de bûchers intenses, illuminaient les ténèbres en une multitude de points rougeâtres. Des foyers pris dans le feu de l'action furent incendiés. Atterrés, désespérés, acculés, des gens asphyxiés encore en vie et chanceux sortaient en pleurs sous les flots de poussières noires, avant d'être fauchés puis abattus par des tirs d'archers.

Et à côté de ce bain de sang, des furieux combats avaient lieu un peu partout entre les défenseurs si maigres en effectif, incapable de protéger les populations, et la horde sanguinaire écrasante de Howe dont la puissance et la force s'assimilaient en comparaison à un coups de marteau rageur contre un morceau d'acier résistant. Au lieu de lignes de bataille dans les rangs ici et là ne se distinguait plus qu'un magma mouvant de bannières et d'acier entre groupes de soldats. La ville à l'intérieur de l'enceinte du château retentissait de cris et de beuglements. Les guerriers et spadassins des deux camps dans leur violent bras de fer chargèrent, tournoyèrent, chargèrent de nouveau, taillèrent des croupières sanglantes, chaque faction à demi défaite battant en retraite pour se reformer entre les maisons. Du vacarme assourdissant que faisaient les haches, épées, rapières en s'abattant sur les boucliers, sous les sifflements des flèches, émergeaient les hennissements claironnants de chevaux tout près d' écuries abandonnés, épouvantés et à la merci des flammes.

Et quelque part au beau milieu de ce chaos, de toute cette pagaille, Eleanor Cousland et son fils, ayant élaborer un plan pour retrouver le Seigneur de Hautecime, se faufilaient et se taillaient un chemin par la poigne de fer et le feu de leur volonté, soigneusement escorté par leur féroce Mabari. Quelques soldats isolés y avaient déjà fait les frais. Et d'autres à nouveau encore.

<< - Meurs, Misérable ! >> vociféra Eleanor Cousland d'une fureur sans nom en plongeant son épée dans la poitrine de son ennemi, traversé de part en part, avant de la lui arracher brutalement de sa chair éviscérée par une botte rageuse. Joruth d'un vif mouvement de contre-balance au cours de sa violente joute fit basculer son premier adversaire imprudent d'une brusque poussée d'épaule, son corps tout entier dévoué à l'assaut, férocement impliqué dans le combat. Et abandonnant négligemment sur la pierre nue telle une chaussette sale son adversaire à son Mâtin enragé qui lui sautait à la gueule, il ferrailla durement contre le deuxième qui isolé et pris de panique finit par battre en retraite, le rattrapa sans peine, et lui abattit sévèrement sa lame derrière la nuque. La masse visqueuse et sans vie disloquée sous lui, le jeune Cousland se retourna brusquement le souffle court, plus qu' alarmé, la chevelure trempée, l'armure et la face rouge de sang.

<< - Mère, nos deux lames et Svear ne suffiront pas. Plus de bras armés et sûrs seront nécessaire ! Sans ça, on arrivera jamais jusqu'aux portes du château, un nombre écrasant de ces chiens croisera notre chemin ! >>

<< - J'en ai conscience Joruth ! Cette ville grouille encore de soldats loyaux qui combattent avec ardeur à cet instant ! Trouvons ce qu'on peut ici et là et regroupons ces forces éparses pour former une puissante compagnie d'escorte. Ton père compte sur nous pour arriver jusqu'à lui, faillir n'est pas une option ! On va s'en sortir, je te le promets ! Allez !  >>  Sur quoi, sans attendre et sans traîner ils se jetèrent dans une course effrénée, sans rencontrer cette fois d'opposition, dévalèrent les pentes ardues menant à l'atrium, galopèrent dans les rues jusqu'à tomber rapidement proche d'une caserne sur un premier petit groupe de soldats, dont ils reconnaissaient les couleurs et les bannières, celle des Cousland, aux prises avec l'ennemi qui leur tournait obstinément le dos, inconscient du danger. Joruth et sa mère se jetèrent un regard empli de fièvre et de certitude qui ne laissa place à aucune ambiguïté, aucune hésitation, tous deux décidés à tenter le tout pour le tout puisque le temps leur faisait défaut, leur mains raffermis sur leur armes.

<< - Parfait, prenons ces traîtres à revers et sauvons ce qui peut l'être ! >>

Des jurons, des vociférations haineuses et des râles de souffrance retentissaient à l'avant de la petite formation alliée combattant avec acharnement contre des envahisseurs en supériorité numérique, nombre de ses hommes tombés face contre terre. Les hommes d'armes reculèrent lentement mais sûrement en ordre et sans se laisser démonter et non sans causer de terribles dégâts quand alors une femme d'âge avancée en armure suivie d'un jeune homme et de son Mabari s'engagèrent aussi promptement que la foudre dans la tempête et se lancèrent furieusement dans la bataille à leur tour.

Discernables derrière les lignes ennemies, portant les couleurs des Cousland, ceux-ci se précipitèrent d'un pas vif, dansant farouchement d'adversaires en adversaires, ayant visiblement en tête de traverser les lignes au plus vite et au plus loin possible. Leur avance significative avait profité de l'absence de vigilance de l' arrière-garde de l'ennemi pendant qu'ils chargeaient. Eleanor crachant des piques hargneuses et Joruth distribuant mort en silence devancés par le puissant Mâtin qui implacable leur ouvrait la route, ferraillèrent sauvagement, jouant de leurs épées et de leurs corps en rivalisant de brutalité avec les spadassins de Howe. Un nombre effrayant d'hommes surpris s'écroula, assassinés comme des chiens, les cris du Mabari ne s'épargnant aucune tonalité pour saper la confiance tout autour d'eux. La formation ébranlée et profondément entaillée se disloqua à demi, et la peur s'insinua dans les rangs devant cette attaque soudaine et surgie sur leur arrières non protégées.

.<< - MAIS D'OÙ ILS SORTENT CEUX LA ? >> rugit l'officier ennemi, se rendant compte de cette vicieuse traîtrise et du bordel que ça avait provoqué parmi ses hommes déconcertés et stupéfaits. << DEBARRASSEZ-VOUS EN ! >>

<< - SOLDATS, C'EST LE MOMENT OU JAMAIS ! POUR HAUTECIME ! >> contra le chef de la formation alliée d'une voix toute aussi forte, n'ayant rien manqué de l'ouverture qui s'ouvrait à lui, le trouble de l'ennemi ayant fissuré sa carapace et ses capacités offensives grâce à l'intervention de ces mortels guerriers soutenus par le créateur en personne. Ressaisis et pleinement investis d'une nouvelle vigueur saisissante, les soldats de Hautecime unis comme le poing de la main pour décocher un violent coups dont l'ennemi ne se remettrait pas, repassèrent vigoureusement à l'offensive et ne tarirent pas d'efforts à employer toutes leur forces comme si le monde en dépendait. Dans le même temps, à l'opposé de leur position les Cousland durent immédiatement stopper leur progression pour ce concentrer sur leur défense, jetant quelques coups d'œil sur leur arrières pour s'assurer qu'eux même ne se fassent pas prendre en tenaille, à tout le moins à portée menaçante.

<< - La peste soit sur vous ! >> Trois nouveaux hommes tombèrent à s'y essayer de trop près.

La formation d'Amaranthine prise de panique se disloqua pour de bon, et la troupe disciplinée de Hautecime en infériorité numérique lui grignotant les côtés, la dévorant à petit feu, finit par l'engloutir entièrement. Le combat prit fin de la manière la plus expéditrice, sans laisser le moindre survivant en fuite parmi les vaincus. Un spectacle des plus macabres s'étendit alors aux pieds des vainqueurs, alors que le sang versé circulait aisément entre les dalles de pierre et les cadavres qui jonchaient le sol en une multitude de piles indécentes. Un spectacle de mort et d'horreur dont nul ne se soucia, tous épuisés, interpellés, aussi bien ravis qu 'impressionnés qu'ils étaient de reconnaître la Tyerna et son fils, de les retrouver vivants et d'une santé insolente. Des murmures agités s'élevèrent jusqu'à prononcer un brouhaha tandis qu'on les entourait, se serrait autour d'eux, quitte à presque les presser comme des citrons. Tous les regards se rivèrent sur eux, à présent consternés, coléreux, bougrement inquiets ou sincèrement confus.

<< - C'est la Tyerna et son fils ! >>

<< - Le Tyern est-il encore en vie noble Dame ? >>

<< - Vaut-il encore la peine de se battre ? >>

<< - Que devons-nous faire ? >> La Tyerna considéra les hommes avec dignité puis hauteur et leva le poing pour les faire taire.

<< - Ecoutez- moi, écoutez moi tous ! La vie de votre Seigneur et maître, est peut être en grand péril. Il a besoin de nous, j'ai besoin de vous ! Mon fils et moi devons impérativement atteindre les portes du château sans tarder, mais cela ne sera pas sans rudes combats à mener. Il nous faut l'aide d'âmes fidèles qui n'hésiteront pas à risquer leur vies pour mener à bien cette tâche ! >>

Joruth qui s'était tut un instant, les yeux plissés en direction du sol, faisant ainsi acte de toute l'intensité du sentiment de gravité qui le traversait face à son monde qui s'écroulait et au chaos qui l'avait remplacé, redressa soudain la tête avec des lueurs véritablement dangereuses dans ses yeux marrons si vifs et si claires. Il se plaça aux côtés de sa mère, son épée pointée sur elle, et comme il l'avait anticipé, l'attention détournée sur lui par ce geste singulier. Sa voix, tout comme celle de sa mère, fouetta l'air, avec toutefois moins de tendresse qui amenait les hommes à aimer plus que nécessaire, et d'une volonté de fer forçant le respect et la soumission.

<< - Vous avez prêter serment d'allégeance à notre famille, à Hautecime ! Battez-vous pour nous, battez vous comme des diables et versez le sang au nom de notre bannière ! Je compte sur vous pour protéger la Tyerna de tout votre être ! Une femme d'une telle noblesse de coeur n'a pas le droit de mourir ainsi, submergée par des traîtres, des galeux ayant forniqué avec des putains ravagées par la variole ! Tous ensemble, côte à côte, nous avons une chance, nous devons y croire ! >>

<< - Nous mourrons et verserons le sang pour la Tyerna, Monseigneur ! >>

<< - Eradiquons tout ce qui nous barrera la route, sans fioriture et sans perte de temps. Car ce temps nous est compté. C'est clair pour tout le monde ? Alors allons-y à présent ! >> Satisfaite et se balançant d'arrière en avant, son épée rougie en main, la Tyerna se jeta en avant, suivie immédiatement par le reste. Ainsi Joruth en compagnie de leur troupes respectives lourdement armées, dans un vaste bruit de cliquetis passèrent sous une arche et s'enfoncèrent dans les périlleuses avenues...

Edit : J'arrive pas à augmenter la police. xD ( ça marche dans la prévisualisation, mais ça se confirme pas dans le texte. Oo. Je verrais ça dès que j'ai le temps. Désolé pour la lecture inconfortable, Gyapple.  :D )[/justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Gyapple le 20 octobre 2013 à 19:46:09
C'est pas grave, mes lentilles tiendront, enfin je l'espère! :D
Je trépigne d'impatieeeence, le climax va être atteint!
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 21 octobre 2013 à 17:00:21
Voilà, fixé, Gyapple, j'ai augmenté d'un cran. ;) ( je ne laisserai pas tes lentilles et tes yeux subir le martyr !! )
En fait, y avait un souci dans la balise size. Fallait rajouter " pt " derrière le chiffre.

Suite prochainement !
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 22 octobre 2013 à 23:01:49
[Justify]
Arc trahison de Howe et bataille perdue. ( suite et premier texte de la conclusion )


Le palais fortifié était assiégé, encerclé par l'ennemi qui courait en tout sens. A l'intérieur on pouvait distinctement entendre la rumeur de l'ennemi qui rôdait alentour, taillant tout homme vivant ou mort qui se trouvait au dehors, entamant un manège d'encerclement. Affairés comme des fourmis, les guerriers et spadassins de Howe tonnaient d'un côté à un autre, s'immisçaient ici et là. Le grand assaut qui donnerait le coup de grâce, lâcherait la dernière vague qui engloutirait tout sur son passage était minutieusement préparé au pied de l'édifice où l'ennemi s'entassait contre ses murs à la porte principale. Mais l'agresseur assassin s'insinuait déjà dans le même temps par d'autres côtés semant la mort et le désordre, tel un avant goût de l'immonde carnage qui attendrait au tournant la résistance, laquelle envers et contre tout tenait bon malgré les assauts successifs annexes.

A plusieurs reprises les troupes de Howe qui avaient infiltré les lieux s'étaient vu donc repoussées en arrière, face au mur inébranlable de soldats rudement menés par Ser Gilmore profitant tactiquement, de manière impressionnante, de l'étroitesse des lieux et de l'avantage du terrain qui était le leur, avec une détermination sans faille et ce malgré un ennemi redoutable dirigé par un puissant mage.

Des familles et des serviteurs sillonnaient les couloirs du palais dans tous les sens et en désordre, chacun convergeant rapidement vers des zones de non agression, d'autres se contentant de rester près des murs éloignés des combats en versant toutes les larmes de leur corps, particulièrement femmes et enfants, derniers survivants, attentistes devant les évènements ahurissants qui se déroulaient sous leur yeux. Un véritable déchaînement de clameurs et de cliquetis avaient lieu au point le plus chaud, là ou se jouait la terrible mêlée aux grondements et sons assourdissants entre soldats de Hautecime et d'Amaranthine, répondant aux bruits du fracas des armures et des boucliers, jusqu' aux souffles plus diffus des lames qui balayaient l'espace.

Un véritable bras de fer s'opposa à nouveau, une bataille de volonté extraordinaire au coeur d'enjeux déterminants, un flôt de sang s'écoulant dans tout le vestibule et la grande salle du château.. Ce n'était plus qu'une question de temps avant que les défenseurs ne soient tous submergés, le château ayant presque pris l'eau de toute part et par tous les bords. Les options et marges d'erreurs des résistants s'étaient désormais réduites à rien, touchant à l'insupportable. Toutefois, grâce aux renforts de la Tyerna et de son fils surgis eux aussi par l'une des portes annexes au dehors, l'inévitable fut retardé et l'envahisseur mené par le mage de Howe fut bousculé sans préambule, pulvérisé sans fioriture. Un flot d'insultes qui s'éleva encore, un tumulte de voix et de mouvements précipités qui jurèrent derrière et se lamentèrent, puis le silence des armes. Il ne demeura plus que les râles d'agonie, les cris et les vociférations. La bataille après l' entrée en matière d'alliés n'avait pas été bien longue. La bagarre fut vive mais la fureur de la défense renforcée en hommes avait épouvanté les agresseurs et raccourci effrontément l'issu du combat, leur faisant gagner du temps.

