20 octobre 2019 à 00:33:46

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Aimer Dragon Age sans forcément aimer l'héroïc-fantasy ?

Démarré par Phacochard, 11 août 2019 à 00:55:55

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Phacochard

Dragon Age est un jeu vidéo qui s'inscrit dans la longue tradition d'un genre qui, depuis un certain J.R.R. Tolkien, n'a cessé de rassembler des mordus d'histoires de dragons, de chevaliers, de nains, d'elfes, de gobelins, d'orcs et de trolls.
Il n'est pas exagéré de dire que, aujourd'hui, la fantasy est l'un des genres romanesques, cinématographiques et (vidéo)ludiques les plus prééminents et développés de la contre-culture ou encore de la culture geek, avec la science-fiction et les super-héros de Marvel et DC. 
La création du jeu de rôle Donjons & Dragons par Gary Gigax au début des 70's a influencé et imposer de manière déterminante et pérenne le genre au moins autant que l'oeuvre de Tolkien ou Moorcock tout en popularisant le genre auprès d'un nouveau type de public pas forcément porté sur la littérature. Le jeu vidéo ne pouvait, lui aussi, que suivre cette voie royale, d'abord avec des jeux reprenant les mécaniques de D & D avec des graphismes minimalistes soutenus par un contenu textuel assez conséquent jusqu'aux RPG actuels allant toujours plus loin dans la sophistication et les prouesses technologiques, de Baldur's Gate à Dragon Age, de Fable à The Witcher, sans oublier les gigantesques MMORPG en ligne dont l'essentiel des titres à toujours privilégié la fantasy.
Bon... voilà pour la petite intro (qui ne vous apprendra rien j'en suis sûr  :) )

Comme tous ceux issus de la "pop-culture" (dans un sens très large), j'ai forcément parcouru la plupart des oeuvres du genre, tous médias confondus.
Et pourtant, malgré l'intérêt que je voue à Dragon Age et quelques autres oeuvres, je n'ai jamais été fan du genre.
Mon intérêt va bien davantage vers des genres concurrents comme la science-fiction et le fantastique. Etonnant, non ?
J.R.R. Tolkien me tombe des mains, la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson ne m'a inspiré que de l'ennui et, côté jeu de rôle, j'ai toujours été plus intéressé par L'Appel de Cthulhu ou des JdR de type ésotérique-occulte comme Nephilim ou Trinités. Par contre, Pathfinder et autres ... très peu pour moi.
Et bien que grand bédéphile, peu de BD de fantasy ont réussi à me plaire si l'on excepte la fabuleuse Quête de l'Oiseau du Temps de Loisel et Le Tendre - carrément la BD initiatrice du genre en France - et plus récemment La Geste des Chevaliers Dragons.
Et, comme beaucoup, j'ai fait bon accueil à la série télé phénomène Game of Thrones (avant qu'elle ne s'écroule dans son ultime saison mais c'est une autre histoire  ::) ).

Bref, la fantasy n'est pas vraiment ma tasse de thé chope d'hydromel.
Je tiens toutefois à préciser que mon indifférence - j'ai fini par le comprendre - est surtout liée à ce que l'on appelle la "light-fantasy", avec son classicisme, son grand manichéisme, ses personnages très typés à la psychologie souvent sommaire a contrario d'un background qui, lui, est souvent fort développé (jusqu'à créer de toutes pièces des langues imaginaires).
Cette fantasy-là m'ennuie plutôt.
On comprendra donc que je préfère Game of Thrones au Seigneur des Anneaux.
J'aime les histoires avec des personnages bien développés soumis à des enjeux et dilemmes forts, les intrigues politiques et une triple couche de noirceur (surtout psychologique)

Si j'ai accroché à Dragon Age - malgré le fait qu'il emprunte aussi beaucoup à la fantasy tolkienniste (dans son bestiaire notamment et ses archétypes) et donc classique - c'est justement pour toutes ces raisons.
De la même manière que La Quête de l'Oiseau du Temps - oeuvre véritablement cultissime à mes yeux - a réussi à m'emballer par son pessimisme, son amertume de plus en plus prononcée au fil des quatre tomes, ses personnages tourmentés et sa fin tragique d'une noirceur... sans égale.
De même, j'ai été très surpris dernièrement par la (longue) série à succès La Geste des Chevaliers Dragons dont le postulat me laissait craindre une BD racoleuse et superficielle comme il n'y en a que trop sous un certain Soleil et... qui s'est révélée être au contraire une série de dark fantasy assez profonde avec des thématiques et des enjeux forts intéressants, le tout baignant dans une ambiance crépusculaire, fataliste, tragique (là encore) vraiment étonnante.

Au fond, je suppose que le genre compte assez peu et que j'aime avant tout les personnages complexes (et les relations entre eux qui le sont tout autant) et la tragédie en générale, pour peu qu'elle soit suffisamment consistante et évite la grandiloquence.
(Cela dit, j'aime beaucoup Terry Pratchett aussi mais bon... ne nous éparpillons pas ;) )

Et vous ? Quel est votre rapport avec la fantasy ? Fan du genre ou pas spécialement ?
Et est-ce votre goût pour le genre qui vous a incité à vous passionner pour Dragon Age ?
A moins que, à l'inverse, Dragon Age vous ai "converti" au genre ? Ou bien n'est-ce (comme moi) qu'un engouement dégagé de toute affiliation à un genre précis ?
Je serais assez curieux de savoir :)

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Morga

Je suis plutôt "bon public", j'aime la fantasy dans son ensemble, bien que je n'aime pas forcément tout, mais sans pouvoir le "classer dans un style particulier (light-fantasy, etc...)".

J'étais déjà fan depuis de nombreuses années quand j'ai commencé à jouer au 1er DA (oui, je les ai fais dans l'ordre).

Comment j'ai découvert les DA ? C'est très simple, c'est à cause/grâce à notre administrateur favori de ce forum, Natara qui un jour m'a dit : "tu devrait jouer à Dragon age, tu vas aimer". Il me connait bien du coup, il était sur de son coup ! A juste titre d'ailleurs.

Puis quelques temps après, il m'a offert le jeu (le 1 et le 2), voyant que j'avais quelque peu zappé l'info. :D

Et voila, comment à commencé mon aventure Dragonagesque.

Mais je suis aussi une grande fan des comics et de SF, et ce bien avant de découvrir les DA ! Mais là aussi, j'aime certaines choses, mais pas tout, sans pouvoir définir avec précision un style (ou sous style) de prédilection.
- Vous, et Alistair...?

- Alistair est un idiot, ouais c'est mon idiot

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Sohor

Certes, on peut aimer une oeuvre fantasy sans être fan du genre, de même qu'on peut adorer la fantasy en général mais pas tout ce que cela comporte, c'est même plutôt courant.

La fantasy est vraiment mon intérêt spécifique, j'ai toujours adoré ça depuis que j'ai appris à lire, à tel point qu'à mes débuts je trouvais formidable n'importe quel truc avec des dragons et de la magie; donc j'ai eu tôt fait de me ruer sur tout ce qui passait à ma portée et mes gouts ont changé.

C'est ainsi qu'avec le temps je me suis bien plus axée sur la fantasy adulte, c'est à dire avec des enjeux sérieux, de la complexité, de la profondeur, de la noirceur et pas de prise de gants.
En ce sens, l'univers de Tolkien, qui m'avait émerveillée étant gamine, m'est de suite apparu comme désagréablement naïf et puritain une fois ado. Par la suite GoT a su davantage piquer ma curiosité mais j'ai été déçue par l'utilisation de codes extrêmement normatifs, aucun changement de disque, c'est du classique mais 18+ (pour les citer en exemple puisque tu en parles dans ton message, je pourrais parler de plein d'autres mais ça prendrait des dizaines de pages).
Cela dit, j'ai largement trouvé mon compte dans les jdr tels que Earthdawn, D&D, les Chroniques des Crépusculaires, ou dans les Elder Scrolls en matière de jeux solos donc on va dire que ça allait.