- << Courage ! Ces traîtres ne doivent pas passer ! Tenez la porte ! >>ordonna d'une voix éraillée Ser Gilmore, qui malgré l'entaille énorme à sa poitrine ne perdait pas de vue son objectif de défendre coûte que coûte le château. Des coups de béliers se percevaient durement de l'autre côté, et les hommes d'armes du château s'échinaient dans le même temps à renforcer les barricades avec nombre de meubles encore entier afin de barrer la route à l'agresseur tout proche et lui mener la vie dure.

Joruth, devenu orage depuis le début du conflit et débordant toujours d'énergies incontrôlées presque douloureuses tant était la force et le caractère de sa détermination à survivre, s'enquit immédiatement de son entourage, tournant la tête en tous en sens. Soulagé d'apercevoir sa mère, Ser Gilmore et son Mabari indemnes, son oeil fit un petit détour par son bras atteint et blessé, avant d'embrasser la grande salle en détail, l'esprit ravagé et le coeur au bord des lèvres. Une vision monstrueuse, un véritable cauchemar. Les murs repeints en vermeille, des cadavres partout, les siens mélangés à ceux de l'ennemi. Et parmi eux des braves et des fidèles qui les avaient escortés dans les rues de la ville, ayant combattu vaillamment à leur côté, victorieux à chaque opposition, avaient trépassé.

Emergeant des tourbillons tumultueux de ses pensées et de sa tourmente, le jeune Cousland blessé brava la distance qui le séparait de sa troupe personnelle réduite en menues morceaux, ses hommes presque tous flanqués au sol, gisant immobiles dans une mare de sang s'écoulant sans discontinuer sur le sol souillé du marbre luminescent. L'âme endeuillé, en quête d'un signe de vie quelconque ici ou là, d'un vain espoir, d'une chance inexistante de survie chez l'un d'eux. Mais guère de tout ça, sa formation ayant tout donné, tout abandonné pour le protéger lui et sa mère, éradiquée par son noble sacrifice. Néanmoins, désespéré, le jeune noble se traîna inlassablement au-dessus de chaque corps figé, uniquement accueilli par des faces aux teints cendreux sans aucune étincelle de vie, les traits indescriptibles. Ils étaient morts, tous morts. Et ce qui restait l'était presque, les vivants agonisant de souffrance, soufflant comme des boeufs à la suite de leur blessures infligées par l'ennemi, affreusement épuisés par les combats qui n'étaient pas prêt de cesser de les rompre un par un, tenant à peine debout le dos arrondi. Ils ne tiendraient pas longtemps, ils s'effondreraient au prochain assaut des troupes de Howe. C'était garanti à vue d'oeil, même pour quiconque n'avait jamais pris les armes.

<< - Vous êtes blessé ! >> s'écria la Tyerna à l'adresse de ser Gilmore tandis que son fils n'ayant rien perdu de leur conversation atterrissait tout juste à ses côtés, l'oeil très inquiet pour son ami et fidèle compagnon d'arme qui pissait le sang comme un cochon. Ses cheveux roux filasses qui pendouillaient sur ses yeux verts et profondément enfoncés dans sa face osseuse aux traits douloureux, lui donnaient un aspect sinistre.

<< - Ne vous inquiétez pas noble Dame. Vous êtes sain et sauf et c'est tout ce qui compte ! Dès que j'ai compris ce qui se passait, j'ai immédiatement donné l'ordre de fermer les portes ! Hélas elles ne tiendront pas longtemps et l'ennemi est déjà sur nous en d'autres lieux, l'eau déborde de toute part. Il faut vous mettre à l'abri ! >>

<< - Avant toute chose, nous devons retrouver mon père. Sa vie est à ce prix que nous sommes prêt à tout risquer pour le retrouver. Où est-il ? >>

<< - Votre père, dénudé aussi bien de son armure que de son épée était gravement blessé, titubant presque, le corps affreusement rougi de son sang au premier coups d'oeil jeté. Malgré tout, il vous cherchait comme un démon fou furieux pourchassant sa proie, n'écoutait rien de mes supplications à le voir s'en aller. Je crois qu'il a filé vers les cuisines de l'arrière cour près du cellier. Il pensait certainement vous retrouver là-bas ! >> Joruth le visage dévasté de chagrin fit un pas, et posa un bras empli d'émotion sur l'épaule de Ser Gilmore aussi troublé par ce geste fort d'amitié à son égard qu' attristé par le mauvais sort qui les avait frappé.

<< - Venez avec nous, c'est peine perdu, tout est fini. Je refuse de voir un homme de votre trempe, aussi loyal et serviable disparaître aussi brutalement ! >> Le chevalier, les larmes aux yeux, tout autant que son ami et seigneur, posa à son tour une main fraternelle sur le bras de Joruth, et grimaçant sévèrement pour retenir l'eau de son corps, secoua la tête avec insistance.

<< Non, mon seigneur. Ma place est ici. Je dois préserver la cohésion des derniers hommes, debout et combattant encore pour vous malgré le désespoir de notre situation, assurer votre protection en gagnant le plus de temps possible ici même. >> En dépit de la teneur de ces propos déterminés, Joruth vit bien ô combien il fut difficile pour Ser Gilmore de les prononcer, de refuser sa proposition opportune qui le libérerait brusquement du fardeau de son devoir et le sauverait peut être, ses yeux égarés dans le vague et la mélancolie, son corps entier secoué de tremblements. Ser Gilmore n'avait pas envie de mourir aussi jeune, il voulait vivre des années encore, accomplir ses rêves, s'élever au-dessus de sa condition ou achever des grandes choses comme il se l'était promis et l'avait promis à son père. A présent c'était devenu impossible, toutes ses ambitions brisées à jamais. L'homme avait sans hésiter choisi l'accomplissement devoir et l'honneur à la vie. Tous deux le savaient pertinemment. Chevalier il avait aspiré être, chevalier était-il devenu, chevalier il mourrait. Et Joruth l'aima pour ça. N'y tenant plus, impressionné par tant de force de caractère et tant de loyauté chez un coeur, le jeune Cousland se rapprocha encore et le serra bravement dans ses bras, d'une manière toute masculine, étreinte vigoureuse à laquelle Ser Gilmore répondit promptement et tous deux, en frères d'armes pleurèrent silencieusement d'un commun accord, devant la Tyerna aussi mortifiée qu'eux le visage mouillé de larmes.

<< - Merci du fond du coeur, Ser Gilmore. Puisse le créateur vous protéger ! >> Et ce dernier se séparant brutalement de Joruth, comme avec un frère sentimental un peu trop encombrant, inconsolable et malheureux, il dit une dernière fois :

<< Puisse-t-il nous protéger nous ! >>Sur quoi sans se retourner, comme s'il eut peur de faiblir s'il s'y risquait, il rejoignit ses hommes à la porte, abandonnant derrière lui les Cousland qui n'avaient jamais été aussi déboussolés de leur vie, eux aussi sur le départ, en direction des cuisines.[/justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 22 octobre 2013 à 23:04:36
[Justify]

[ Fin de l'arc trahison de Howe et bataille perdue]



Bryce Cousland sortit de nouveau de l'inconscience face contre terre, dans un monde en proie à l'agitation et au chaos, seul et grelottant de froid dans un endroit sombre et silencieux comme la mort. Son univers détruit, le souffle court, le coeur et la nausée au bord des lèvres. Et défilait sans fin ni cesse des images horribles dans sa tête tandis qu'il s'échinait de ses doigts maladroits à boucher les trous dans sa chair percée qui le faisaient ni plus ni moins se vider de son sang. Ni son corps ni son esprit ne paraissaient se remettre de ce coups fatal porté par ses ennemis qu'il avait pitoyablement pris pour des amis, de cette trahison infâme, ni de ces blessures infligées à lui et à son peuple tout entier. Ses soldats et tous ses gens menacés du même sort douloureux, massacrés sans vergogne, parmi lesquels on retrouvait nombre d'enfants innocents.

Ces légions de monstruosités levant et laissant retomber leur épées en une vaste boucherie, elles avaient disparu momentanément, il s'en était momentanément détourné dans le cellier, mais elles étaient toujours là, dans sa tête. Ces monstres riaient encore tandis qu'ils s'en prenaient aux siens, sans qu'il ne puisse rien faire pour les en empêcher, lui le Seigneur de Hautecime, si facilement abusé et trompé, lui qui avait juré de protéger tous ceux qui lui avaient promis obéissance. Nombre de larmes de rage surgies à flot sur son visage chagriné se mélangèrent au sang pour lui créer un masque de carnaval grotesque et incongru. La mort l'arrachait peu à peu à cet univers brutal et sanglant, il le sentait, il le savait.

Des milliers d'aiguilles semblèrent s'enfoncer à l'unisson en lui, son corps si affaibli tandis qu'il s'agitait, faisait un effort pour se mouvoir. Sa respiration fut comme momentanément interrompue, l'air avait déserté ses poumons en même temps qu'une douleur aigu s'était affirmé haut et fort au niveau des côtes. Pataugeant piteusement dans la mare de son sang, Bryce, la poitrine et son flanc gauche sauvagement ravagés, réussit à s'étendre telle une masse molle et désarticulée contre un sac de patates pour pouvoir y pleurer de toutes ses forces et de manière confortable, ses jambes devenues peu utiles étendues sous lui. Et il pleura, y alla tout de go sans aucune hésitation, sans jamais s'interrompre.

Il pleura pour sa femme, il pleura pour ses fils, il pleura pour son petit fils qu'il ne reverrait guère avant de de disparaître pour de bon. Il désespéra pour son domaine arraché à sa famille et l'injustice qui en résultait sans personne pour s'en soucier une fois tous les Cousland évincés de l'histoire. Trop indigné, trop consterné, l'homme ne put guère trouver réconfort dans la lumière de souvenirs heureux, comme le faisait penser les histoires qu'on lisait dans des livres à l'approche de la mort pour les protagonistes. Tout était noir dans son esprit qui océan de noirceur l'engloutissait entièrement et l'aveuglait sans peine.

Haine, colère incommensurable. Il n'avait pas mérité ça. Que ne donnerait-il pour abandonner son humanité et charcuter un corps en particulier... Celui de Howe, ce misérable traître ambitieux. Des bruits de pas précipités se firent entendre dans le cellier, et lorsque Bryce dont le regard défaillait dans le flou, se laissant lentement dériver vers un autre monde, reconnut une voix de femme qui l'appelait, cette lumière qu'il recherchait tant vint à lui et de nouveau il se sentit pleinement vivant, comme jamais depuis qu'on l'avait tailladé en pièces. Il s'agissait de sa femme escorté de son fils, tous deux en vie, accourant à lui, à son chevet au-dessus de son corps en piteux état. Il en versa des larmes de soulagement, presque de bonheur au milieu de tout ce chaos, de tant de malheur.

<< Vous...voi..là...en..fin. >> Sa femme affreusement inquiète qui après l'avoir durement enlacé en dépit de ses plaies béantes, lui caressait tendrement le visage, ne lui avait jamais paru aussi belle. Si chanceux de l'avoir rencontrée durant sa fougueuse jeunesse, durant les tourments d'une autre guerre... Il tourna difficilement la tête vers son plus jeune fils, sa progéniture, son sang, fruit des entrailles de sa bien-aimée. Si fier du valeureux jeune garçon qu'il était devenu.

<< -  Bryce, par le créateur vous saignez abondamment ! >>

<< - Ce sont... les... hommes de howe... qui m'ont.. fait ça. >>

<< - Comment êtes vous arrivé jusqu'ici, vous pouvez à peine bouger ! >>

<< - Duncan... m'a... trouvé... et... conduit.. ici >>

<< Il vous a laissé seul ? Baignant dans votre sang ? Nous devons vous sortir d'ici au plus vite ! >>

<< - Je...n'en.. n'ai.. plus.. pour.. longtemps.. je.. crois >>

<< - Je... >> C'était les premiers mots que Joruth avait prononcé depuis son entrée dans le cellier, en véritable témoin absent de la vive conversation entre ses parents. Assommé, tout tremblant, le jeune seigneur n'avait d'ailleurs pas volontairement posé genoux à terre aux côtés de sa mère. Il s'était littéralement laissé tomber sur le sol sans que son cerveau ne l'ait décidé le moins du monde, ignorant la douleur qui l'avait envahi par cet abandon soudain de son corps et ce geste incontrôlé. Choqué, terriblement sonné par la vision de son père pataugeant dans son sang sous ses yeux, il semblait avoir été transformé en pierre, sa figure figée dans une horreur imprescriptible. Il ne réagissait plus, ne parlait plus, n'existait plus, ses traits devenus presque transparents sous une soudaine pâleur effrayante, une expression d'incrédulité mêlée à celle d'une meurtrissure indicible, éternellement fichées sur son visage juvénile.

La marque d'un homme foudroyé, terriblement affecté et qui ne pourrait jamais oublier. La figure d'un homme convaincu, qui avait cru, qui avait espéré, qu'on avait frappé d'un poignard dans le dos, qu'on avait trahi lui et ceux qu'ils aimaient. Un homme qui voyait tout s'effondrer autour de lui comme un château de cartes. Immobile, pétrifié et l'esprit au pied du mur, le jeune Cousland avait momentanément sombré, comme mortellement atteint. Mais brusquement il reprit vie. Il ne perdrait pas son père ! Cela ne se pouvait !

<< Je vous porterai s'il le faut ! >> proclama Joruth avec plus de fermeté au seigneur de Hautecime, la voix cependant brisée, remis à peine du choc émotionnel subi. Jamais il n'aurait cru voir son paternel si fort d'âme et de caractère s'apitoyer sur lui-même dans la mare de son propre sang. Il en eut tout simplement la nausée, la réaction au danger lui ayant épargné seule la vomiture régurgitée par son estomac.

<< - Je.. me.. vide.. de mon sang, je ne.. devrais pas.. être trop lourd.. fils... >>

<< - Bryce ce n'est pas le moment de plaisanter, la sortie est toute proche, nous pourrons trouver de quoi vous panser une fois en lieux sûr. Il faut faire vite ! >>

<< - Jamais... je n'y... arriverai... Le.. château est... en..cerclé.. Vous... ne.. passerez.. jamais.. avec moi.. Vous... devez.. prévenir Fergus.. >> A ces mots douloureusement prononcés, la porte s'ouvrit brusquement à la volée et un homme basané d'une taille gigantesque, imposant par sa musculature, presque taillé dans le marbre, entra en scène, épée en main. Le sang avait recouvert de manière impressionnante toute son armure. Il semblait particulièrement mortel et redoutable, son ombre étendue et grandissante derrière lui, tel le sombre et fier garde des ombre qu'il était, tous reconnus comme des combattants d'élite et de légendes, depuis longtemps oubliés.

<< - Le Tyern a raison, nous ne passerons pas sans difficultés. Le château est encerclé. Je suis même surpris que vous soyez parvenu jusqu'ici. >>

<< - Mais alors vous êtes Duncan ? Le créateur en soit loué, par chance, mon fils était là pour me protéger, j'y ai pu réchapper et arriver jusqu'ici. >>

<< - Cela ne m'étonne pas. Votre fils est une perle des plus rares dans toute la contrée de Ferelden, laquelle j'ai passé au peigne fin en long et en large. Il n'y en a pas deux comme lui dans tout le pays. >>

Et rapidement ils devisèrent de la marche à suivre sans que Joruth n'ait son mot à dire pour son plus grand malheur, sans que nul ne consente à lui demander son avis. De terribles décisions furent alors prises qu'il ne put que contester avec indignation. On lui imposait d'abandonner ses ambitions pour la garde des ombres dont il n'avait cure, on lui demandait de fuir d'abandonner ses parents derrière afin qu'il puisse survivre. Particulièrement sa mère, qui bien qu'en bonne santé se refusa à délaisser son mari. Elle couvrirait leur fuite jusqu'à la mort ! Inacceptable pour Joruth, mais on ne lui en laissa pas le choix et il céda, sous la pression du danger qui approchait et de l'insistance de tout le monde concernés par son sort, seul contre tous. Le jeune Cousland n'avait d'ailleurs plus la force de s'opposer à quoi ce soit, harassé, défait.

<< - Howe essaie... de profiter du chaos et monter en grade... par sa trahison, donne lui tord mon enfant ! Que justice soit faite ! Dans notre famille... le devoir a toujours guidé.. nos actes.. L'engeance doit être vaincue. Pars, pour ton propre bien, et pour celui de Ferelden ! Préviens ton frère et n'oubliez... jamais... à quel point... nous vous aimons ! >>

<< - Adieu mon fils ! >> lui glissa sa mère aux côtés de Bryce Cousland, un dernier sourire attristé aux lèvres.

<< - Allons-y ! >> fit Duncan en ouvrant la marche puis disparaissant dans le noir . Joruth résigné le suivit au dehors, mais après quelques pas, il se retourna et se rua en deux-trois mouvements sur sa mère.

<< - Je ne peux pas vous abandonner ! Pas comme ça ! >> Une pluie de larmes ruissela à torrent sur le visage juvénile et blême de l'enfant devenu adulte, puis retombé à cet instant dans l'enfance, ayant bougrement du mal à quitter ses parents. La tête logée au creux de son épaule, il enserra sa mère comme jamais, d'une force peu commune, l'emprisonna avec férocité, l'étouffa durement, une passion inhabituelle le submergeant, explosant en lui.

<< Je t'en prie Joruth, ne rends pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà ! Ne me complique pas la tâche de te laisser partir ! >> s'écria sa mère emprisonnée entre ses bras d'une voix larmoyante en raffermissant pourtant son étreinte, en pleurs elle aussi, sa résolution s'affaiblissant à son contact si féroce et passionnée. << Oh je t'aime tellement ! >>

<< - Nous... aussi... on.. t'aime très fort... Fous le... camps maintenant... mon fils... Vas-y.. >> lui intima son père la figure fustigée d'une pluie de larmes à son tour, aucun d'entre eux n'y échappant. Le ton était dénué de reproche malgré la désobéissance dangereuse du fiston, seulement chargée de détresse, de tristesse et de compassion. Joruth lâchant soudain sa mère, et marchant vers lui secoua fortement la tête.

<< - On peut s'en sortir tous ensemble si.. >>

<< - PARS ! FOUS LE CAMPS ! JE VEUX PLUS TE VOIR ICI TU M'ENTENDS !? >> rugit finalement le seigneur de Hautecime à l'adresse de son fils, surmontant les tourments que lui causait sa blessure, fou de rage, fou de douleur, fou d'amour ! Joruth s'immobilisa immédiatement, le corps raidi par le ton coupant, son coeur n'ayant jamais aussi saigné intérieurement de devoir suivre l'ordre paternel.

<< - Joruth, je t'en supplie, obéis à ton père ! Tu as toujours suivi le moindre de ses commandements sans traîner ni rechigner depuis tout petit, ne commence pas maintenant mon garçon, pas à cet instant si dramatique. Fais le pour nous, fais le par amour ! Si tu nous aime tant, ne laisse pas Howe s'en sortir sans qu'il ne subisse la justice ! Fuis, vis, venge nous mon fils ! >>

La réaction de son père et les dernières paroles de sa mère eurent raison des dernières résistance, des derniers espoirs du jeune Cousland. Bien que transi jusqu'à la moelle des os par la destruction de ses projets, de ses rêves, et la meurtrissure contre les siens, finalement empli de haine, il abandonna vigoureusement ses parents sans plus jamais se retourner et partit à la suite de Duncan. Plus jamais il ne les reverrait.
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Gyapple le 23 octobre 2013 à 16:29:37
Ah! Merci Jaqen!
Aaaaah, le malheur qui s'abat sur cette pauvre famille, ainsi qu'à ces sujets. J'ai hâte de lire la suite, as usual! ;)
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Anothis le 23 octobre 2013 à 16:58:00
J'ai commencé à lire hier, me demandant quand même tout ce que tu pouvais écrire. Il me reste énormément à rattraper mais pour les deux premiers posts que j'ai lus, je suis surpris de la qualité. Je ne m'y attendais pas du tout (je suis loin d'être un adepte du RP forum donc, j'ignore si on peut appeler ça du RP, mais si c'est le cas, ce que tu écris, c'est mon introduction au genre ^^).

D'où mes deux questions qui te sembleront loin d'être connectées mais elles le sont...

Si c'est un oui retentissant pour ces deux questions, j'aurais un projet à te proposer. Mais ça, ce sera si ces deux questions ont une réponse positive sans équivoque ^^.
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 24 octobre 2013 à 09:50:57
@ Gyapple. Ce fut un plaisir. Aussi, content que ça te plaise toujours !  :D ( cette fin de semaine, j'aurais des préparatifs à organiser pour un mariage, et ce week, j'y serai en plein dedans, donc la prochaine occasion d'écrire sera la semaine prochaine malheureusement. )

@ Anothis : Merci beaucoup, heureux que j'ai pu te faire apprécier quelque chose dont tu n'est pas un adepte ! En tout cas le début ! Bien que je ne comprenne pas bien ta proposition, je m'en très honoré xD.

Ce que je fais n'est probablement pas du RP, car je ne fais que raconter l'histoire  scénarisé de mon warden, sans jouer moi-même un rôle, en rapport avec d'autres personnes ou ou un maître du jeu. ^^

Et pour répondre à tes deux questions :

1 - Je comprends l'anglais à l'écrit, mais comme tout bon français qui se vaut, je suis une vraie quiche à l'orale ! xD Je suis incapable de tenir une conversation, et mon accent est plus qu'horrible ! ( je m'entraîne quand même à regarder des séries en vostfr sur mon ordi pour essayer de capter le truc )

Crois-moi ça serait un désastre ! Je n'approche même pas du médiocre ! ;D

2 - Sinon, je me sens incapable de jouer un personnage quelconque en anglais !!! Ma voix deviendrait grossière dans cette langue, hésitante, bégayante haha ! ( Mais je trouve que j'ai une voix plaisante.... xD Pour être sûr, J'ai demandé à quelques copines au téléphone - drôle de question  ;D - et elles m'ont toutes répondu oui. ) N'empêche que ça ne rendrait pas forcément bien  à l'audio et jouant un rôle.

Mais à toute hasard ça ne me dérangerait nullement que quelqu'un d'autre plus qualifié dans ce domaine s'y mette. Moi en tout cas, c'est mort.

Désolé si ça casse l'ambiance, mais j'ai répondu honnêtement ! Pas de mauvaise surprise au moins !  ;)
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 01 novembre 2013 à 00:17:24
[Justify]
Affliction de la nouvelle recrue des Gardes des ombres sur la route d' Ostagar. [1/2]


Cette dernière nuit qu'ils avaient passé ensemble avant que tout s'effondre. C'est comme s'ils la revivaient tous deux. Celle qui avait vu l'union volcanique entre eux devenir plus qu'une éruption de pulsions, se métamorphoser en quelque chose de plus fort et créer les fondements de hauteurs vertigineuses vers lesquelles l'avenir leur promettait de s'envoler. Après cette petite conversation intime révélant des sentiments naissants, très vite les corps avaient réclamé à parler à leur tour, brutaux, exigeants, passionnés. Baisers torrides, caresses impérieuses, les langues se cherchant indiscrètes et insidieuses avaient encore provoqué la transe des deux amants emportés par la fougue. Puis mis au supplice et en toute complicité vint sans tarder le coeur à coeur, le corps à corps en toute position dans le lit, aussi violent et déchaîné qu'il en parut doux et délectable suite à l'éveil effronté des sens et du plaisir qui en résultait. Et le cirque amoureux se perpétua dans la touffeur de la nuit jusqu'à l'épuisement. Après l'assouvissement de la dernière faim succédant à un autre repos bien mérité, encore échauffés, ils s'écroulaient de nouveau, mouillés de transpiration, soufflant comme des boeufs et leur visages éclairés d'une expression de contentement sauvage.

<< Vous m'épuisez Monseigneur, comme vous y allez ce soir, insatiable démon que vous êtes. >>


<< - Hé, qui a proclamé qu'on ne devait le faire qu'une seule fois dans une nuit... >>


<< - Je me laisserai à penser à un homme sage s'il en fut jamais ainsi, en sachant le dur labeur qui nous attend quotidiennement au lever du jour dans ce monde implacable et si exigeant de nous, pauvres mortels. A tout le moins, aussi accablée de fatigue que je peux l'être,  je suis définitivement fixé sur ce que vous ressentez à mon égard. Cette nuit n'est définitivement pas comme les autres. C'est comme si vous me transmettiez un message, fort dans son témoignage, plein de signification ! >>


<< - Que veux-tu ma jolie, j'ai toujours privilégier l'action aux mots pour ça.. >>


<< * Rire * Oui et bien... Je crois que j'ai compris, Monseigneur. Faîtes preuve de compassion, c'est que je n'ai pas le même luxe de passer des heures à fortifier mon endurance par l'entraînement dans la cour ! Réservez moi le peu d'énergie qu'il me reste pour demain matin par pitié ! J'aurais fort à faire aux cuisines, notamment la grandiose préparation du petit-déjeuner en l'honneur du départ de votre père. >>

<< - Oh que non. Demain tu n'iras nulle part, tu auras toute la journée pour te reposer alitée, dormir sans compter les heures, flâner inconsidérément, paresser comme bon te semble et boire tout ton soul jusqu'à mon retour à la tombée de la nuit. Les cuisines et les autres serviteurs se passeront de toi. Car tu n'as plus rien à y faire.  >>


- << - Comment ? Je.. Vraiment ? Mais... >>


<< - Chuut. Je le commande ainsi. Demain je deviendrai le nouveau Tyern de Hautecime, j'userai de mon pouvoir comme bon me semble et nul n'aura son mot à dire sur la question. J'ordonne, ils obéissent. Je le veux, je fais de toi ma Tyerna et tes moindres aspirations deviennent des commandements indisputables. Tu auras bien le temps de récupérer de cette nuit, demain et les jours qui suivent, sans compter. Ton bien être m'importe désormais, et il ne me plait guère que tu t'esquinte les membres à remplir des tâches aussi barbantes des heures durant. Que dirais-tu d'une nouvelle robe pour commencer ? Celle que tu porte quotidiennement est informe, sale et vulgaire. Indigne de l'éclat de tes yeux, la grâce de tes courbes, la délicatesse et la joliesse de ton visage. Parle, dis moi tout ma belle ! >>


<< - Je... j'adorerai ! M'habiller telle une noble Dame, m'élever d'apparence au même rang que toutes ces humaines aux parures si éclatantes ? La tête qu'elles feraient en m'apercevant. Aussi les autres aux cuisines vont être vertes de jalousie. * rire * Par Andrasté, me voici toute confuse ! Ce serait tellement merveilleux ! Enfin je... enfin je n'ai jamais eu de problèmes auparavant et j'aimerai que ça demeure ainsi. Je crains tout de même les répercutions de tant de complaisance. A mon avis... >>


<< - Non ne te projette pas dans des perspectives négatives Lyn. Laisse moi me préoccuper seul de ce genre de détails. Je te protégerai, je veillerai sur toi. Rien ne saurait t'atteindre ni t'affecter, encore moins attoucher à ta personne. Je te le promets. >>

<< - Et je vous crois mon amour ! Je vous aime, depuis que nos yeux se sont croisés, en dépit du caractère charnel prioritaire de notre relation. Peu m'importait de passer juste une seule nuit avec vous, sans compter pour rien à vos yeux, n'ayant jamais espéré quoi que ce soit de votre part. Maintenant toutefois je puis vous le confesser sans crainte et sans m'effrayer d'en être blessée que je suis heureuse comme je ne l'ai jamais été dans toute ma vie à vos côtés. Je peux vous avouer désormais que je tiens à notre relation particulière quelque soit les retombées et que j'en concevrai une grande souffrance si nous venions à être brusquement séparés. Je ne peux que soupirer d'impatience devant ce que demain me réserve. >>
Joruth revoyait distinctement Lyn, resplendissante de beauté dans ses bras, la mine affectée de vulnérabilité extrême. Puis les ténèbres entourèrent petit à petit son amante, tandis que celle-ci affichait désormais un regard mortifié.

<< Mon... Monseigneur ! >>
Des larmes de sang ruisselèrent de ses yeux, son corps parsemé ici et là de tâches rouges visqueuses. Joruth pleurait déjà lui aussi, affreusement au courant de la logique de ce déroulement, tendant la main vers son aimée devenue aussi évanescente qu'inatteignable, désespéré, dévasté par la douleur qui le submergeait devant sa perte. Encore une fois sous ses yeux elle mourait, impuissant qu'il fut à l'écarter des dangers, incapable de la sauver.