C'est alors que Dragon Age a débarqué dans ma vie (par pur hasard, je voulais tester un jdr inconnu et c'était en promo) et m'a offert sur un plateau d'argent tout ce que j'ai toujours rêvé en la matière: de la high fantasy éclatante et brillamment orchestrée avec ce qui fait cruellement défaut à tant d'autres oeuvres: du détournement et une rupture avec certains clichés qui ont la vie dure.
Pour la première fois j'ai vu quelque chose de nouveau et rien n'a pu supplanter cet univers depuis, pas même The Witcher, que l'on m'a présenté comme une pointure dans le genre, ça m'a effleuré sans susciter la moindre étincelle.
Depuis que j'ai découvert Dragon Age, tout le reste m'apparait définitivement fade, voir irritant.

Du coup, puisque je me nourris de fantasy depuis toute petite, je ne pouvais que croiser la route de Dragon Age tôt ou tard (ça s'est fait un peu tardivement d'ailleurs), c'était un coup de foudre magistral et ça continue encore.

Les détournements et l'écriture de qualité qui fait autre chose que de reprendre des tropes connus, ça a fait toute la différence.
Cela dit, BioWare peut encore détourner encore plus et encore mieux, ils sont sur la bonne voie.


Blackwall alias Thom Rainier est incontestablement la meilleure chose dans la vie, mieux que d'écraser mes ennemis et d'entendre les lamentations de leurs femmes.
Avatar par l'illustratrice Uriell -commande personnelle-

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Phacochard

Merci pour vos réponses.

Je vois bien ce que tu veux dire, Sohor, quand tu parle de ton intérêt pour le détournement et la modification des codes d'un genre car c'est aussi mon cas.
Dans chaque genre, je réalise toujours que les oeuvres qui m'enthousiasme le plus ne sont pas celles qui en reprennent les codes mais au contraire qui s'en détourne.
D'où mon intérêt pour La Quête de l'Oiseau du Temps, par exemple, qui malgré une intrigue classique en apparence de la fantasy (trouver un artefact pour empêcher la résurrection d'un grand méchant) a pourtant complètement chamboulé les habitudes : à la place d'un jeune héros entamant le sempiternelle quête initiatique, on a au contraire un chevalier vieillissant perdu dans ses exploits passés et qui vit une dernière aventure qui ressemble à un testament.
De même, alors que ce genre de quête évolue généralement vers une évolution et une issue heureuse, elle se termine ici en tragédie et en une destruction des illusions.

En SF, là aussi, mes préférences ne vont pas à la SF pure et dure très classique d'un Asimov, Arthur C. Clarke ou Robert Heinlein mais plutôt vers Philip K. Dick, Christopher Priest, Stanislas Lem et d'autres qui ont proposé une science-fiction plus atypique.
Idem pour les super-héros : le travail de déconstruction et de démythification initié par des auteurs comme Alan Moore et Neil Gaiman m'a toujours plus intéressé que les histoires super-héroïques classiques.
Encore dernièrement avec la série The Boys...

En fantastique, l'oeuvre de Lovecraft pour la littérature et Andreas pour la bande dessinée - qui ont su inventer leur propre mythologie sans avoir recours aux habituels figures du genre comme les vampires, fantômes et autres loups-garous - comptent aussi parmi mes références.
 
Finalement, ce n'est pas tant un genre qui m'intéresse que la manière qu'ont certains auteurs de le subvertir  ;)

avatar_Sohor

Sohor

Oui, Alan Moore et Gaiman sont de très bons exemples en matière d'histoires de super-héros détournés.

La Quête de l'oiseau du temps ... j'ai commencé à la lire il y a quelques temps mais sans poursuivre l'histoire, il faudra que je m'y replonge un jour.
Blackwall alias Thom Rainier est incontestablement la meilleure chose dans la vie, mieux que d'écraser mes ennemis et d'entendre les lamentations de leurs femmes.
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