Puis le songe s'évapora au profit d'autres tout aussi horribles. D'autres rêves le hantèrent dans son sommeil agité, les mêmes qui le tourmentaient depuis plusieurs semaines. Il revoyait son père, sa mère, Oren, Ser Gilmore, il les cotoyait ainsi qu'il l'avait fait dans la réalité, heureux et insouciants. Et tous ensemble dans les ténèbres côte à côte, souillés de sang, de fumée, à grand renfort de bravades, ils partaient batailler, persuadés de leur victoire éclatante face à l'ennemi. Mais la bataille avait tourné court en leur défaveur, leur groupe si éminent éparpillé, traqué, persécuté. Et un par un ils étaient tombés, encerclés par des spectres de brumes équipés de lames fantomatiques qui levaient et faisaient retomber leur lames sur eux, ainsi qu'on s'exécutait inlassablement pour ravager des corps, les réduire en menues morceaux.

Joruth en spectateur coupable de ce carnage, incapable de se mouvoir et de leur venir en aide, avait été le seul que celles-ci mu d'une fureur assassine avaient ignorées, comme pour se pour se moquer de lui. Le temps d'un sursaut et ce fut l'éveil avec un cri d'épouvante pour la jeune recrue de Duncan dont l'âme était si torturé, à la manière d'un homme victime d'un sceau d'eau glacé qu'on lui aurait jeté franchement à la figure. Le même réveil brutal, la même consternation qui suivait inexorablement. Le retour à la réalité ces derniers temps n'avait jamais paru plus attristante et plus cruelle que les rêves qui vous faisaient contempler les pire frayeurs que nous pouviez receler en vous. Quand ces mêmes cauchemars n'étaient que le pâle reflet de ce qui s'était produit pour de vrai, vous mettant au supplice. Quand on se rendait compte que les morts aperçus dans ses songes n'apparaîtraient plus, ne reviendraient pas dans ce monde-ci, qu'on ne pourrait plus jamais les sentir ni les cotoyer, ni les toucher.

Et à peine un oeil ouvert, couché sur son sac de couchage et tout entortillé dans ses couvertures, l'humeur du jeune Cousland s'en ressentait déjà pendant qu'il s'ordonnait à se rasseoir, tant secoué par la vision de ses proches et de certains moments vécus qu'il s' en retrouvait à nouveau en larmes. Rien n'y faisait, ni la distance, ni le périple qu'il subissait, ni le temps qui défilait jour après jour. Il avait toujours mal, terriblement mal. Depuis un moment déjà, il n'avait pu profité d'un sommeil réparateur, entier, dévoré par la haine, terriblement diminué par l'affliction. Pas même son Mabari larmoyant et très concerné par son état n'avait su le remettre d'aplomb. Et dans ce nouvel apitoiement de lui-même, à la lueur du soleil, il n' avait aperçu le géant au-dessus de lui, invisible à ses yeux alors qu'il se tenait pourtant debout à son côté, le dominant de haut. Le garde des ombres. Son sauveur et recruteur opportuniste.

<<- Il est temps. Levez-vous, mangez. Nous repartirons bientôt. >> annonça seulement Duncan, d'une voix aussi abrupte qu'autoritaire, s'en retournant sans même lui jeter un dernier regard. Pas même un bonjour ni même un petit mot sympathique. C'était comme ça depuis la première nuit passé ensemble entre eux. Guère de condoléances exprimés de la part du garde des ombres dont la figure soucieuse dévorée par une barbe aux poils drus noir ne se départait jamais de cette extrême sévérité qui lui était si coutumier. Mais Joruth n'en n'avait cure, en vérité bien peu de choses lui importait en ce moment, profondément plongé dans ses réflexions, totalement perdus dans ses considérations. Il paraissait à peine vivant ces temps-ci. Après le rapide petit déjeuner, comme promis ils se remirent en route, tous deux muets comme des carpes.
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 01 novembre 2013 à 01:49:17
[Justify]
Affliction de la nouvelle recrue des Gardes des ombres sur la route d' Ostagar. [2/2]


La marche vers le Sud du royaume se poursuivait indéfiniment. Le jeune Cousland avait subi tout le branle bas de son départ d'une ville quelconque au Nord où lui et Duncan s'étaient restaurés et préparés en toute hâte, avait essuyé à son passage la clameur des hommes, l'ébrouement des bêtes, le fracas des chariots, les couinements poussifs d' énorme carrosses, tandis que tout autour virvoltaient des gouttes de pluie. Toujours plus loin au sud, sans jamais traîner, les deux voyageurs,sous un temps grincheux avaient trimballé leur carcasses à pied sur les routes de l'arrière pays d'où émergeaient à proximité sur les vastes plaines nombre de fermes blanches. La nuit, ils veillaient, le jour dès l'aube ils en profitaient pour pousser au plus loin vers Ostagar. Duncan contrairement à Joruth ne semblait jamais épuisé, indifférent à leur course harassante, son pas continuellement vif, ses enjambées aussi grandes que précipitées, comme s'il craignait d'être pourchassé. La nuit tombée de nouveau, ils établirent un autre campement.

Las et meurtri par toute une journée de marche forcée dont il n'avait jamais été habitué de sa vie, lui un noble de Hautecime ayant toujours eu à sa disposition un destrier, Joruth escorté par son Mabari entreprit d'aller ramasser des monceaux de bois pour le feu qui devrait durer toute la nuit dans les alentours. Ceci fait, il revint sur ses pas et tomba sur Duncan qui avait déjà allumé un feu, ses sourcils broussailleux éternellement froncés. Le bois en travers de ses bras, la jeune recrue déposa le tout à proximité puis s'assit en tailleur au sol, emmitouflée dans son manteau sous l'air glacé environnant. Satisfait, Duncan détacha deux lapins morts de sa ceinture et les enfila dans une broche en bois au-dessus du feu.

Puis il s'adressa pour la première fois à sa jeune recrue avec plus de quelques mots prononcés de manière laconique.

<< Nous atteindrons Ostagar dès demain. A l'orée des terres sauvages de Korcari. L'Empire Tevintide s'en servait comme d'un avant-poste il y a bien longtemps de cela pour repousser les incursions des barbares. C'est un lieu propice à l'ultime bataille, même si l'ennemi est aujourd'hui bien différent. Les forces du roi ont vaincu l'engeance à plusieurs reprises mais c'est là-bas, au sud de cette position qu'est rassemblé le gros de la horde. L'enclin doit y être refoulé impérativement. S'il s'étend vers le Nord, Ferelden est condamné. >>

En dépit de la gravité de son ton, le jeune Cousland n'écoutait guère, la mâchoire crispée, son regard auparavant meurtri devenu meurtrier admirant les flammes rougeoyantes qui happaient le bois noirci de leur langues affamées. Au moins y avait-il eu une évolution. Il paraissait tout autre chose qu'un zombie désormais. Les premiers jours, il avait paru comme fou furieux à cogner tout ce qui était à portée, à s'égratigner la peau. Duncan avait bien eu du mal à le calmer. Puis les journées suivantes, tout au contraire le jeune homme était tombé dans une étrange torpeur. Il n'avait pas prononcé un seul mot, se mouvant, obéissant à n'importe quel injonction de la part du garde des ombre, sans réfléchir, les yeux vides, presque sans vie. Des semaines entières avaient passé sans que rien ne change dans son comportement inquiétant. Duncan ayant déjà traversé mille et une tragédies n'avait pu s'empêcher d'être déçu par le laisser aller de sa recrue qu'il avait imaginé un peu plus fort dans la tourmente. Mais aujourd'hui, il avait constaté une nette amélioration. Il s'en sortirait. Quand bien même le jeune noble n'était certainement pas encore prêt à assumer son nouveau rôle.

<< Je suis désolé pour vos parents. C'était des gens estimables, dont la valeur dépassait la mesure. >> ajouta finalement le garde des ombres d'un ton sincère, comme pour forcer le garçon à s'ouvrir à lui, crever l'abcès afin qu'il puisse se concentrer sur le plus important. Succès en demi-teinte, celui-ci ne lui jeta pas même un coups d'oeil, focalisé sur le feu, bien qu'il consentit enfin toutefois à faire la preuve de son existence par l'animation de ses traits et de sa langue acerbe.

<< - Oui. Ils ne méritaient pas ça, ni aucun de ceux que vous avez omis de mentionner. Je revois encore le visage de mon père, aussi affligé qu'un damné, marqué par la culpabilité, lui qui n'a jamais rien eu à se reprocher et toujours disposé à aider les autres du mieux qu'il pouvait. Une fin lamentable, indigne d'un homme aussi respectable. Il aurait dû finir ses jours avec le sourire aux lèvres, l'esprit tranquille quant à ce qu'il laissait derrière lui. Un sort aussi brutal qu'incompréhensible que le sien. Il n'est pas mort en paix, ainsi que beaucoup d'autres, et cela me désespère et me ronge. >>

<< - Bien peu sont les morts qui ont mérité leur sort. >>

<< - Howe viendra grossir leur rangs très bientôt. >> assura Joruth d'une voix singulièrement froide et calme, pour quelqu'un qui était passé pour fou-furieux il y a peu, inconsolable après coups. Duncan le voyait bien dans son regard brillant. La tragédie qui entourait le jeune Cousland l'avait transformé. Certaines choses étaient mortes en lui, d'autres étaient nées. Cette expérience difficile lui avait retiré une partie de sa jeunesse, de son insouciance, de sa joie de vivre, de son humanité. En quelque sorte, il avait mûri, il avait vieilli, il s'était endurci. Peu enthousiaste quant à cette fixation sur Howe qui ne quittait nullement sa recrue, Duncan se sentit obliger de lui remettre les idées en place. Il n'avait que trop divagué ces derniers temps. Il fallait mettre la holà.

<< - Aussi funeste ce jour fut-il, je me dois de vous rappeler que cette tragédie immonde que vous avez vécu n'est que peu de choses face à la menace de l'engeance. Rien ne saurait détourner notre ordre de son combat. Tous ses membres s'y sont engagés, cela vaut aussi pour vous. La tâche essentielle d'un garde des ombres prime sur sa soif de vengeance. >> Joruth riva enfin son regard sur le garde des ombres, une lueur agressive dans les yeux, la mine pleine de récrimination.

<< - A qui revient la faute de cet imbroglio ? Je n'ai jamais aspiré à devenir Garde des ombres. Vous le saviez pertinemment. A notre première rencontre ne vous avais-je pas opposé un net refus malgré l'insistance déplacée de votre proposition obstinée ? Et néanmoins en toute connaissance de cause et ne reculant devant rien, cette charge vous me l'avez tout de même imposé d'un commun accord avec mes parents, lesquels acculés, dos au mur, étaient désespérés au point que vous en profitiez pour leur soutirer ce que vous désiriez si ardemment. A mon détriment et contre ma volonté évidemment, ce dont vous n'avez pas jugé important de relever. J'avais des ambitions, j'avais des projets ! >>

Duncan ne broncha pas, peu ému par ces remarques plaintives et... pleinement légitimes. Peut être le jeune noble lui en voulait-i terriblement, mais il était persuadé que cela lui passerait quand il découvrirait par lui même pourquoi il en était passé par là, désespéré d'apporter son lot de recrues en Ferelden si négligée malgré les dangers imminents.

<< - Il est vrai. Et pourtant vous vous tenez là, à mes côtés, en route vers Ostagar prêt à rejoindre la Garde des ombres en dépit des circonstances. Cela implique je gage, qu'une fois pleinement investi vous devrez compter avec les principes qui régissent notre ordre. De gré ou de force.  >> Joruth ne sembla rien entendre, soudain agité, ses yeux retombés sur le feu, grimaçant de colère, ses mains s'agrippant presque férocement à la fourrure de son Mabari en travers de ses genoux qui ne se plaignit guère.

<< - Je suis le seul survivant d'une puissante famille lâchement assassinée par un meurtrier qui court toujours, poussant l'insulte jusqu'à détenir notre propre château. Et je laisserai faire en me résignant, focalisé sur d'autres combats qui ne m'évoquent que de vulgaires légendes du passé ? Mon frère est peut être encore en vie, nos morts crient vengeance, et j'ai une promesse de revanche à honorer sur les bras ! Que me chaut ces principes si creux et si lointains quand résonne si ardemment l'appel de la justice et du sang versé en réparation ? Je boue de rage rien qu'à l'idée de m'éloigner ne serait-ce qu'un peu de cet objectif que je perçois comme vitale, comme s'il m'était indispensable pour trouver la rédemption dont j'ai tant besoin et que je réclame à cor et à cri !  >>

Duncan devant l'emportement enfiévré de son interlocuteur lui jeta un regard avertisseur sous ses sourcils broussailleux noirs.

<< - Le roi sera averti de la trahison de Howe et le connaissant pour ce que j'en ai vu et l'ayant plus d'une fois cotoyé, je ne doute pas qu'il agira en conséquences. Après quoi, vous aurez couper tout lien avec votre passé et tout ce qui vous y rattache. Plus rien ne devra obstruer votre devoir comme cela parait être le cas dès à présent. Nombreux sont ceux parmi les gardes des ombres ayant partagé à leur débuts les mêmes préoccupations que les vôtres, inquiets pour leur entourage, bousculés par de pressants buts personnels. Et tous ont inexorablement fini par assumer leur nouveau rôle et les responsabilités qui vont de pair. Et tout comme eux, vous accomplirez votre devoir. >> Joruth plissa les yeux, le ton venimeux.

<< - Ne présumez rien de mes intentions Garde des ombres, vous vous en mordriez les doigts. Je n'éprouverai aucun remord à vous laisser vous entretenir seul avec les engeances, s'il m'en prenait brusquement l'envie. >>

<< - Vous avez promis à votre père et au représentant de la garde qui vous interpelle à ce moment d'être des nôtres en échange de votre vie et l'espoir de traduire Howe en justice pour ses méfaits. Aussi peu engageant que vous puissiez le paraître, je jurerais que vous êtes un homme de parole. >>

<< - Tsss. L'honneur: Rien qu'une mare de pisse. Regardez où ça a mené mon père et toute notre famille, culbutés telles de vulgaires catins par l'un de leur sujets qui en était dépourvu jusqu'à l'os ! Vous vous méprenez sur mon compte. >> Joruth jurerait que le garde des ombre avait prononcé un début de sourire avec la commissure de ses lèvres.

<< - Ais-je parlé d'honneur ? Rien de ce que vous proclamez n'a traversé mes lèvres ni mes pensées mon garçon. Elles semblent être le fruit de votre seule imagination et de votre indignation face à l'injustice qui a frappé votre famille. J'ai seulement évoqué le respect de la parole donnée. Là est toute la différence.. A moins que vous ne souhaitiez me contredire à-dessus aussi... Je vois beaucoup de potentiel en vous, pour peu qu'elle ne soit pas gâchée par des priorités inconvenantes. Etant donné le caractère de notre ordre et la dureté de notre engagement je crois que vous ferez une excellente recrue, sans compter vos compétences martiales et en dépit disons... de votre réticence initiale. Mais vous finirez par changer d'avis j'en suis sûr. >>

<< - Je ne crois pas. >> Devant l'ignorance évidente du garçon, la figure de Duncan s'assombrit, celui-ci empli d'un nouveau sentiment de gravité intense. Les bois alentour semblaient s'épaissir tandis qu'il reprenait la parole de sa voix profonde.

<< - Je crois que si. Une fois que vous aurez vu qui sont nos véritables ennemis et de quoi ils sont capable. Je suis convaincu alors, que vous embrasserez totalement notre cause, comme bien d'autres avant vous. Vous finirez par oublier vos origines, ceux auxquels si fier vous vous raccrochez et deviendrez un authentique garde des ombres. >>

Joruth tout aussi irrité qu'impressionné par la constance et la posture inébranlable du vieil homme, ne répondit rien, le dévisageant de manière perplexe, incapable de se prononcer sur ces dernières paroles dont il ne comprenait pas bien la signification. Hochant la tête, comme pour confirmer la fin de la première vraie discussion entre eux, Duncan sans avertissement lui balança son lapin cuit sur les genoux.

<< Bien, je vais monter la garde, mangez, dormez un peu et reprenez des forces. Vous en aurez besoin face à ce qui nous attend. >>
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 05 novembre 2013 à 00:27:48
Fin du premier cycle, qui mettait en lumière ce à quoi s'apparentait le Garde des ombres dans son ancienne vie alors qu'il n' était encore qu'un tout jeune homme ambitieux et passionné, un fils de la noblesse fereldienne qui s'assume, et dont l'histoire s'achevait sur la brusquerie avec laquelle sa vie a basculé avec la trahison de Howe et la proposition forcée de Duncan.  Arrêt momentané pour le moment.

Je dois reprendre DAO, j'en suis qu'à la fin des Cousland. J'ai besoin d'arriver à Golefalois dans ma partie et finir dès que j'ai le temps pour en respirer l'amosphère avant de reprendre l'écriture. Je me lancerai à nouveau une fois que ce sera fait.

Prochain cycle donc à Golefalois. Avec un warden mûri  ( après le meurtre de sa famille, la découverte horrible des darkspawn dans la forêt de Korcari, son engagement en tant que Garde des ombres,  et la bataille d'Ostagar qui s'est achevée par une misérable défaite, enfin le passage à Lothering ) , et sa team qui apparaîtra pour la première fois cette fois.
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Gyapple le 08 novembre 2013 à 14:37:19
Un peu en retard, mais là tout de même. AH, pauvre Joruth.

J'ai hâte de lire de son point de vue les différentes rencontres avec les futurs membre de l'équipe!
J'adore toujours autant! Vivement la suite. ;)
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 08 novembre 2013 à 16:59:10
Merci Gyapple ! Ca fait vraiment plaisir de lire ça ! ;)
Oui, ces derniers temps, Joruth n'a pas vraiment eu la vie facile ;p
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 28 janvier 2014 à 16:21:32
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Joruth, le Garde des ombres.
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[justify]Je suis défiguré, j'ai changé. Certains affligés du même sort en riraient cyniquement, d'autres témoigneraient de la peine face à ce genre de considérations. Moi j'en ignore les effets, incapable d'y voir la pertinence, indifférent à cette transformation. Ma figure imberbe de toute blessure n'est que pitoyable illusion, dissimulant les innommables lacérations gravées dans ma chair et dans mon âme. Ainsi lamentable et sans combattre suis-je sans doute devenu méconnaissable pour quiconque se remémore un flamboyant nobliaux du passé et guère plus qu'une vision floue pour l'étranger ayant peu d'intérêt à s'attarder sur un vulgaire reflet fantomatique à l'expression désincarnée tel que le mien. L'aplomb, la passion s'est évanouie. Je suis comme devenu l'ombre de moi-même, à la dérive, sans repères, égaré dans un monde nostalgique dont je peine à m'évader. Pour combien de temps ? Est-ce seulement temporaire ?

On dit que les cruelles expériences de la vie forgent un homme, le rendent plus fort. Quelqu'un s'est-il seulement demandé si elles pouvaient également le détruire et l'échanger au profit d' une pâle figure au contenu différent et significativement corrompu, peut être même malsain  ? C'est ce que je ressens. Que reste t-il vraiment de l'homme que j'étais avant ? Ceux qui avaient la réponse ne peuvent plus m'aider. Morts ils sont, assassinés ils ont été, tous autant qu'ils sont. Abattus comme des chiens, avec moins de considération que pour le plus misérable cancrelat écrasé sous le talon d'une botte négligente. Je n'oublie pas, je n'oublie rien, défait et impuissant à juguler, refouler tous ces visages à l'expression figée et plus que douloureuse dans mon esprit.

Et pourtant je n'arrive plus à verser de larmes, à extérioriser quoi que ce soi. Las, je garde désormais le silence là-dessus, je me noie dedans et broie éternellement du noir, seul dans l'absolu. Personne ne peut m'aider, je désire simplement la piètre quiétude et ne requiert aucune main secourable que je soupçonne incapable de comprendre toute l'intensité du drame ce que j'ai vécu, en saisir toute la substance.

Il fut un temps, je brûlais d'un feu intense, pour mes ambitions, pour mes rêves, pour les personnes que j'aimais. Voilà que je suis désormais aveuglé de visions de feu destructeur emportant tout sur son passage, puis plus rien, comme éloigné de tout sauf du besoin presque nocif et rageur de violence, d'accomplir de grandes choses et de résoudre des questions importantes, peut être pour combler le vide béant. Peut être un mal pour un bien.

Aujourd'hui j'ai une pensée pour tous ces morts qui ont parsemé le champs de bataille d'Ostagar, une pensée pour Duncan. Un gâchis, un massacre, d'une tristesse infinie. Toutes ces vies perdues. Et pourtant je ne les pleure pas vraiment, je ne suis pas aussi affligé que j'aurais dû l'être en tant que soldat, en tant que Fereldan, comme siphonné de toute compassion. Alistair paraissait jamais ne devoir se remettre de cette fatalité, mais pour moi... c'était presque une chimère, un drame avait succédé un autre et déjà été balayé d'un revers de main dès lors que nous quittions la cabane de flemeth, mon esprit entièrement focalisé sur le plus important. Car dévoué à ma mission je le suis et rien ne me divertira, ne m'en détournera, nous réussirons ou nous périrons. Je suis plus déterminé que je ne l'ai jamais été dans ma vie.

Garde des ombres, je suis. Garde des ombres je resterai, agissant d'abord et avant tout comme tel et en toute circonstance. Je prends désormais conscience de ce que cela revêt comme signification, ainsi que Duncan l'avait anticipé. Et sans autre horizon que cette route tracée par d'autres, sans espoir pour un avenir qui me satisferait, juste mon bras et ma voix pour porter le message unificateur et salvateur de notre ordre et mener le combat le plus difficile pour la race humaine et pourtant le plus sous-estimé; je me contenterai d'avancer, encore et encore, d' incarner la résistance. Imposer l'ordre au chaos. Je ferai mon devoir. Oubliées mes grandes résolutions de vengeance, et ça, je ne me le pardonnerai jamais, même si je n'ai guère le choix. Assurément je me dois de balayer le passé. Et je le ferai. Joruth Cousland, fils d'une grande famille noble de Hautecime est mort. Joruth, le Garde des ombres a pris sa place avec toute la gravité qui s'impose.

Devant les dangers imminents, et la faillite qui menace notre destinée, Alistair et moi sommes les derniers représentants de la Garde des ombres en Ferelden, les seuls rescapés de la défaite d'Ostagar. Nous sommes vivants. Le combat continue, n'a jamais cessé, et ne s'achèvera qu' à notre anéantissement ou celui de l'ennemi. Nouveaux élus ombrageux de notre ordre, nous serons également de sanguinaires hérauts si la nécessité l'exige, les seuls à même de porter la teneur du message qui est le notre. Amassons l'énergie nécessaire, unissons toutes les forces vives du pays pour porter le coups fatal et faire rendre gorge à l'archi-démon.
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Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 28 janvier 2014 à 18:33:42
[justify]L'heure était grave, le souffle égayé des premières victoires contre les engeances avait tourné au désastre, au tumulte et aux récriminations haineuses. Une situation née du désespoir et de la défaite aussi totale qu'implacable. Un choc pour la nation. Une véritable hécatombe dont il était difficile de se relever. Le roi Cailan avait trépassé, trahi par son plus fidèle général, l'armée Fereldienne fièrement réuni sous l'orgueilleux étendard de son souverain avait été écrasée à la Bataille d'Ostagar, la Garde des ombres, portes-étendards du combat contre l'enclin entièrement anéantie à leur côtés. Une période sombre pour Ferelden devenu vulnérable et déchiré par les marques acerbes de la traîtrise et de l'opportunisme qui amenèrent à un chaos sans précédent. L'armée jadis glorieuse et splendide se dispersait en lambeaux à présent. Le pays saturé par les dissensions internes n'en finissait plus de se diviser. Ayant survécu à Ostagar, sauvé in extremis des griffes de la mort et devant l' état de déliquescence du royaume, Joruth Cousland jura de tout entreprendre pour renverser la tendance. De l'ombre était ressorti un rayon de lumière et un groupe de combattants courageux et puissants prit naissance au milieu du chaos, entièrement dédié à vaincre l'Enclin, débarrassé de tous les partis pris. Ainsi après avoir passé le cap de Lothering, le Garde des ombres assuma définitivement son rôle de leader, et ne reculerait devant rien pour accomplir sa mission.

Le crépuscule arrivait à son terme. Le jour était sur le point de céder sa place tandis qu'une brume opaque et pénétrante, embrassant le sol et le ciel, se répandait. Là, sur le replat d'une colline dans les environs de Lothering qu'on apercevait en ruines après le funeste passage des engeances, au coeur de cette zone habituellement paisible, le sang y était versé. La bataille ponctuée de cris aigus surexcités s'égosillait entre une multitude de vilaines créatures humanoïdes en armure rouillée et deux hommes débordés sur leur flancs par la meute sauvage, mais qui ne s'en laissaient pas compter fleurette pour autant. Ces deux-là chargeaient, s'évanouissaient, réapparaissaient, faisaient tournoyer leur épées, insaisissables. Deux hommes résolus qui combattaient sans peur ni flottement les engeances, le fléau de l'humanité, celles qu'on annonçait comme le souffle de leur destruction à venir, la néfaste image de leur corruption et qu'ils dominaient fortement, sans efforts. Un Mabari enragé les accompagnait, bousculant, piétinant les engeances de sa force phénoménale amplifiée par une colère monstrueuse.

Bouclier haut, érigé en véritable forteresse, les deux guerriers armés jusqu'aux dents repoussaient de leur virtuose muraille la vague noire des adversaires échevelés et dominés par une rage bestiale. Et de la pointe de leur épées redoutables les faisaient retourner à l'état de cadavres décharnés immobiles, les corps ennemis disloqués sur l'herbe empoisonné de leur présence infecte. Les deux guerriers disciplinés dont rien ne signalaient qu'ils étaient des gardes ombres s'étaient rués avec autant de promptitude que d'audace sur cette faction de la horde, qui avait croisé leur route dans le plus grand des hasards au cours de leur traversée sur la route de Golefalois. Ils avaient frappé forts et vite, un formidable assaut dévastateur. Les engeances n'avaient eu aucune chance face à la célérité et la sévérité de l'attaque, face aux aptitudes martiales et la discipline de l'ennemi. Les dès étaient pipés depuis le début. Créatures instinctives, elles l'avaient pressenti, elles l'avaient su, bien que cela n'ait rien changé à leur volonté de repasser à l 'offensive, car telle était la malédiction de leur nature.

Et d'un mouvement brutal, monstrueux de force et de férocité, Joruth Cousland découpa en deux une engeance, tandis qu'Alistair fendait le crâne de son adversaire d'un revers de tranchant terriblement bien placé, des choses visqueuses et molles s'y étant révélées en plein air avant de se déverser au sol. La petite bande ne laissait aucun angle d'attaque, ne se permettait aucune erreur, un travail d'équipe qui avait payé par la récompense d'une explosion de cadavres et ne pouvait que faire trembler les six prochains et derniers adversaires qui demeuraient pour le moment sur l'expectative, reformant le cercle tout autour d'eux. Joruth, sans se retourner ni même jeter un coups d'oeil à son voisin et compagnon d'arme, l'oeil fixé sur le cercle d'ennemis qui les emprisonnait s'adressa à lui d'une voix sereine, presque neutre,  ainsi qu'on l'aurait fait pour proposer un verre de thé.

<< Alistair, je me réserve ces trois là, je vous laisse l'autre moitié... >>

<< - Une répartition équitable. Une proposition honnête à laquelle je ne peux qu'adhérer. >>

<< - WOOF >>

<< - On partagera toi et moi, Svear. >>

Quoi dit, les deux Gardes des ombres et le Mabari chargèrent à nouveau avec la volonté d'en finir et ils firent pleuvoir la mort tout autour d'eux, sans se voir opposer une forte résistance, les dernières engeances en totale déroute face à leur actions et leur aptitudes combinées. Les deux hommes après coups se jetèrent un regard complice, empli de respect mutuel, confiants sur les capacités de l'un et de l'autre. Après tout ils avaient déjà fait la pair un nombre incalculable de fois ces derniers temps. Ils n'avaient été défaits qu'une fois.

Tels étaient finalement Alistair et Joruth Cousland. Deux survivants, deux guerriers implacables au caractère forgé par ce qu'ils avaient enduré ensemble, forts du lien indéfectible de compagnon d'arme du même ordre qui les unissait, plus proches que des frères, leur destinée aujourd'hui définitivement mêlé. Ce fut ensemble à Ostagar qu'ils étaient devenus de véritables Gardes des ombres accomplis, qu'ils avaient subi l'épreuve du feu, la guerre ayant fondu leur vie en une, la guerre désormais devenue leur vie, et leur vie une arme dès plus mortels. Sur leur épaules reposaient tout le fardeau de leur ordre, ils le représentaient seuls, l'incarnaient, le feraient vivre à travers eux, à travers leur décisions, à travers leur actions. Leur trempe et l'acier termineraient le reste. Ainsi le combat finit par s'achever sur leur victoire totale, tel que c'était écrit.

<< - Bien. L'avant-garde a été bousculée sans souci puis surtout supprimée à temps. Le gros de la horde tout proche dans les environs a finalement ressenti notre présence. >>

<< - Oui, tout comme nous. Je sens les engeances approcher rapidement de notre côté. >>

<< - Comme prévu, n'est-ce pas ? Allons-y. >> Délaissant derrière eux le bain de sang dû à leur travail artistique, suivi par le Mabari, les deux hommes accablés par la fatigue et la poussière s'élancèrent toutefois avec gaillardise vers une autre destination, un lieux tout proche surplombé par des pente raides et parfait pour tendre un piège. Arrivés au bout de la route, dans une sinistre humeur et l'acier de leur lame en bout de bras, ils se retournèrent alors et attendirent jusqu'à l'apparition d'une nouvelle meute d'engeance. La plus grosse et la plus dangereuse qui menaçait dans la zone, déjà fort dégarnie cepnendant de tous ceux qu'ils avaient éliminés en les assaillant par surprise. Alistair parut soudain inquiet.

<< - J'espère que Morrigan attendra. Elle ne semblait pas particulièrement heureuse d'être laissée à l'arrière. L'effet de surprise est essentiel face au nombre, espérons qu'elle ne sera pas trop pressée d'en découdre. Sans ça, ça deviendra... un peu plus compliqué. >> ajouta Alistair après réflexion tout en faisant la grimace rien qu'à l'idée de devoir imaginer pire. Non pas qu'il était paresseux, mais la perspective de travailler d'arrache-pied à sa survie durant le combat ne l'enchantait pas particulièrement.

<< - Elle obéira et agira selon le plan. C'est une femme intelligente. >> se contenta de répondre seulement Joruth d'un ton égal, son regard impavide marron clair et dur comme la pierre dirigé uniquement droit devant lui, là où devrait surgir leur futurs opposants.

Il savait qu'Alistair ne pouvait pas sentir Morrigan, celui-ci la suspectait même de suivre un agenda différent du leur. Joruth pour sa part n'avait rien vu qui puisse tenir de reproche. Dès le début entre les deux compagnons, tel des enfants, le mauvais temps s'était annoncé, et au fur et à mesure des jours qui passaient, il n'avait de cesse de se gâter, sans que Joruth ne décide de s'investir en quoi que ce soi pour les réconcilier sauf quand il estimait que cela menaçait l'intégrité et l'efficacité du groupe. Après tout, ils n'étaient pas obligés de s'aimer. La seule chose qu'il ne tolérerait pas c'était qu'ils ne se soutiennent pas entre partenaires, que ce soit au combat ou non. Le jeune Cousland ne connaissait pas encore bien la fille de Flemeth, mais il avait déjà été convaincu par sa puissance, elle s'était révélée être un atout indispensable. Et bien qu'elle puisse se révéler imprévisible, la sorcière ne lui avait pas paru à ce point stupide, bien au contraire, et Morrigan était aussi capable de faire preuve de discipline. Une condition qui revêtait une très grande importance à ses yeux, en tant que Garde des ombre. Etonnamment, si cette dernière n'avait jamais démontré le moindre signe de respect pour Alistair, Joruth lui, semblait avoir été relativement épargné par ses remarques acerbes, et elle ne contestait pas ses décisions, même si elle pouvait parfois les discuter. Et cela il l'appréciait. C'était tout ce qu'il exigeait.

La seconde moitié de la horde d'engeances enfin apparut dans un tumulte des plus dégoûtant, et à eux trois seulement, cette-fois-ci les gardes des ombres se retrouveraient submergés, noyés dans la masse de cette vague profonde. Les monstres enfin arrivés à leur hauteur et les ayant aperçus piaffaient de perversité et d'ambitions quant à ce qu'ils allaient leur faire subir. Sans préambule, ils se précipitèrent sur les deux humains impertinents. Alistair peu impressionné par le spectacle qu'il avait devant lui de dizaines d'engeances courant après lui après Ostagar, prononça un rictus du coin des lèvres, comme soudain amusé et il se tourna vers son compagnon d'arme, à la fois son ami et son unique frère aujourd'hui après la mort de Cailan.

<< - Les pauvres. Si elles se doutaient de ce qu'on leur prépare. On devrait peut être avertir les engeances des dangers de notre embuscade. Vous savez, juste par pure esprit de compétition. >> Joruth ne sembla pas goûté la plaisanterie, trop éreinté pour ça. Il se contenta d'un très fugace froncement de sourcils plissant son front, ses yeux marrons neutres n'ayant rien transmis de ce qu'il en pensait vraiment, comme à leur récente habitude ...

<< - Nous sommes vannés, la nuit tombe, et je meurs de faim. Faisons ça sans fioriture et finissons-en. >>

<< - Hum. Vous marquez un point, c'est effectivement bientôt l'heure de dîner. >> Les yeux pétillants, Alistair se permit un franc sourire, presque désabusé.<< Il n'empêche, je ne vous aurais jamais cru aussi impatient de vous confronter à ma cuisine un jour. >> Cette remarque valut à Alistair une expression sardonique et le premier sourire enjoué de la journée de la part de Joruth.

<< - Que voulez-vous. Lorsque l'estomac d'un homme est mis au supplice, il peut goûter n'importe quoi, manger n'importe quoi, même votre cuisine Alistair. >>

<< - Sans aucun doute le plus beau et peut être même le premier compliment qu'on ait jamais fait sur mes talents culinaires. Je chérirai ce souvenir avec émotion. >>

<< - WOOF >>

<< - Oui, toi aussi, Svear, je sais que tu apprécies ma cuisine... >>

<< - Attention, ils arrivent. >> Et les premières engeances leur tombèrent dessus. Une nouvelle mêlée, un nouveau champs de bataille dans lequel ils furent impliqués. Mais cette fois ils n'étaient plus seuls. Le moment était propice, le moment était venu pour le reste du groupe de sortir du noir embrumé.

Fchttt ! Des flèches surgirent comme de nulle part et tombèrent sur la troupe tailladée sur son flanc. Les flèches, tirées une à une et d'une précision inhumaine terrassèrent successivement plusieurs engeances touchées dans les parties non protégées. Et elles s'affalèrent brutalement au sol, interrompus dans leur course, leur attention détournée. Mais ce n'était que le début de leur calvert. Certains de ces monstres noirs corrompus se virent affectés par une féroce force de frappe glaciale qui les ralentissait, leur gelait les membres, faisait bouillir leur sang, et leur procurait une brûlure intense au niveau de leur muscles à présent transies. De la magie. Une magie destructrice et puissante qui les affaiblissait un à un avec un acharnement peu commun. Face à ces attaques soudaines, répétées et mortelles qui les rendaient vulnérables , ne sachant pas d'où elles venaient dans toute cette brume et divertis dans leur attention, les engeances se retrouvèrent pour la plupart à la merci du molosse et des guerriers humains contre qui ils combattaient ou tout du moins s'y essayaient.

C'est alors que la horde d'ennemi fut réduite de moitié en un temps sordide que deux autres humains, deux femmes, aussi belles que terrible dans leur volonté manifeste d'en découdre se révélèrent de leur position en hauteur cachée par les brumes, l'une rousse en armure et aux cheveux courts, l'autre la chevelure noire de jais dans une tenue faite d'un ensemble d'étoffes, ses yeux fauves lançant des éclairs courroucés. La première armée d'un arc qu'elle remplaçait alors par des lames courbés redoutables, la seconde armée d'un bâton qu'on usait pour multiplier la puissance arcanique. Et les deux femmes aussi vives et légères que le vent, plus menaçantes qu'une meute de loups enragées qui ne se souciaient plus du danger de s'attaquer aux hommes se jetèrent à leur tour au devant du danger, empli d'une fougue et d'une hargne irrépressible.

<< - Le créateur est parmi nous, il soutient mon bras entièrement dévoué à sa cause. Il dissipera les ombres vers lesquelles je me dirige, armée de ma foi . >> murmura pour elle-même Leliana durant sa folle course à l'aveugle.

<< - Ce petit jeu a assez duré ! >> proclama seulement pour sa part Morrigan d'une voix hargneuse, son ombre intimidante soudain étendue derrière elle alors qu'elle prononçait ces mots menaçants, irritée d'avoir dû attendre si longtemps les deux gardes des ombres, et que tout s'enclenche enfin. Déjà ses doigts s'illuminaient d'un halo violet qui promettait fureur et destruction alors qu'elle entamait sa course avec ardeur. Ainsi après avoir galopées toutes deux et s'être enfoncées à leur tour dans les lignes ennemis, un véritable massacre se déroula, l'équilibre des forces déjà bien entamé, étant alors totalement bouleversé et renversé avec une participation plus active de la partie féminine. Des éclairs de la dangereuse sorcière pourfendirent en torrents les rangs des engeances, les plongèrent dans la souffrance, le désarroi et la paralysie la plus total. Les lames de Leliana, presque invisibles tant elles étaient fulgurantes dans le mouvement, achevèrent de les déconcerter et mettre un terme à leur misérable existence. La troupe d'engeance fut entièrement anéantie, pas le moindre survivant. C'était fini, la zone avait été pacifiée, ils pouvaient reprendre leur route sans plus se soucier.

Joruth apaisé après toute cette violence et rangeant son arme dans son fourreau reporta son attention sur la sorcière, plongeant intensément son regard dans celui de la jeune femme.

<< - Tout va bien ? >>

<< - Evidemment, quelle question stupide. >> lui répondit Morrigan d'un ton dédaigneux. Puis, elle se détourna de lui dans une envolée de jupes en prenant ses distances pour aller examiner minutieusement les cadavres des engeances pour lesquels elle trouvait un quelconque intérêt dont il n'avait aucune idée que cela puisse être. Pour qui la prenait-il ? se dit alors Morrigan. La croyait-il incapable de se débrouiller avec de tels adversaires qu'ils s'étaient partagés, indigne de son pouvoir et de son attention ? Comme s'ils pouvaient l'atteindre ! Puis elle était encore furieuse de toute cette diversion, cette fioriture avec les engeances. Quelle perte de temps cela avait été ! Toutefois et quitte à se surprendre, elle n'en dirait rien là-dessus. Oubliés les reproches qu'elle avait mûrement préparée d'une humeur vengeresse contre lui. C'était que ce Garde des ombres après tout l'intriguait, elle n'avait pas d'opinion arrêté à son sujet, il valait peut être mieux ne pas l'avoir à dos pour le moment. Ils avaient brièvement parlé sur la route de Lothering alors qu'Alistair se morfondait comme un enfant obnibulé par son nombrile, et il semblait avoir manifesté de l'intérêt à son égard, et elle s'était étonnée de ne pas y voir vu une gêne. Pas encore tout du moins... Il était... intéressant.

Joruth attarda un instant son regard impavide sur sa nuque, sa figure totalement inexpressive devant la réaction de la sorcière qu'il avait le plus grand mal à cerner. Puis sans transition et sans un mot, il dévisagea les autres.

<< - Alistair ? Leliana ? >>

<< - Laissez moi vérifier, je respire encore, ma tête est toujours bien vissée sur mes épaules et surtout, oh, tous mes orteils sont à leur place habituelle. C'est parfait, tout va bien. >>

<< -  Le créateur nous a confié une mission. Il veille sur nous, je ne doutais pas de l'issue du combat. Mais c'est aimable à vous de demander, garde des ombres. Je vais bien. >> Joruth hocha finalement la tête, s'ébranlant et dépassant enfin tout ce beau monde escorté de son fidèle Mâtin.

<< - Alors en route, nous avons encore un camps à monter. Allons débusquer l'endroit idéal.  >> [/justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Gyapple le 31 janvier 2014 à 15:48:56
ENFIN LA SUITE! Tu me donnes envie d'écrire d'ailleurs.

Ah, la venue de Léliana et de Morrigan ( <3 ). Je les attendais celles là!
Par contre, Sten est aux oubliettes? :p

J'ai hâte de lire la suite!
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 02 février 2014 à 09:43:26
[Justify]
Citation de: Gyapple le 31 janvier 2014 à 15:48:56
ENFIN LA SUITE! Tu me donnes envie d'écrire d'ailleurs.

S'il advenait que ce jour arrive, je serais très heureux de pouvoir me compter parmi tes lecteurs, que ce soit sur l'univers dragon age ou non. =)

N'hésite pas à faire partager surtout ! :D

Citation de: Gyapple le 31 janvier 2014 à 15:48:56
Par contre, Sten est aux oubliettes? :p

Haha, je me doutais que la question serait posée ! En fait, je te l'admets volontiers, je ne connais pas du tout Sten.Je ne l'ai jamais pris dans mon équipe, puisque je gardais tout le temps Alistair et Morrigan. Par souci d'une bonne optimisation au combat, je l'écartais donc presque tout le temps.

Puis, d'aussi loin que remonte ma mémoire, j'avais d'énormes difficultés à approfondir la discussion avec Sten ce bloc de pierre, savoir qui il était, et n'en sachant rien encore aujourd'hui, ça m'était difficile de l'inclure. Il me semble que lorsque tu ne saisissais pas les bons dialogues, il te répondait à côté ou laconiquement, et puis il se fermait immédiatement s'il te trouvait ennuyant. Et c'est presque tout le temps ce qui m'arrivait. Après j'ai plus vraiment cherché à le connaître dans les parties successives.

Donc, voilà. Dans le jeu, je le sors de sa cage à Lothering, mais là, c'est comme si il n'y était jamais sorti lol.

Enfin la dernière raison, c'est que je préfère comme dans le jeu, me concentrer sur une équipe de quatre personnes, plus de possibilités pour la progression de l'histoire avec une équipe réduite, que huit en même temps. :)

Si il devait y avoir des apparitions des autres, ce serait alors au camps.  ;)

Et... LA SUITE PROCHAINEMENT ! [/Justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Gyapple le 02 février 2014 à 17:16:14
J'écris beaucoup, mais je dois avouer que je ne publie pas beaucoup. Faudrait y remédier effectivement
Aaaaaaah, je comprends mieux! BON, manque que la suite! :D
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Natsumi le 03 février 2014 à 20:38:38
J'ai enfin pris le temps de lire la suite, et c'est très très bon. J'aime beaucoup le regard de Joruth sur ses compagnons, très juste dans l'appréhension des caractères de chacun.

Oh, et j'ai appris un nouveau mot grâce à toi : "impavide". Je sens que je vais le ressortir d'ailleurs :)
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 04 février 2014 à 10:54:17
Merci.  ;)

Et euh, content d'avoir pu être utile, amuse toi bien avec ce mot  (;D), que j'ai employé car il est l'une des conséquences de la tragédie que Joruth a vécu !
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 06 février 2014 à 21:15:44
[Justify]La nuit froide et paisible, si peu qu'elle fut troublée par les caprices du temps s'était installée durablement après une journée bien agitée, des émotions fortes, un charivari presque permanent. Le passage de la pluie n'était plus qu'un funeste souvenir et le ciel ne promettait plus qu'une vaste étendue noire parsemée de lumières étoilées.

L'heure était à la paix des braves, au repos mérité du guerrier et de l'aventurier. Le vent soupirait dans les flammes du feu de camps piqué à vif, et d'autant plus animé de fureur qu'il grandissait en force, engloutissant de manière vorace les carcasses de bois charbonneux, réchauffant avec plus de vigueur de la douce chaleur qu'il répandait la chair et les âmes de ses convives tout autour de lui. Son Mabari satisfait et l'estomac plein à craquer couché à ses pieds, Alistair et Leliana entortillés dans leur couvertures sur le sol humide tandis qu'ils étaient délicieusement assoupis après tant de fatigue éprouvée, Joruth était le seul à veiller si tard dans l'atmosphère endormie et le silence écrasant, perdu dans la contemplation du rougeoiement des flammes.

Les yeux dans le vague, l'esprit en surchauffe, il subissait encore les effets de sa conversation tumultueuse avec Alistair, son humeur aussi bien assombri par ses avertissements répétés qui lui pesaient sur le coeur, que le manque de sommeil qui l'empêchait d'avoir les idées claires. Manque de sommeil dû à tous ces fantômes qui surgissaient de son passé, arpentaient ses rêves, l'Archi-démon y ajoutant lui aussi de son grain de sel, apparaissant alors sous la forme terrifiante d'un dragon venu pour le tourmenter, jouer avec ses craintes les plus secrètes, emplir sa tête de menaces toutes plus décourageantes les unes que les autres. Revenu brusquement à la froideur du réel, loin de tout danger imminent contrairement aux mirages nés de la perversité de son esprit, Joruth avait seulement retrouvé une clairière dans laquelle ils avaient établi un campement, épousé le paysage extérieur qui s'étendait devant lui, senti à nouveau la morsure du vent sur son visage, l'air pur envahir ses poumons, le chant des hiboux faisant doucement frissonner de leur plaintes ses oreilles.

Troublé, Joruth l'était pour le moins. Il s'était toutefois depuis longtemps habitué à ses cauchemars, non ce qui l'ennuyait, c'était cette tension dans le groupe. Les relations n'étaient pas au beau fixe. Devait-il intervenir ?

Lui d'habitude si confiant, avait laissé les doutes l'assaillir. L'une d'entre elle et pas des moindre concernait Morrigan, et la confiance qu'il pouvait lui témoigner. La sorcière au tempérament trempé dont la magnificence sombre et concupiscente, qui promettait saveurs et délices infinies le subjuguait parfois, follement désirable, presque irrésistible. Une troublante créature à la beauté sans pareille, un fruit savoureux et suintant qui s'offrait, presque parfait, dans ses contours et son contenu mais qui n'en n'apparaissait que plus inatteignable et divin à de simples mortels. Alistair y était alors incompréhensiblement insensible et il l'avait d'ailleurs rappelé ce soir, sans ambiguïté, avec fermeté, presque motivé d'un entêtement acharné. Morrigan il ne la sentait pas, Morrigan était une épine dans le pied.

<< - Suis-je donc le seul à m'offusquer de la voir s'isoler imprudemment, aller où bon lui semble quand l'envie lui prend sans en avertir personne et ne participer à aucune tâche du campement ? >>

<< - Elle fait la différence au combat, ses opinions diverses sur la stratégie à adopter et le genre de magie contre lesquelles nous nous confrontons sont éclairantes, sans mentionner ses talents pour la création de potions qui nous sont d'une extraordinaire utilité. Le reste nous pouvons nous en charger. >>

<< - Vous ne trouvez pas ça commode que Flemeth, qu'on décrit comme poussée par des intentions pleines de malices dans les contes et les légendes nous offre ainsi sa chère et tendre fille, dont - bien sûr - elle vantait si modestement la puissance, comme ça, sans contre-partie ? >>

<< - Flemeth nous a sauvé la vie et remis les parchemins anciens des gardes ombres indispensable à notre tâche de ranimer la flamme du rassemblement et d'unir les forces vives du royaume. Ses motivations ne sont pas claires, je vous le concède, mais les faits sont là, incontestables, contrairement aux spéculations. >>

<< - Qui sait si Morrigan ne nous espionne pas pour le compte de sa sorcière de mère, si ce n'est plus... Souvenez- vous des dernières paroles que Flemeth lui a réservé avant de la quitter... Elles ont un plan toutes les deux, qui nous dépasse et ne concerne en rien notre mission. Peut-on vraiment l'ignorer en toute âme et conscience ? >>

<< - Nous en avons déjà débattu Alistair. L'enclin requiert toutes les forces disponibles pour le combattre, et aujourd'hui nous sommes seuls. La présence de la fille de flémeth est un véritable don ainsi que celle-ci nous l'a introduite. Pensez à tout ce que nous avons pu et pourrons accomplir avec ses pouvoirs. >>

<< - Je ne lui fais pas confiance. >>

<< - Que voulez-vous que je fasse ? Je ne peux pas la renvoyer sous prétexte de soupçons rivalisant avec l'hystérie la plus infondée. >>

<< Hystérie la plus infondée ? Comme vous y aller ! Non je dirais plutôt... une prudence saine. Et cela n'a rien avoir avec mes considérations d'ancien templier. >>

<< - Nous valons mieux que ça, Alistair. >>

<< - Mieux que cette vipère, oui. Ecoutez, je me range à votre avis, je crois simplement toutefois qu'il serait avisé de lui parler, nous assurer qu'elle ne nous trahira pas. >>


Paupières closes, Joruth soupira, un lourd fardeau pesant sur son coeur déjà dévoré de chagrin, lanciné par les méfaits de la vie, plus dur et plus résistant qu'un morceau d'argentite aujourd'hui. Puis il se releva de la pierre sur laquelle il était sagement assis depuis, et entama une marche déterminée en direction d'un autre feu de camps un peu plus loin au coeur d'un endroit isolé et à l'abri de leur regards de l'autre côté de clairière, un feu bien plus impressionnant que le leur. Un feu qui appartenait à Morrigan. [/Justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 06 février 2014 à 21:40:25
[Justify]Ses superbes mains, aussi délicates que soignées et dont elle était fière tendues vers le feu, le dos fièrement cambré et indifférente au froid qui l'assiégeait, Morrigan par delà les flammes de son feu de camps discerna dans les ténèbres de la nuit le sinistre profil d'un homme en armure qui approchait. Celui du garde des ombres, le leader auto-proclamé de leur groupe, après qu'Alistair pourtant l'aîné au sein de leur ordre se soit dégonflé à Lothering en vulgaire brebis préférant suivre en queue de troupeau, laissant la jeune recrue reprendre le flambeau et subir tout le poids du fardeau de leur ordre, assumer de terribles responsabilités quitte à risquer de dangereuses décisions pouvant mener à l'échec.

Ombre dans la nuit, Joruth venait à elle, d'une démarche alerte et silencieuse, et Morrigan en suspectait évidemment la raison. Après tout, quelques heures auparavant ne s'était-elle pas métamorphosée en corbeau, noir d'ailes et d'oeil pour épier leur conversation dont elle avait été, comme toujours ces derniers temps, le sujet entre les deux Gardes des ombres qui n'avaient pu s'accorder sauf sur la nécessité de clarifier la situation avec elle ?

Alistair, ce sombre idiot ignorant à quel point il paraissait stupide équipé de ce morceau de fromage qu'il trimbalait à la main comme un excité, n'avait pas manqué de revenir à nouveau à la charge à son propos, mais son compagnon n'avait cédé à aucune de ses déclarations à l'emporte-pièce pour son plus grand plaisir. Cette façon que ce dernier avait eu de rester camper sur ses positions, la mâchoire crispée mais définitivement posé l'avait plutôt rassurée sur l'homme qui dirigeait leur petite faction et sur la sûreté de sa propre condition. Mais rien n'était encore joué. Seulement quelques heures après leur vive discussion, ce n'était pas par hasard si Joruth Cousland était venu de ce côté de la clairière, et elle se tenait prête à tout, s'attendant au pire. Elle n'hésiterait pas à l'envoyer balader de la plus merveilleuse façon s'il la poussait à bout avait-elle décidé.

Aussi ses bottes claquèrent sur la pierre qui s'était infiltrée ici et là parmi l'herbe clairsemée et elles résonnèrent longtemps aux oreilles de la jeune femme qui s'enivra tout de même de cette assurance, tandis que se dessinait désormais distinctement la silhouette du garde des ombres s'érigeant fièrement et se mouvant sous la pâle lumière des étoiles, dans un mélange de cliquetis de maille et de froissement de cuir.

Curieusement cette approche d'une dégaine suffisante lui remémora sa première rencontre avec lui dans les terres sauvages de Korkari. Morrigan, follement intriguée par les nouveaux arrivants avait suivi les quatre hommes alors qu'ils se taillaient un chemin à travers la forêt qu'elle considérait comme sienne, véritablement inconscients de tout le potentiel du danger qui les entourait, ignorant tout des pouvoirs qui s'y cachaient. De toute évidence ils avaient un but précis, plus que des missionnaires, plus que de simples explorateurs, plus que des soldats en mission de reconnaissance. Aussi le plus jeune et le plus imposant à l'avant de la formation avait immédiatement attiré l'attention de Morrigan. D'aussi loin qu'elle se trouvait, sous la forme d'un corbeau, la fille de Flemeth avait pu contemplé cet homme de haute taille, les épaules larges, qu'on devinait fort musclé sous son armure de belle facture, frappée qu'elle fut par l'austérité de son regard, la dureté de ses prunelles, la froideur de ses expressions. Il dégageait alors une aura plus qu' impitoyable,comparable à la férocité d'un loups qu'elle n'était pas sans approuver. Enfin il émanait de lui une certaine fierté dans sa façon de se déplacer, presque une certaine arrogance, tel qu'on pourrait aisément croire que l'homme considérait comme un précieux privilège pour ses compagnons de pouvoir se tenir et combattre à ses côtés. Attirant, oh ça oui, il l'était, pas de doute, même à cette distance.

La sorcière n'avait alors témoigné aucun intérêt pour les autres hommes, sauf pour l'autre blondinet dont le comportement faisait clairement ressortir son rôle de garde des ombres, prenant soin de les écarter le plus possible des chemins qui les feraient tomber à plein nez sur les engeances. Les autres ? Rien d'intéressant, rien de spectaculaire, fades tous autant qu'ils étaient à côté de ce bel éphèbe, même si ma mère aurait adoré pourvoir jouer avec ces quatre là en même temps dans son lit... Morrigan, elle, n'avait dévoré que celui-là, n'avait eu d'yeux que pour lui. Elle se souvenait encore lui avoir signifié le bel effet de son charme sur elle lorsqu'elle s'était présentée au groupe, et il n'y avait pas été insensible, bien plus poli et accueillant à son égard que tous les autres réunis.

Alors qu'enfin à proximité, il réduisait les derniers mètres qui le séparaient de sa cible, le Garde des ombres lui fit la même belle impression que la première fois dans les terres sauvages...

<< Morrigan. >> s'annonça alors Joruth se tenant là debout juste devant elle assise et la dominant de haut, sa voix jouant dans un bel effort sur les notes de la cordialité, à défaut de pouvoir élargir un sourire qu'il était incapable de formuler sur le moment alors que la sorcière relevait la tête vers lui et le jaugeait d'une manière assez hostile. Attitude négative qui le fit redoubler de prudence, quant à sa démarche qu'il savait délicate. Morrigan en réaction, ne perdit pas de temps et se sentant déjà pour le moins acculée, décida d'attaquer la première.

<< - Alors, Garde des ombres, avez-vous enfin trouver le courage qui vous manque. Allez-vous me faire la demande de quitter votre petit troupeau bien ordonnée ? >> jeta la sorcière de manière piquante, avec un soupçon de colère non feinte. Le résultat ne la satisfit guère, déçue de constater la vulgaire figure inexpressive du garde des ombres pour seule réaction. S'il avait été surpris, il n'en montra aucun signe, répondant d'une voix dénuée de toute émotion, ses prunelles marrons la transcendant d'un regard perçant, un regard qui paraissait avoir le pouvoir de percer à travers la chair et par delà l'horizon.

<< Qu'est-ce qui vous a poussé à concevoir une telle absurdité ? >>

<< - Cessons ce petit jeu ! Si vous avez pris la peine de venir me rejoindre et briser ma quiétude ce soir, ce n'est pas par hasard, et j'en crois deviner aisément la raison. >>  Joruth plissa les yeux, un instant silencieux, comme s'il réfléchissait et parvenant peut être à ses propres conclusions.

<< Vous nous espionnez ? >>

<< Allons ne soyez pas ridicule, je suis ici, toute seule, loin de toutes les tracasseries que vous pourriez me causer. >>

<< Mais vous avez le pouvoir de travestir la forme de n'importe quel animal, épier n'importe quelle conversation à travers ce genre de manifestation. >> Morrigan bien qu'elle n'en montra rien sentit son coeur battre la chamade. Aurait-il deviné son secret, l'aurait-il aperçu sous la forme d'un corbeau noir sur l'arbre qui les surplombait tous deux lui et Alistair, entrain de les épier ? Se moquait-il ? La soupçonnait-il seulement ? Savait-il ? Quoi qu'il en soit, elle se ferait un devoir de ne plus le sous-estimer à l'avenir. Il était moins idiot qu'il n'en paraissait. Tous les mâles n'étaient pas forcément de stupides créatures seulement utiles pour ses besoins et facilement manipulables. Et à cette fin elle ne se risqua pas à produire un vilain mensonge ou se moquer de lui pour le détourner de cette vérité dont elle n'avait d'ailleurs aucune honte. Non, plutôt elle se garda bien de réagir, muette comme une carpe, jouant la carte de l'indifférence. Et lui planté là, tel un arbre immobile, continuait à la dévisager en silence, en pleine réflexion.

<< - Je peux m'asseoir à vos côtés, partager ce feu en votre compagnie ? >> Morrigan quelque peu étonnée par la voix doucereuse du Garde des ombres mais toujours autant sur le qui-vive et la défensive roula des yeux tout en soupirant, s'exprimant d'une voix lasse.

<< - Vous êtes manifestement déterminé à venir m'importuner ! Avez-vous donc vraiment besoin de ma permission ? >> Joruth s'exécuta alors, nullement ému ou repoussé par la rebuffade, - puis elle n'avait pas vraiment refusé non plus n'est-ce pas ? - et tous deux à quelques centimètres de l'un de l'autre, ils admirèrent les tons de couleurs différentes du feu magique provoqué par Morrigan, se laissèrent bercer par le chant des crépitements.

Bien que la fille de Flemeth se refuse à l'admettre, la présence imposante de l'enquiquineur et son insistance commençait à la troubler, peu habituée qu'elle fut aux interactions sociales avec les humains, sauf quand il s'agissait de coucher avec évidemment, jouer de caresses félines et tout ce qui allait avec. Pour sûr qu'elle était à l'aise avec eux dans ce domaine. La sorcière se souvenait d'ailleurs avoir approché Joruth Cousland aussi de cette manière, bien que le garde des ombres revenu blessé d'Ostagar ait été inconscient, l'acte totalement passé à son insu. Ce soir, il se trouvait paré de son armure, mais Morrigan savait déjà ce qu'elle cachait dessous...

N'avait-elle pas pris soin de cet homme, un inconnu insignifiant à ses yeux, aussi nu qu'un vers, tandis qu'elle pansait ses blessures ? Elle n'oubliait pas avoir été prise d'un furieux désir assise au dessus de lui devant la contemplation de ce corps étendu devant elle, merveilleusement dessinée, devant le tracé de ses muscles, la virilité qui ressortait de tous ses membres déliés. Le sourire aux lèvres, la sorcière très amusée avait alors sans remord ni aucune hésitation, fait joué sa main sur les courbes de la figure endormie, caressé du bout de ses doigts effilés son torse large, descendu jusqu'au ventre en traçant des sillons sur son abdomen, dérivé sur ses cuisses durs et puissantes pour remonter doucement sur son pubis. Elle n'avait pu explorer plus loin, l'autre blondinet se réveillant alors brusquement et s'écriant d'une manière abrutie : " Où-suis- je ?  Qu'est-ce que je fais là ? Où sont les engeances ? "

A ce délicieux souvenir qu'elle perçut comme un avantage sur lui, Morrigan prononça un rictus plein de malices. Joruth en toute ignorance de ce qui s'était déroulé, inconscient d'être la source de moquerie de sa compagne, prit la parole dans le même temps, ses prunelles toujours rivées sur le feu.

<< - J'ai beaucoup apprécié nos échanges sur la route qui menait à Lothering, lorsque nous faisions plus ample connaissance. A cette période vous n'hésitiez pas à vous confier à moi, et depuis notre arrivée en ville, nous ne nous sommes plus retrouvés, nous n'avons plus jamais eu l'occasion. >> Un petit rire secoua Morrigan, ayant elle aussi bon souvenir de ces fugaces moments passés ensemble. Elle n'avait pas manqué de trouver charmante et rafraîchissante la curiosité dévorante du Garde des ombres à son égard.

<< - Dîtes plutôt que vous me harceliez de questions, émoustillé comme un enfant à la moindre de mes réponses que vous me soutiriez du nez, presque le couteau sous la gorge. Votre ami Alistair était alors uniquement concerné par son nombril. Une fois qu'il s'est soucié d'autre chose que de sa petite personne, il vous désirait soudain tout à lui, affolé par la concurrence. >>  Joruth qui comme plongé dans un songe intense, scruta minutieusement les étoiles dans le ciel ne releva pas, ignorant la pique sur son ami. Il n'avait pas envie de parler d'Alistair.

<< - ça me manque. >> Morrigan grandement surprise, tourna la tête vers son compagnon du soir, et Joruth fit de même, ses yeux marrons claires étincelant dans l'obscurité, la voix emplie d'une sincérité singulière. Leur yeux se croisèrent. << J'éprouve le furieux désir de retenter l'expérience. >> La sorcière sentit des frissons parcourir les fibres de sa peau, des vers se tortiller en son ventre. L'intensité du regard du Garde des ombre sur elle fit comme un effet de brûlure immédiate. Il était bien plus beau et séduisant qu'elle ne l'avait pensé la première fois à distance, en particulier à cet instant. Assise à son côté, elle pouvait désormais détailler tous ses traits, fiers et austères, marqués par un air blessé, ciselés par la dureté.

Mais l'effet qu'il lui fit à cet instant disparut aussi vite qu'il était apparu dès lors qu'il reprenait la parole avec un peu plus d'inconfort. Voilà qu'il enchaînait sur ce qu'elle avait craint...

<< Aussi... Morrigan, je dois savoir si nous pouvons compter sur vous. Lorsque nous atteindrons Golefalois demain, nous ne devrons faire qu'un, unis comme les doigts de la main, quelques soient les différences, par delà les affinités et les résolutions de chacun. J'attends une réponse franche de votre part. Êtes vous définitivement une des nôtres ? >>

<< - Dois-je éternellement larmoyer comme une petite fille pour échapper à vos soupçons déplacés ? >>

<< - Vous vous isolez du groupe, vous refuser de veiller, vous ne participez guère aux activités du campement, et vous vous envolez sans prévenir personne la nuit tombée. C'est dangereux pour vous, c'est dangereux pour nous, ça rend les autres nerveux, vous confondez l'intégrité du groupe. >> Morrigan, mise hors d'elle par cette charge implacable, se releva brusquement, c'en était trop ! Pour qui se prenait-il ? Il ne savait rien de l'étendu de ses pouvoirs et de la chance qui était la sienne de pouvoir seulement compter sur son soutien.

<< - Inutile de monter sur vos grands chevaux et de vous lancer dans un sinistre discours grandiloquent, j'ai bien compris que votre grand ami vous avait embrumé l'esprit de sornettes. Dîtes le mot et je m'en vais sur le champs. >>

Joruth se releva promptement à son tour, presque avec autant de force et lui répondit d'un ton ferme et sans équivoque. La réaction de la jeune femme qui menaçait de s'en aller eut raison de tous ses doutes, il était désormais fixé sur ses sentiments. Il n'éprouverait plus jamais Morrigan sur le sujet, c'était la dernière fois. Mais il poursuivit sur sa lancée, déterminé à clarifier les choses avant d'aller plus loin dans l'aventure.

<< - Vous vous fourvoyez. Il n'est rien d'une telle volonté. C'est la dernière chose à laquelle j'aspire à l'heure actuelle. Votre aide est précieuse, vos pouvoirs nous sont très utiles. Je vous demande juste de vous plier aux règles les plus élémentaires. Je ne soutiens personne, mon seul souci est de maintenir la cohérence du groupe. L'Archidémon doit mobiliser toute notre attention. >> Morrigan les bras croisés, s'était enfermée dans un silence rageur et mutin. Joruth pouvait toutefois sentir qu'elle se laissait convaincre, apaisée. Il était persuadé qu'elle comprenait le raisonnement et n'en pouvait contester le principe. << Nous devons nous serrer les coudes Morrigan, ou nous n'y arriverons pas. Vous pouvez le faire ? >>

<< - Oui. >> La réponse était laconique et sifflante, mais c'était tout ce qu'il pourrait jamais retirer d'elle. Il le savait. << Autre chose mon seigneur ? >> demanda la sorcière d'un ton hautain, les bras croisés.

<< - Vous êtes terriblement belle ! >> proclama alors Joruth en prononçant vivement un pas vers elle pour s'en rapprocher dangereusement, tel un félin se dirigeant sur sa proie, d'une manière aussi impulsive que fougueuse, avant qu'il n'ait vraiment eu le temps de réfléchir. Une façon qui ressemblait fortement à ses manières de jeunesse lorsque il était autre chose qu'un noble déchu et dépossédé, jadis avant que le mauvais sort ne s'acharne sur lui et sa famille et ne refroidisse ses ardeurs. Morrigan d'abord interloquée par ce comportement imprévisible et cette réponse surprenante, se reprit très vite, le dédain et la condescendance imprimés sur sa face.

<< - Vous ne faîtes qu'énoncer l'évidence. Mais je suppose que ça partait d'un bon sentiment. >> Bien entendu, Morrigan qui n'était pas née de la dernière pluie, n'avait pas manqué de surprendre les nombreux regards que le Garde des ombres qui se croyait tellement discret, lui réservait de temps à autre, des regards d'une intensité qui ne trompait personne. La fille de Flemeth savait depuis le début qu'il n'était pas insensible à sa beauté et à ses charmes. Et pourtant, c'était la première fois qu'il se fendait d'un compliment. Certes, compliment affreusement moins sophistiqué et poétique qu'un nombre incalculable de discours émis par bien d'autres, nombre de prétendants Chasinds follement amoureux d'elle avec nombre de commentaires élogieux sur sa grâce, sa splendeur divine, son éclat. Et néanmoins contre toute attente, elle avait bien plus qu'apprécié tant la simplicité du message que la force qui y avait été mise pour lui signifier. Jusque là, Joruth Cousland, pour une raison qu'elle ignorait encore s'était gardé de jouer cartes sur table, réticent, résistant durement jusqu'à l'agacer. La sorcière décida de le récompenser. Décroisant les bras, Morrigan à son tour s'avança vers lui, de manière tendancieuse, jouant de ses atouts féminins, et elle minauda, telle qu'elle s'y prenait quand elle désirait rendre les hommes totalement fous d'elle.

<< A tous égards, ce regard, celui que vous me réservez à cet instant, je le préfère nettement à celui que vous revêtez au quotidien, tel un zombie. Vous paraissez vous animer enfin. Vous semblez constamment porter le poids du monde sur vos épaules et c'est terriblement ennuyeux à contempler. >>

<< - Il ne tient qu'à vous de me divertir pour changer cet aspect de temps à autre. >> Proche de lui, sous son regard vibrant, Morrigan posa une main sur son armure au niveau de sa poitrine, un premier sourire aux lèvres.

<< - Hum, A ce qu'ils semble en effet. J'ai d'ailleurs quelques idées qui vous feraient fondre sur le champs. >>

<< - Je brûle de curiosité. >>

<< - Vous n'avez pas idée... >> Ils se dévorèrent un long moment d'un regard de feu, aucun d'entre eux n'imitant le moindre geste, définitivement attiré l'un par l'autre. Joruth qui s'était laissé débordé par les émotions, s'était laissé tenté par le jeu entre eux, se trouva à présent tendu à l'extrême, ses yeux rattrapés par la nostalgie, la culpabilité puis la honte. Il détourna les yeux et prit ses distances, redevenu aussi froid qu'un poisson mort. Disparu l'homme passionné.

<< Vous.. vous partez ? >>

<< - Je pars. Merci pour votre patience. >>

<< Je vais enfin pouvoir retrouver la paix et profiter d'un peu de sommeil. >> Pour cacher sa déception, Morrigan avait pris soin de se rasseoir tout en roulant des yeux face à la brusque reculade du garde des ombre, reculade pudique qu'elle trouvait très contrariante, indigne de lui.

<< - Bonne nuit, Morrigan. >> Joruth s'éloigna, ayant tourné le dos à la sorcière, puis comme saisi d'une idée, il se retourna et s'adressa de nouveau à elle. << Je ne peux pas vous obliger à partager notre feu de camps et la compagnie des autres. Mais si cela ne vous parait pas insurmontable, je pourrai peut être partager le vôtre et vous régaler de ma compagnie comme ce soir, à vous harceler de tonnes d'autres questions. >>

<< - Ô joie ! >> s'exclama Morrigan d'un ton très amusé. Puis elle sourit à demi, un vrai sourire. << Qu'avez-vous dit ? Me régaler de votre compagnie ? Je suppose que je survivrai. >>

Joruth hocha la tête et partit pour de bon, la délaissant définitivement derrière lui. [/Justify]
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Natsumi le 07 février 2014 à 17:49:19
J'ai pas encore lu la dernière partie, mais j'adore ta manière d'écrire Alistair -ouais je me refais pas-. Je le retrouve bien dans tes lignes.

CiterAlistair y était alors incompréhensiblement insensible et il l'avait d'ailleurs rappelé ce soir, sans ambiguïté, avec fermeté, presque motivé d'un entêtement acharné. Morrigan il ne sentait pas, Morrigan était une épine dans le pied.

Cette phrase en particulier m'a vendu du rêve xD ! Je pense juste que tu as oublié un pronom dans la partie "Morrigan il ne la sentait pas" ?
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 07 février 2014 à 19:13:25
xD

Ouaip, cette phrase que t'as bien aimé, c'est du Alistair tout craché !  ;D

Et merci pour cette horrible faute que je traquais hier, mais que je n'avais plus eu le temps de corriger avant de devoir partir. Plus c'est long, plus c'est chiant de repérer toutes les petites fautes lol. Mais celle là me titillait en particulier.
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Gyapple le 09 février 2014 à 23:08:16
AGAIN AGAIN.
Bon ça va. C'est vrai que ça fait pas mal de lecture tout de même.

Mais c'est hyper bien écrit, et bien détaillé. En gros: j'attends la suite avec impatience.
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 10 février 2014 à 18:12:44
Ton  soutien inébranlable, ainsi que ton enthousiasme infatigable depuis le début, ont été une vraie source d'inspiration et de motivation, Gyapple. ;)

Merciiii et suite prochainement ! 
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Natsumi le 11 février 2014 à 18:04:41
La conversation entre Joruth et Morrigan est juste parfaite, tellement juste et bien millimétré entre les deux persos ! La suite !!!
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Gyapple le 12 février 2014 à 15:24:43
Tu m'en vois ravie! Je continuerai à jouer la cheerleader alors.  ;D
Titre: Re : Fanfic : Le Garde des ombres.
Posté par: Jaqen le 27 février 2014 à 13:07:38
Vraiment, les deux derniers posts font vraiment très plaisir. Merci !

Je reviens du ski, je n'ai pas pu poster n'étant pas chez moi. Mais je me ferai un plaisir de reprendre très bientôt. ( juste après le week end, car n'étant pas là non plus. )